Les clowns au pouvoir

Publié le 29 Novembre 2005

Après la Grande Bretagne, la France semble contaminée à son tour par un grand élan clownesque des plus salutaires.

 

Mais pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui, ici, un peu de l’histoire d’hier et d’ailleurs.

 

Le Bataillon de la Clandestine Insurgent Rebel Clown Army (www.clownarmy.org)


Le mot d’ordre est simple : Faire la guerre avec amour : Une des pires erreurs que puisse faire une révolution est de devenir ennuyeuse. Cela mène à des rites au lieu de jeux, des cultes au lieu de communauté et la négation des droits de l’homme au lieu de la liberté.

Plusieurs actions sont menées par ces joyeux troublions. L’une des plus féroce eu lieu dans le centre de Leeds où le lourd rideau de fer du centre de recrutement des forces armées Britannique n’eut d’autre choix que de retomber. Dans le bureau désert, les panneaux rutilants clament en grosses lettres criardes : " Soyez le meilleur ". Dehors, sur le trottoir, un kiosque de recrutement de fortune, et des douzaines de prospectus enjoignaient aux passants " Soyez idiots ", " rejoignez l’Armée Clandestine des Clowns Rebelles Insurgés ". Quelques minutes plus tôt, quinze " clownbattants " de la CIRCA (Clandestine Insurgent Rebel Clown Army), vêtus de pied en cap de tenues de combat rehaussées d’une fourrure verte et rose, coiffés de passoires en acier étincelant, étaient entrés au pas dans le centre pour demander aux officiers du recrutement s’ils pouvaient s’engager. De nos voix haut-perchées, ils avaient argué de leur expérience passée dans l’armée des clowns, déployant tous leurs talents en matière de saluts ridicules et de manœuvres bouffonnes, faisant assaut de blagues désarmantes et expliquant que là où leurs bombes échouaient le rire, lui, pourrait vaincre. Mais un commando des Royal Marines a entrepris de les jeter dehors, avec le renfort d’un nombre toujours plus grand d’officiers de police. Or un clown rebelle se laisse difficilement déplacer, il a tendance à échapper aux mains des forces de l’ordre comme une gelée tremblotante, tout en les détournant de leur devoir par des rires tonitruants et des parodies caustiques. Plus ils faisaient la sourde oreille aux supplications – " S’il vous plaît, apprenez-nous à libérer les gens ! " " Où sont les formulaires d’inscription ? " " Pourquoi on ne peut pas avoir des très très gros fusils comme vous ? " – plus le chaos régnait dans le bureau de recrutement. Des ballons en forme de saucisses géantes hululaient à travers la pièce, des modèles réduits d’aéroplanes remplis de sorbet faisaient des loopings au-dessus des bureaux de la Royal Air Force, un clown rampait sur le sol en époussetant les bottes des soldats avec un plumeau, tandis qu’un autre lisait à voix haute le dernier communiqué de la CIRCA, qui détaillait l’absurdité de la passation du pouvoir en Irak, annonçant l’occupation de Leeds par la CIRCA et l’établissement de l’Autorité Provisoire des Clowns.

 

Cette rébellion semble aujourd’hui contagieuse. En effet, la préfecture de police de Paris vient d’être l’objet d’une attaque clownesque de grande ampleur dont vous trouverez ci-dessous le compte rendu loin d’être complet.

 

Communiqué de la Brigade Activiste des Clowns : Proclamation de l’État de
démence : la BAC place la préfecture de police sous couvre-fou.


26 Novembre 2005 - En conformité avec l’Etat de démence désormais instauré
dans notre pays, la BAC (Brigade activiste des Clowns) s’est rendue ce midi
à la Préfecture de police de Paris pour y établir le couvre-fou.

Une vingtaine de clowns se sont présentés à l’entrée du bâtiment en profitant du
couvert de la neige. Ils ont bloqué l’entrée en y formant, couchés au sol et
entassés les uns sur les autres, des tas (de démence). Les clowns, coiffés
d’entonnoirs multicolores, se sont ensuite appliqués à recouvrir les chefs
des passants de ces ustensiles en plastique en application des nouvelles
règles de " maintien droit dans l’ordre " : tout individu qui ne sera pas
porteur d’un nez-rouge ou du couvre-fou réglementaire sera passible d’une
peine de kärcher en public. Certaines peines ont d’ailleurs été appliquées
immédiatement grâce à la section spéciale de la BAC : les Kärcher de
proximité. Refoulés à l’entrée de la préfecture de police, les clowns ont
néanmoins tous été invités à embarquer dans de magnifiques véhicules sans
fenêtre pour visiter d’autres locaux appartenant à la même institution.


Grâce à la collaboration enthousiaste des vaillants policiers de la
Clownarchie, la BAC est, ainsi, en train de poursuivre son salutaire travail
de retour au calme dément au commissariat.


La BAC will be back.

 

Voilà qui ne laisse rien augurer de bon.

 

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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