Joolz Denby vs Joseph d’Anvers.

Publié le 4 Avril 2010

 

 

Comme ça, à première vue, on pense à un combat de catch. Un truc de mecs, bourré de testostérone. Une histoire qui, forcément, se terminera mal. Pour l’un comme pour l’autre. Peut-être même les deux.
Sauf que.
Joolz Denby est une femme. Et Joseph d’Anvers un chanteur / réalisateur / écrivain que sais-je-encore. Écrivain, comme Joolz Denby est poétesse, tatoueuse, manager de groupe de rock et romancière. Bref, ces deux-là étaient fait pour se rencontrer. Si ce n’est dans la vraie vie, tout du moins ici. Deux livres donc (eh oui, c’est encore de cela dont il s’agit… désolé).

Amateurs de sang frais, vous pouvez passer votre chemin… encore que. Pas si vite. Lisez tout de même la suite.

On ne sait jamais.

 

9782070325191

 

Honneurs aux dames, je commencerai par Miss Joolz. Sacré prénom. Tout comme son « Stone baby » est un sacré bouquin. Loin d’être drôle. Plutôt glauque. Terrible. Poignant. Pathétique. Car la vie de ses héroïnes (Jamie et Lily, la narratrice) est loin d’être un bouquet de roses que l’on cueille au printemps. L’une (Jamie) a vécu tout ce qu’on peut vivre, surtout le pire… Enfance de merde à tous les étages. Quand on la rencontre, elle est devenue stand-upeuse (raconter des blagues sur une scène, prendre le public si ce n’est à témoin tout du moins à partie). Et elle est douée pour ça. Mouvance underground ça va s’en dire. Lily, elle, c’est tout à la fois sa meilleure amie, sa sœur de galère et sa manageuse. On l’aura compris, il y a du vécu là-dedans. Ça se sent. Ça se vit. C’est dur. Sans concessions. Parce que Jamie tombe régulièrement amoureuse. Et toujours des types qu’il ne faut pas. Des brutes épaisses. De sombres machos. Des crétins quoi qu’il en soit. Et pas fréquentables avec ça. Et quand je vous aurai dit que le dernier en date n’est autre que le tueur en série qui traumatise la région… le genre barré de chez barré… dangereux… un vrai animal… un livre uppercut, un style efficace. Dont on sort avec un profond sentiment de malaise. Mais qu’une fois ouvert, on a du mal à refermer. Une sacrée réussite (de là à dire qu’elle est belle…).

 J.d'Anvers

 

 

En parlant de réussite… D’Anvers, lui aussi, est poète. De la chose chantée. Il stand-upise avec son groupe. Et ça se sent. Car son premier roman, « La nuit ne viendra jamais » est sorti dans la collection Mona Cabriole, estampillée « polars rock » (La Tengo éditions). Et pour une fois, c’est vrai. On sent les coulisses, la tension au moment de monter sur scène. Les verres de Jack qui s’alignent. Et les autres substances aussi. Mona a décidé de suivre le groupe afin d’écrire un article de fond pour le webzine pour lequel elle travaille. Ian, le chanteur la fascine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est réciproque. Sauf que… un soir de concert, à Paris, un jeune se fait planter au beau milieu du public. Altamont revisité sauce Elysée-Montmartre.  L’histoire se déroule en deux temps. En 2010 et en 2024. On passe de l’un à l’autre sans problème. Et puis surtout, il y a la langue. Un vrai régal. Comme un long poème en prose qui s’étirerait sur un peu plus de 160 pages. Un bon bouquin. Moins noir que celui de Joolz. D’une autre forme de puissance. Mais d’un prix tout aussi abordable.
Alors pourquoi se priver ?


Titre : Stone Baby.
Auteur : Joolz Denby.
Editions : Folio (poche)
7.70 €

Titre : La nuit ne viendra jamais.
Auteur : Joseph d’Anvers
Editions : La Tengo, collection Mona Cabriole.
8.50 €

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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