Michael Jackson de Pierric Bailly.

Publié le 27 Décembre 2010

 

Nouvel ajout, l'interview de Pierric Bailly par Pascale Clark (de dos, sans casquette mais avec casque). ça se passait sur France Inter (c'est facile à savoir, c'est écrit dessus...). Bonne écoute.

 

 

 

 

Et sinon, toujours le même article... (message personnel : Eh "j'ai raté ma vie d'Amélie Nothomb", c'est dommage que tu refuses les commentaires, j'avais adoré ton article et je tenais à te le dire... bise à Wrath quand tu la verras).

 

 

 

 

livre-michael-jackson

Souvenez-vous… Polichinelle. Pierric Bailly. Publié aux éditions P.O.L. en 2008 (eh oui, déjà). Lors de la sortie de son (premier) roman, ce petit gars avait enchanté les foules (dont moi), subjugué les vaches et rallié à sa cause tous les tagazous les plus mal embouchés des contrées les plus reculées (on parlait de lui jusqu’à Poligny, c’est dire si l’onde de choc avait été violente !). Articles dans Libération, Télérama, une vraie Beatlemania à lui tout seul. Sous sa casquette, derrière ses joues mal rasées, l’auteur, doucement, creusait son trou (il fut même récipiendaire au prix de Flore). Et puis silence. Difficile de sortir un second opus quand le premier a fait autant de bruit (et réveillé, parfois, pareille incompréhension chez certains de ses lecteurs). Car Pierric, c’est avant tout une langue, un style, un univers (je sais, j’exagère, mais je suis fan et c’est ça qui est beau). Par hasard mais pas tant que ça (il se trouve que quand j’aime un livre, je le dis), je lui avais consacré un article ici même. Il est passé en visiteur, il a lu, laissé un commentaire et même accepté de répondre à quelques-unes de mes questions bizarres et sans rapport entre elles (lien). Depuis lors, épisodiquement, au gré de ses libertés et de son actualité, il m’a envoyé de ses nouvelles. De sa petite famille mais aussi de ses bouquins. Il a même lu certains des miens et a visiblement aimé c’est dire si c’est un homme de goût ! De goût et de parole car notre dernier deal en date vient tout juste de se concrétiser. Il a reçu un exemplaire de mon « Sex, drugs & Rock’n’Dole », j’ai reçu un exemplaire de son « Michael Jackson » (sortie le 05 janvier prochain chez POL). Et là…

Là !

 « Michael Jackson ».

Évidemment, rien à voir avec le king of pop (qui pointe tout de même, ici et là, le bout de son nez). Non, ici, il serait plutôt question, dans le plus grand désordre (et sur présentation faite par l’auteur lui-même) de Richard Virenque, du chanteur Christophe, de sexe et de pornographie, de Téquila frappée et surtout d’amour fou. L’action se déroule à Montpellier mais le narrateur revient parfois chez ses parents, dans le Jura. Sauf que des narrateurs eh ben il y en a trois (ou plutôt des temps, des manières d’appréhender la vie, l’amour, les Tequila frappées tout ça). Et que c’est un bien beau foutoir (encore que, pas tant que ça). Oui, c’est bordélique mais c’est charmant. Attachant. À éclater de rire et à faire froid dans le dos aussi, parfois. Quoi qu’il en soit, c’est à s’en prendre plein les yeux et plein l’estomac.

La dernière fois que je vous ai parlé de lui, je vous ai dit que ce type-là avait du talent. Là, non seulement il en fait preuve mais il en déborde littéralement. OK, c’est peut-être moins grossier et mal élevé que Polichinelle, moins « surprenant » aussi, plus « ligne claire citadine » comme l’indique la dédicace qu’il a bien voulu apposer sur mon exemplaire, mais ça reste tordant et sacrément bluffant. Et puis surtout il y a ce style, ce putain de rythme qui n’appartient qu’à lui et sur lequel il est si bon de se laisser porter, bercer, secouer… C’est… enfin bref, vous m’avez compris, ce livre-là, c’est tout ce que j’aime. Et puis il y a une sorte morale qui plane sur ce texte (le nombre des années amènerait une certaine forme de sagesse à moins qu’il ne s’agisse, tout bonnement, de résignation). Alors si vous vous demandez quoi lire pour bien débuter l’année, ne cherchez plus, vous venez de trouver. Un livre dont on devrait entendre parler…


Titre : Michael Jackson
Auteur : Pierric Bailly
Éditions : POL
406 pages, 19.90 €

 

Pour plus de renseignements et afin de pouvoir en lire les premières pages :

http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-84682-303-6

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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M.&M. 10/03/2011 17:07



Après avoir entendu l'auteur chez Rebecca Manzonni sur France Inter, il ne me serait pas venu à l'idée de le comparer à Begbeder et moins encore Florian Zeller. Il m'a paru d'une modestie rare et
d'une gentillesse toute simple. Il m'a surprise, justement, par son originalité. Cette originilité est aussi dans son roman, qui na rien de nombriliste. C'est un livre complexe et déstabilisant,
tout en étant drôle et lucide. Une belle découverte, à suivre...   



MDHZ 20/02/2011 11:07



"Je n'ai pas adopté les modes de rébellion de mes copains..."   Pfffff  Le mot-clé est Beigbeder; Vive France Inter.



JP 21/02/2011 09:45



En partant du principe (simple) que tout le monde a un avis et que c’est tant mieux qu’il en soit ainsi, je ne reviendrai pas sur ces
deux commentaires. Mais sachant que j’ai, moi aussi, un avis et que je suis versatile et inconséquent, je reviendrai quand même sur ces deux commentaires. Juste pour défendre un peu l’ami
Pierric. Le comparer à blond-blond me semble bien mal connaître ses écrits. Pierric est à mille lieue de ces clichés parisiano-parisiannistes et si c’est son côté « je plaîs aux lecteurs des
Inrocks et de Télérama » qui vous chagrine, je doute (mais je puis me tromper, car nul n’est infaillible, pas même moi, c’est dire si je suis lucide) qu’il n’a aucunement l’envie de les
séduire à tout prix. Il se contente juste d’écrire. Plutôt bien selon moi. Et en ce qui me concerne, ça me suffit amplement (notez au passage le nombrilisme éhonté de cette seule
phrase !).



John Drake 20/02/2011 11:05



Encore un "écrivain" français d'un horrible sérieux et d'une prétention un peu ridicule avec beucoup de clichés: dans l'autofiction il y avait déja F.Zeller dans le genre...