Le diable s'habille en Voltaire, Frédéric Lenormand.

Publié le 2 Avril 2013

 

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Voltaire mène l’enquête, troisième épisode ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Frédéric Lenormand le tient bien, son héros. On le sent bondissant, hypocondriaque MAIS dans le même temps incapable de tenir en place, fouineur, noceur, bon vivant et beau mourant, à la fois Sherlock en perruque, auteur à la hauteur de sa réputation et metteur en scène qui sait se faire dictateur à ses moments perdus, ennemi juré des Jansénistes, des pense-petit, des esprits étriqués (ainsi que des porteurs de bain qui laissent traîner trop d’orteils dans leurs eaux de location), bref, en un mot comme en cent, un homme libre. Vivant.
Entier.
L’intrigue ? Mais quelle intrigue ? Et puis d’abord, pourquoi une intrigue ? Oui, une intrigue, il y en a une, soyez rassurés, mais quelle importance face à un tel déferlement ? La langue Monsieur, voilà le plus important ! Que des gens meurent, grand bien leur fasse ! Surtout s’ils sont tombés dans la religion avant de piquer du nez sur le clavier du grand orgue de Saint-Nicolas du Chardonnet. La langue, voilà le plus important.
Le bandeau rouge qui barre la couverture de cet opus est une citation. Celle du libraire de Saint-Maure des Fossés que d’aucuns nomment le Tintin de la critique littéraire, je veux parler de Gérard Collard en personne. Et je la reproduis ici car elle décrit à merveille ce que ce je pense moi-même de ce bouquin. « Léger, pétillant, suprêmement intelligent, ça ressemble à du Champagne ». Et moi d’ajouter, parce qu’il faut bien que j’aie le dernier mot : « Pas faux ».

Extrait.

« Voltaire se résigna à poursuivre ses réflexions. Le mort enseignait la théologie catholique. L’enquêteur conclut que l’assassin devait être un janséniste illuminé. Il connaissait un nombre infini de ces fanatiques capables de s’attaquer aux plus honnêtes gens, aux écrivains purs comme des colombes, aux bienfaiteurs du genre humain et, pourquoi pas, à des théologiens amateurs d’instruments à soufflets. Il pouvait leur fournir des noms, il en avait un carnet plein. Nul besoin d’aller chercher plus loin. Cela avait été l’enquête la plus courte de sa carrière de philosophe. »
(page 46 (évidemment, il n’en est rien)).

A noter d’intéressantes et instructives postfaces qui concluent plus qu’agréablement cet excellent moment de lecture.

Et pour ceux qui ne connaîtraient pas cette indispensable série (en plus de trois Pater et cinq Avé récités à l’envers), ils peuvent combler leur retard, que dis-je, leur lacune à moindre coût puisque les deux premiers opus « La baronne meurt à cinq heures » et « Meurtre dans le boudoir » existent en version poche.

Titre : Le diable s’habille en Voltaire
Auteur : Frédéric Lenormand
Editeur : JC Lattès

Sur le site de l’éditeur :
http://www.editions-jclattes.fr/livre-le-diable-s-habille-en-voltaire-frederic-lenormand-474313

Et les épisodes précédents en poche :
http://www.livredepoche.com/la-baronne-meurt-cinq-heures-frederic-lenormand-9782253162544

http://www.lemasque.com/livre-meurtre-dans-le-boudoir-frederic-lenormand-473423

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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