DarKrün, Pierre Brulhet.

Publié le 13 Décembre 2014

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Toujours difficile de faire la « critique » du livre d’un ami. Surtout quand, et c’est le cas, celui-ci vous a sollicité pour en écrire la préface (et que c’est votre éditeur qui le publie). Mais il n’y a pas de raison et comme le veut la tradition, je vais être obligé de le descendre en flammes avec force démonstration désobligeante et injures gutturales… naan, je blague.

Comme je l’écris si justement (attention, c’est de moi, je m’autocite) : « la première fois que j’ai rencontré Pierre Bruhlet, c’était à l’occasion d’un salon du livre, à Dijon, et je lui ai fait peur ». C’est dire si cet homme est de la race des grands sensibles. Or, sensibles, ses textes le sont. Et pas qu’un peu. Qu’il revienne sur un épisode que l’on devine authentique de sa jeunesse en Normandie (et qui permet de mieux comprendre pourquoi il écrit, aujourd’hui encore) ou qu’il mette en scène des personnages issues de cette Afrique légendaire dans laquelle il a baigné durant une bonne partie de son enfance (Pierre a grandi en Mauritanie et en Côte d’Ivoire), les textes de Pierrot… hum, pardon.. les textes de Pierre Brulhet sont autant de billets où transparaissent sa sensibilité (donc) ainsi que sa… oui, bon, d’accord, que ceux (et surtout celles) qui lisent cette « chronique » et souhaitent acquérir son recueil se rassurent, il y parle aussi de ses dépravations et autres soirées fétiches, celles qu’il arpente le corps revêtu de cuir noir et les peutons emprisonnés dans d’invraisemblables New Rock sur-haussées (« Le corset » et « Les poupées »). Mais on découvre aussi un autre aspect de sa production, des textes plus troublants, moins… j’avoue avoir un vrai faible pour deux d’entre eux, « Deux frères », une incursion dans un fantastique noir auquel il ne m’avait pas habitué (sous une forme maligne et inédite) et « La cabane », sorte de chaperon rouge revu et corrigé et placé sous l’occupation Allemande et… un résultat assez dérangeant (sans pour autant être désagréable). Et puis, bien sûr, pour tous les nostalgiques de la défunte (et ô combien regrettée) revue Freaks Corp. (grâce à laquelle, finalement, nous ne nous sommes pas perdus de vue), la réédition de sa fameuse nouvelle « DarKrün », celle-là même qui donne son titre au présent recueil autant que son illustration. Une course à travers le désert, sur une planète où deux soleils brillent sans discontinuer… quelque part entre Star Wars et Dune.

Sur le site de l’éditeur : http://clefargent.free.fr/darkrun.php


Titre : DarKrün
Auteur : Pierre Brulhet
Edition : La Clef d’Argent, 200 pages, 12 €
 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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