Je ne suis pas un serial killer, de Dan Wells

Publié le 19 Août 2011

 

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Parfois, je lis des livres sans avoir envie d'en faire un « article » (ou quelque soit le nom que l'on puisse donner à ces « machins ») et parfois, je lis des livres et ressens l'envie d'en parler. Pour partager. Le premier roman de Dan Wells fait incontestablement partie de cette seconde catégorie. Car voilà un vrai bon moment de lecture. En un peu moins de 300 pages, l'auteur dresse le portrait d'un adolescent atypique. On sait que l'adolescence est un âge ingrat mais là... Bon, disons le tout de suite, on n'est pas dans le portrait commun d'un adolescent ordinaire. Car celui-ci travaille avec sa mère (et sa tante, les deux étant jumelles) dans la funérarium familial (six feets under n'est pas loin) et souffre de sociopathie aggravée (comprendre qu'il ne comprend pas les autres, est incapable d'empathie et ressent souvent l'envie de tuer ses contemporains). Conscient que c'est mal, il décide de s'imposer quelques règles de bonne conduite (parmi lesquelles ne pas se trouver à proximité d'animaux (car il a une furieuse envie de les torturer) ou ne pas suivre des gens dans la rue avec des idées morbides en tête). Il voit également un psy auquel il peut parler librement de sa seule vraie passion dans la vie : les serial killers. Or voilà-t-y pas qu'un véritable serial killer vient à opérer dans sa ville (meurtres horribles dont les victimes, forcément, finissent dans le funérarium familial pour embaumement). Bref, de quoi exciter l'imagination de ce jeune en plein questionnement. Et l'occasion, pour le lecteur, de se régaler. Car le style est enlevé (écrit à la première personne, on est à la place dudit adolescent) et particulièrement cynique... Une vraie réussite. A conseiller vivement. Ce que je fais. CQFD.

 

Extrait:

« Les bals du collège avaient été désastreux, pourtant ma mère m'obligeait chaque fois à y aller et, comme elle n'avait pas l'intention de changer de politique à mon entrée au lycée, j'espérais au moins qu'ils s'amélioreraient. Mais non. Le bal d'Halloween se révéla particulièrement débile : c'était l'heure où tous les lycéens balourds en phase de mutation et mal dans leur peau se rassemblaient, déguisés, pour tenir les murs du gymnase tandis que des lumières colorées clignotaient mollement et que le proviseur adjoint passait des chansons pour gamins de dix ans sur la sono du bahut. Dans le cadre de l'initiative maternelle « fais toi de vrais amis », je fus comme d'habitude contraint de m'y rendre, toutefois, dans un élan de bonne volonté, ma mère m'autorisa à choisir mon déguisement. Sachant que ça lui foutrait les boules, j'y allai en clown. »

 

Ah oui, j'avais oublié de vous préciser, ce jeune bien dans sa peau se nomme John Wayne Cleaver (ses parents l'ont prénommés ainsi en hommage au célèbre cow-boy). Mais il faut savoir qu'un des plus fameux serial killers US s'appelait John Wayne Gacy et que ce brave homme avait pour habitude, afin de commettre ses massacres, de se déguiser... en clown. Ambiance.

 

Titre : Je ne suis pas un serial killer

Auteur : Dan Wells

Editions Sonatines, 270 pages, 18 euros.

Rédigé par JP

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