Writing on the edge, Jérôme Soligny.

Publié le 4 Décembre 2014

 

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C’est Noël avant l’heure ! Découvert au détour d’un article posté par F. Zégut sur son site, voilà un bouquin que je me devais d’avoir. Sauf que. Trouvé au détour d’une table de libraire le prix (36,50 € tout de même) me l’a fait reposer (et pousser un gros soupir). « Bientôt Noël, vais laisser sous-entendre des trucs… » me suis-je dit. Vous connaissez l’astuce (toute personne ayant été enfant un jour connaît l’astuce). Bref, je n’avais plus qu’à être patient. Et là, paf, le coup de bol. Même pas à attendre Noël, je le trouve, tout frais tout beau et à moins de 20 € chez un soldeur (on ne remerciera jamais assez ces journalistes qui revendent leurs services presse sans les avoir lus !). Même pas eu à sous-entendre quoi que ce soit, tombé tout rôti dans l’escarcelle. Si ça c’est pas la classe internationale qu’on me dise ce que c’est (et zavez intérêt à être originaux).

Jérôme Soligny est journaliste. Compositeur. Ecrivain. Multi-instrumentiste. Emargeant à Rock’n’Folk, il parcourt le monde. Un rock critic que ça s’appelle en bon français. Mais pas que.

Petite digression : le rock-critic représente pour moi un courant littéraire à part entière. Généralement armé d’un humour pince sans rire inimitable, le rock-critic peut se montrer plus rock star que les rock stars qu’il interviewe. Et il pond, en règle générale, des pavés qui font date. Prenez des types comme Greil Marcus et son Lipstick Traces (incontournable), Laurent Chalumeau (souvent hilarant), Manœuvre (si si, lisez vous verrez), Nick Kent (« Apathy for the devil » est sorti en poche et c’est bientôt Noël je vous dis). Lester Bangs… Vous l’aurez compris, je suis client. Et là…

Jérôme Soligny vient de publier un de ces authentiques pavés (1 717 pages, remerciements inclus, un 4e de couverture où Iggy Pop dit tout le bien qu’il pense de lui (mode, arroseur arrosé). « 25 ans d’écrits rock », c’est marqué sur la couverture. Et quand on dit rock. Que du beau linge. Bowie, Led Zep, Metallica, REM , Lou Reed (sans Metallica), Aerosmith, Alice Cooper… il les a tous rencontrés, interwievés, fréquentés. Certains plus que d’autres. Daho (je ne dirais jamais à quel point je respecte cet homme). Daho pour qui il a écrit « Duel au soleil ». Quand je vous dis « Multi-instrumentiste », je ne vous mens pas. Chaque article (on peut piocher sans ordre particulier, lire ici, revenir là) débute par une présentation d’ensemble. Parfois rigolote. Parfois touchante. Puis, article paru dans Rock’n’Folk et enfin, interview. C’est riche (1 717 pages tout de même). Avec dedans des morceaux authentiques d’Elvis Costello et de Ian Hunter, de The Cult (The Cult !). Deep Purple. Et pas que. Dave Stewart, Siouxsie Sioux, King Crimson, Lenny Kravitz (euh, oui, je sais, pardon), Londres (la ville), Pink Floyd (le groupe) et tant d’autres.

Comme l’écrit David Bowie himself, « Jérôme’s been writing about rock as long as I can remember », si même lui le dit…

Allez, juste pour le plaisir, les premières lignes de l’article consacré à Vincent Alice Cooper Furnier :

« Diable qu’il faisait bon être adolescent dans les années 70 (ndr : vous mettez 80’s à la place et c’est ma vie qu’il raconte là), sans ces réseaux sociaux, ces bouquets de chaînes thématiques, ces radios complètement idiotes, ces musiques « actuelles » affreuses, sans ces profs bons à rien, ces parents qui baissent les bras systématiquement. Et puis, il n’y avait pas de téléphones portables qui servent surtout à communiquer de travers, à ne plus savoir écrire ou à filmer des inepties et des violences. Nous, on jouait vraiment ensemble, on lisait des livres super, on allait au cinéma voir des films, projetés sur des écrans géants, qui nous bouleversaient, on avait de grands disques noirs qui nous servaient d’aires de lancement pour filer vers les étoiles, on écoutait les mêmes chansons pendant des heures, des jours, des mois. Souvent, il en suffisait d’une pour se modeler un peu de bonheur. On regardait des films sans pub au milieu, jusqu’au bout, qui changeaient nos vies. On avait la patience de recevoir ce qui nous constituait.[…] A treize ans, on ne se prenait pas pour des adultes et encore moins pour ces stars immondes de la téléréalité. On avait des joies et des peines grosses comme ça, des angoisses et des spleens, mais on ne se complaisait pas dans un malheur à deux balles nourri par une perception foireuse de tout.[…] Ce n’était peut être pas mieux avant, mais c’était surtout moins con. »

Et Alice ? Pas de panique, il arrive Alice. Il est là.

Sur le site de l’éditeur :

http://www.editionslatableronde.fr/ouvrage.php?id_ouv=I23283


Titre : Writing on the edge – 25 ans d’écrits rock
Auteur : Jérôme Solignt
Editions : La table ronde, 1717 pages (donc), 36,50 €.

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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