Meurtre dans le boudoir, F. Lenormand

Publié le 19 Février 2012

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Je me méfie de plus en plus des « gros éditeurs », sans doute parce que leur volonté de plaire au plus grand nombre (rentabilité oblige) les font délaisser les ouvrages les plus intéressants (ou à cause de quelques déceptions... mais tout cela est lié, au final et revient au même). Je sais, c'est un a-priori mais que celui ou celle qui n'en a pas me jette le premier pavé. Il m'arrive toutefois, parfois, de céder à la tentation (nature humaine quand tu nous tient) et d'acquérir un de ces ouvrages disponibles dans les supermarchés de la culture à défaut des modestes estaminets que je me plais à fréquenter (il y a tant à lire qu'il y a de la place pour tout le monde et c'est tant mieux). Et puis je suis comme vous, ne m'en déplaise, parfois, j'ai aussi envie de craquer. Oui, je sais, c'est mal (et je ferai cinq pater et trois ave pour laver mon âme déjà si noire). Bref, tout ça pour vous dire que, me baladant à la recherche d'un nouvel ouvrage à me mettre sous la dent (et étant resté sur ma faim avec le précédent dont je ne vous parlerai même pas ici tant il ne le mérite pas), je suis tombé sur celui dont c'est-y que je veux vous causer pas plus tard que maintenant voire tout de suite et d'ailleurs, c'est bien simple, j'y vais.

 

Enfin non, pas encore. Avant cela, revenons encore un peu en arrière. Il se trouve que j'aime les romans mêlant personnages historiques et histoires inventées. Ils se présentent le plus souvent sous la forme policière, un meurtre déclenchant une vocation ensuite passée sous silence par la postérité. J'avais adoré « Un œil bleu pâle » de Louis Bayard mettant en scène Edgar Poe jeune menant l'enquête. J'apprécie tout autant la série des Oscar Wilde de Gyles Brandreth (chaque opus est un pur bonheur et on y retrouve, en plus de Mr. Wilde, Arthur Conan Doyle, Bram Stoker bref, que du beau linge). Et si j'avais moins accroché à « L'interprétation des meurtres » de Jed Rubenfeld mettant en scène Sigmund Freud (très moyen), je me suis en revanche régalé (c'est peu de le dire) avec le « Drood » de Dan Simmons (Charles Dickens).

Ah oui, j'allais oublier, il y a aussi le « Abraham Lincoln chasseur de vampires » de Seth Graham-Smith (son adaptation cinématographique est apparemment bouclée et le « trailer » est disponible sur le net pour qui sait chercher). Tout ça pour dire que je ne pouvais que tomber en arrêt devant ce « Voltaire mène l'enquête ». Ah ! me suis-je dit en moi-même pour ne pas trop attirer l'attention, voilà que les français s'y mettent aussi, signe que ce doit être un bon filon. L'auteur, Frédéric Lenormand, m'étant parfaitement inconnu, seul le logo « JC Lattés » en bas à droite de la couverture ne me disait rien qui vaille. Mais la curiosité est ce qu'elle est et ni une, ni deux, je me retrouvais en caisse, le livre à la main, prêt à débourser le prix indiqué. Et là... eh bien disons que le plaisir (sans cesse renouvelé je le rappelle) que j'éprouve à la lecture des bouquins de Gyles Brandreth se trouve ici parfaitement représenté. L'écriture est dynamique, les actions s'enchaînent, c'est vif, souvent drôle, le personnage de Voltaire est simplement formidable quant à ses compères (une noble libertine et un abbé émoustillé), ils sont truculents, les meurtres sont bien évidemment au rendez-vous et la Bastille menace à tout moment d'embastiller. On y parle de censure et de lupanars, il s'y boit toutes sortes de remèdes et on y consomme de la volaille à ne plus savoir qu'en faire (prise en sandwich entre deux curés comme il se doit). Alors oui, si, comme moi, vous aimez ce genre de littérature et si vous avez envie de vous faire plaisir, allez-y sans hésiter. Pour tout vous dire, voilà un livre qui aurait amplement mérité d'être publié chez un petit éditeur tant il est bon.

 

Extrait :

 

« Quand il était désespéré, Voltaire allait prendre son café chez Mme de Châtelet. Elle avait fait préparer de la chicorée. Il fit la moue.

- La chicorée, c'est amer, le thé, c'est fade, et le chocolat me dérange l'intestin. Ce ne sont pas là des boissons pour les philosophes.

Elle lui promit de lui procurer de la cigüe à sa prochaine visite. »

 

 

 

À noter que celui-ci est le second de la série. Le premier, « La baronne meurt à cinq heures » est sorti en janvier 2011 et a reçu de nombreux prix dont le fameux Arsène Lupin 2011. Il fait bien évidemment partie de ma liste à me procurer d'urgence (la commande est d'ores et déjà passée).

 

Titre : Meurtre dans le boudoir – Voltaire mène l'enquête.

Auteur : Frédéric Lenormand

Editions JC Lattès. 307 pages, 18 €

 

Sur le site de l'éditeur : http://www.editions-jclattes.fr/livre-meurtre-dans-le-boudoir-frederic-lenormand-415815

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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SK 26/03/2012 13:07


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