Artères souterraines de Warren Ellis.

Publié le 5 Septembre 2010

 

warren ellis novel

 

 

Après les titres qui se ressemblent (LIEN), mon nouveau défi consistera à lire des livres d’auteurs portant le même nom (mais n’appartenant pas, si possible, à la même famille)… je sais, c’est parfaitement crétin mais j’assume.

Et pour ne pas sombrer plus avant dans le ridicule, agissons avec méthode. Par ordre d’apparition, voici tout d’abord « Artères souterraines » de Warren Ellis.

Disons-le tout net, cela fait quelque temps déjà que j’avais délaissé les éditions du Diable Vauvert. Leurs dernières parutions ne me disaient rien. Leurs couvertures, qui m’avaient pourtant enchanté jusque-là, avaient perdu de leur superbe (du moins à mes yeux). Et puis est arrivé ce bouquin-là. Couverture noire (toujours efficace, surtout avec une tranche jaune, ça en jette dans sa bibliothèque). Dessin « crossroads » en diable (avec mauvais jeu de mots en prime). Auteur visiblement culte dans les milieux branchés Marvel (le gars est scénariste de BD (Iron Man, les 4 fantastiques etc.) et il s’agit là de son premier roman). Première phrase assassine (« J’ai ouvert les yeux pour voir le rat pisser dans mon mug. »). Intrigue visiblement barrée (voir la tentative de résumé ci-dessous). Il ne m’en fallait pas plus pour me décider.

Alors, en quelques mots, voilà de quoi il s’agit (je vous préviens, c’est plutôt raide et mieux vaut être assis et avoir l’âge légal pour lire ce qui suit) : Mickael McGill est détective privé (de clients essentiellement) ce qui le porte à boire (beaucoup voire énormément). Il a un côté gros dégueulasse MAIS assumé ce qui le rend immédiatement sympathique. Sauf qu’un jour, le chef de cabinet de la Maison Blanche en personne (qui lui avoue au passage son faible pour l’héroïne en intraveineuse et la défécation en chambre d’hôtel (mais pas forcément dans les toilettes, normal pour un chef de cabinet…)) vient lui demander de récupérer un document égaré malencontreusement dans les années 50 : la seconde Constitution des États-Unis, rédigée par les Pères Fondateurs en personnes, celle-là même qui devrait tout arranger (enfin, si on arrive à lui remettre la main dessus évidemment). Le gars accepte (sinon il n’y aurait pas d’histoire, malin) et son compte en banque se trouve tout à coup créditeur de 500 003.42 dollars (les 3.42 dollars représentant sa fortune avant l’acceptation de ladite mission, c’est dire s’il était dans la panade). Pour faire bonne mesure et parce que ça manquait dramatiquement de femelles depuis le début de cette histoire, il décide de s’adjoindre les services d’une étudiante en thèse, tatouée, polygame, bisexuelle, rencontrée lors d’une séance de projection de Godzilla destinée aux membres de l’ANAL (association nationale des amoureux des lézards) qui se termine en bukkake reptilien (heureusement pour nous, le héros ignore de quoi il s’agit ce qui nous évite les détails scabreux). De là à dire que nos désormais deux héros rencontrent sur la route qui les mène à l’aéroport un chauffeur de taxi qui se prépare au Helter Skelter  avec Charles Manson en embuscade pour prendre le pouvoir… que lors d’un vol ultérieur, le héros (la jeune femme dort à ce moment-là, heureusement pour elle) aura une conversation des plus surréalistes avec un authentique serial killer… je ne sais pas si vous êtes prêts à l’entendre. Et j’en vois déjà certains qui ont décroché ce qui est bien dommage pour eux parce qu’il y a VRAIMENT de quoi se bidonner en lisant ce bouquin.

À prendre bien évidemment au premier degré (mais tout le monde aura compris).

Extrait :

« La route était longue sous un soleil de plomb. Même avec la clim à fond à l’arrière de la voiture, je regrettais déjà d’avoir enfilé une veste et une cravate.
Trix portait des bottes, une minijupe et une veste à manches courtes qui laissaient voir ses bras tatoués. « Tu crois vraiment que je vais m’habiller pour les Roanoke ? Je chie dans leur four moi.
- J’en ai rien à foutre. Il faut que j’aie l’air pro. Tu peux avoir l’air que tu veux.
- Je t’aime bien en costard. Mais tu devrais t’en acheter un autre. Celui-là est un peu effiloché.
- Oh, c’est pas l’usure. C’est le rat qui l’a bouffé.
- Le rat ?
- Le super-rat qui vit dans mon bureau. Un jour, j’ai mis de l’alu sur le sol devant son trou et je l’ai relié à une batterie de voiture. Quand il a posé la patte dessus, il aurait dû se dandiner comme un meurtrier sur la chaise électrique. Mais il est resté là, dressé sur ses pattes arrières, comme Tony Montana dans Scarface, tu vois le genre « Je peux les encaisser vos balles de merde.» Et il a absorbé tous les volts de la batterie, a sauté sur mon bureau et il a baisé mon sandwich jusqu’à l’émiettement total. Je hais ce rat.
- Parfois, je me demande à quel point tu étais proche de l’internement ou du suicide avant qu’on se rencontre.
- Trois… peut-être quatre heures. »

Titre : Artères souterraines.
Auteur : Warren Ellis
Editeur : Au Diable Vauvert
294 pages, 19 €

Quant à ma prochaine intervention, vous l’aurez tous deviné, elle portera sur LE nouveau roman de MONSIEUR Bret Easton Ellis, « Suite(s) impériale(s) » qui n’est autre que la suite de « Moins que zéro » le roman qui l’a révélé à la face du monde il y a… eh oui, déjà. Comme le temps passe vite. Je sais, tout ça ne nous rajeunit pas.

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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