Le meilleur des mondes

Publié le 2 Octobre 2005

 

On entend parler de plus en plus souvent de génie génétique ou encore de semences génétiquement modifiées et autres OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ainsi que de toutes ces petites manipulations sans conséquences et sans dangers, selon les autorités forcément compétentes, qui font ressembler les grandes firmes multinationales au laboratoire du docteur Frankenstein.

 

Un seul exemple :

Monsanto, l'empire de la biodestruction

 

Il s'appelle Roundup. Sa particularité est d'être un poison si mortel qu'il tue presque toute forme de vie herbacée. Il est tellement "performant" qu'il permet de semer sans labourer le sol. A condition, bien sûr, d'utiliser des semences Roundup Ready, les seules résistantes au traitement de choc de leur "frère herbicide". Les deux produits, forcément complémentaires, naissent dans les laboratoires du même groupe chimique; le géant de la biologie transgénique Monsanto.

 

14 millions d'hectares de cultures sur notre planète sont aujourd'hui déjà otages du "mariage Roundup-Roundup Ready" (source : amnistia.net, 1999)

 

Otage, le mot n’est pas trop fort, en effet, en créant des organismes résistants aux autres produits de la marque, eux même créés afin de rendre la vie plus simple aux " agricul-tueurs " du monde entier, cette firme (mais, fort heureusement, elle n’est pas la seule !), pose des brevets sur la vie, la modifie à loisir et, sous couvert de lutte contre la faim dans le monde, réduit les paysans des pays pauvres en esclavage. " Tu achètes mes semences si tu veux vivre, sinon, eh ben t’as plus qu’à crever… et surtout, ne me dit pas merci " pourrait être la ligne politique de ces multinationales surtout gourmandes en dividendes.

Pas de ça chez nous, aurions-nous tendance à dire ? Oui. Sauf que…

OGM: L'Europe accueuille Monsanto

Voici la décision de la Commission européenne qui autorise l'importation et la vente du maïs génétiquement modifié "MON 863".

 

Le 8 août 2005, profitant de la période estivale, la Commission européenne a donné le feu vert à l'importation et à la vente du maïs génétiquement modifié appelé "MON 863", destiné à l'alimentation animale. Ce produit, réalisé par la multinationale Monsanto, est résistant à la chrysomèle du maïs, un insecte parasite. Cette décision officielle de la Commission se base sur une étude du comité scientifique sur les OGM de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a déclaré cette plante modifiée conforme à la législation européenne et aussi sûre que le maïs traditionnel. L'autorisation de mise en commerce a été délivrée pour dix ans.

 

Il s'agit d'une décision très dangereuse, selon de nombreux scientifiques de plusieurs pays européens, qui avaient exprimé des prises de position préoccupées contre la commercialisation de cet OGM. Mais, nouvelle étonnante, la confirmation de la dangerosité du produit provient… de la même Monsanto. En effet, une étude interne de cette multinationale, qui avait essayé d'en préserver le secret, avait prouvé le survenir de dommages dangereux pour la santé chez des rats alimentés avec le maïs "MON 863".

 

Des reins moins développés, des altérations du sang, des problèmes immunologiques et peut-être même des affections néoplasiques. Ce sont les effets que, selon le rapport scientifique de Monsanto concernant les effets toxicologiques de sa consommation, ce maïs génétiquement modifié a produit sur un groupe de rongeurs de laboratoire.

Ces informations, issues de l'étude, étaient évidemment réservées, mais le quotidien britannique The Independent avait réussi à les diffuser, le 23 mai 2005, en révélant les résultats du rapport rédigé par les chercheurs de cette marque agrochimique bien connue.

 

Malgré cela, le 8 août 2005, la Commission européenne a autorisé l'importation et la vente du maïs génétiquement modifié "MON 863": l'Union européenne s'est ainsi encore pliée aux exigences des multinationales de la biotechnologie.

 

(source : Amnistia.net, article du 27 Septembre 2005)

 

 

Il ne faut jamais perdre de vue qu’il s’agit avant tout d’un commerce (au delà de la seule dangerosité de ces produits qui, au vu des capitaux en jeu, ne doit pas peser bien lourd dans la balance décisionnelle). Une preuve, parmi tant d'autres: les semences vendues par ces groupes ont notamment la particularité de ne pas pouvoir servir de nouvelles semences pour les saisons suivantes grâce à une modification génétique qui les rend stériles (il faut donc racheter de nouvelles semences, chaque année, à ces firmes qui, si vous vous passez de leur accord vous poursuivent pour vol de secret industriel et autres balivernes de ce type, des brevets ayant été déposés pour tout ce que compte la vie de biodiversité, même l’homme aux dernières nouvelles… ( !)).

 

Et dire que tout cela ne fait que commencer… On vit décidément une époque formidable !

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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