Fargo Rock City, de Chuck Klosterman.

Publié le 19 Décembre 2011

  

 

 

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Alors là, disons-le tout de go, voici un livre indispensable. Mais seulement pour une frange bien particulière de la population. Autant dire, pour ceux qui, comme moi (et l’auteur) étaient ados dans les années 80, écoutaient du heavy metal et vivaient en milieu rural (je sais, ça limite). Bien sûr, les autres peuvent aussi lire ce livre mais je ne suis pas certain que ça leur parlera autant (prenez le pour une bonne étude sociologique (ce qu’il est par ailleurs) et un guide de voyage dans un pan culturel dont vous ne soupçonniez pas encore l’importance (malheureux que vous êtes)). De là à affirmer qu’un livre doit forcément " parler " à ses lecteurs pour être qualifié d’indispensable, il y a un fossé, que dis-je un fossé, un gouffre, que je n’oserai franchir de peur de m’y vautrer lamentablement. Toujours est-il que je l’ai lu avec mes yeux, et mon vécu et que ce dernier étant ce qu’il est, ce livre m’a parlé (c’est une image).

Fin de l’auto-analyse.

 

Encore que.

 

De quoi est-il donc question ? Le sous-titre du dit bouquin devrait vous en apprendre plus (et vous faire comprendre le sens profond de l’introduction ci-avant) : " Confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale ". Voilà, c’est dit, on ne reviendra pas là-dessus. Si sa zone rurale à lui était le nord Dakota, la mienne fut le nord Nivernais. Et cette différence là me pousse à réclamer un droit de réponse (qui demeurera sans réponse, car je serai fort étonné que ce monsieur aboutisse ici, prenne la peine de faire traduire ceci et se lance à son tour dans un droit de réponse qui en appellera un autre et ainsi de suite jusqu’à ce que mort s’en suive). Bref, Chuck Klosterman (par ailleurs critique rock et écrivain américain) a grandi dans une ferme (ce n’est pas mon cas) en écoutant du glam metal (en particulier Mötley Crüe mais pas que (ce qui fut mon cas itout)), du hard rock, du heavy metal et, de façon générale, tout ce qui se termine par metal, porte des cheveux longs et des tenues en cuir ridicules. Il a donc souffert d’être une sorte d’extraterrestre aux yeux de ses petits camarades (exception faite de ceux qui, comme lui, on grandit en écoutant du glam metal (en particulier Mötley Crüe mais pas que), du hard rock, du heavy metal et, de façon générale, tout ce qui se termine par metal, porte des cheveux longs et des tenues en cuir ridicules.

 

Sous un aspect bon enfant (et parfois très drôle, il faut bien le reconnaître) Chuck (vous permettez que je vous appelle Chuck n’est-ce pas ?) disserte sur la différence, capitale, entre ce qui est hard et ce qui est heavy, sur l’importance de la laque à cheveux dans le développement d’une culture underground essentiellement Californienne et le fait qu’Ozzy Osbourne ne soit pas le Satanique que l’on croit (contrairement à Jimmy Page, là dessus, tout le monde est d’accord je pense). Il en profite au passage pour dézinguer le soi-disant satanisme de cette musique (une franche rigolade, le hard rocker ne se prenant que rarement au sérieux, ce que ses détracteurs ont souvent tendance à ignorer) et analyse, fort intelligemment, le phénomène Marilyn Manson (signalant au passage qu’il l’a interviewé deux fois ce qui n’est pas mon cas, je tiens à le souligner). Là où, en revanche, je m’insurge et me révolte, c’est sur son interprétation toute américaine de la chose. En effet, il semble évident qu’il porte plus de crédits à des groupes comme Poison ou Kiss qu’à Iron Maiden (je cite, page 153, " Iron Maiden était à mon avis le plus drôle de tous les groupes de metal "… venant de la part d’un fan de Mötley Crüe, je trouve ça un rien EXAGERE).  Et je ne parle même pas de ses remarques désobligeantes sur Metallica, je crois que ça m'énerverait... venant de la part d'un fan de Ratt et Van Halen je trouve ça un rien PRETENTIEUX.

 

Mais je ne lui en veux pas car il faut bien le reconnaître, ce livre-là apporte une lumière intéressante ET importante sur un mouvement musical souvent décrié, encore plus souvent moqué et qui, pourtant, a construit nombre de gamins qui ont aujourd’hui grandis et qui, comme Chuck et moi (on n’est pas fâchés hein ?) n’ont rien de ces débiles hirsutes tout juste bons à ânonner de vagues consonnes en remuant la tête tel le chien en plastique posé sur la plage arrière de la voiture familiale de n’importe quel adorateur de Richard Clayderman qui se respecte (et quand je dis Richard Clayderman, c’est pour ne pas choquer les fans de Céline Dion évidemment).

 

Extrait :

 

 

" D’après une légende populaire – que personne n’a jamais crue – trois des quatre Led Zep auraient signé un pacte avec le Diable en échange du statut de superstars. L’histoire prétend que John Paul Johns est le seul a avoir refusé de signer, ce qui explique qu’il ait toujours été le moins connu des quatre, et aujourd’hui des trois survivants. Mais c’est aussi le seul à n’avoir jamais été touché par le mal (John Bonham s’est étouffé dans son propre vomi, Robert Plant a perdu son fils Karac dans des circonstances tragiques, et Page a finit par collaborer avec David Coverdale). "

 

 

Titre : Fargo Rock City. Confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale.

Auteur : Chuck Klosterman

Editions : Rivages Rouge

288 pages, 20 €

 

 

http://www.payot-rivages.net/livre_Fargo-Rock-City-Chuck-Klosterman_ean13_9782743622817.html

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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