Genèse d'un livre 3

Publié le 25 Septembre 2005

Amusant. Lire des bio, faire des recherches… continuer à écrire pour ne pas perdre la main et au final, partir sur un nouveau projet… qui, contre toutes attentes, fini par rejoindre le premier… commencer à se demander si on ne devient pas fou. Si on ne court pas après un mirage. Découvrir des connexions, suivre de nouvelles pistes, attraper des sueurs froides en se disant que, peut-être, après tout, on a raison, que peut-être, après tout, le fantasme n’est pas si éloigné que ça de la réalité. Prendre peur. Et puis s’émerveiller. Toujours et encore. Perdre pieds plutôt que de perdre patience. Créer l’œuvre de sa vie, celle qu’on mettra dix, vingt, trente, quarante ans à réaliser, celle qui se nourrit de toutes les autres, de celles, plus légères, qu’on sort à rythme plus ou moins régulier.

Parce qu’on ne sait rien faire d’autre.

Pour ne pas disparaître complètement.

Et aussi, parce qu’on a en soi cette irrépressible envie de noyer le poisson. De faire de son histoire une œuvre à part entière. Intégrer des bouts. Faire que chaque aventure rapproche un peu plus de la première.

L’éclaire. 

L’habille.

L’illumine.

A la manière de Gerber, de son véritable patronyme Abu Abdallah Jabir Ibn Hayyan Ibn Abdallah As-Sufi, cet alchimiste du huitième siècle qui dissémina tout son savoir dans les quelques 3 000 volumes de sa production sans jamais faire la moindre concession. Le moindre résumé. Faire qu’au final, chaque livre se réponde. Constituer le tout vers lequel toutes les autres pièces du puzzle tendent… tendent à leur manière car unique dans leur forme et leur présentation. Faire que chaque histoire se suffise à elle même mais que l’addition de toutes finisse par donner le vertige. Que chacune soit tout en prenant garde que l’ensemble demeure.

S’enorgueillir tout en risquant de se perdre.

S’ouvrir sans jamais se refermer.

 

Avoir la démesure de ses propres ambitions.

 

Se dire que si d’autres y sont parvenus, pourquoi hésiter ?

 

Manquer parfois de modestie.

 

Et surtout, surtout, continuer de rêver…

 

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

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Martin 05/10/2005 14:56

Je ne pense pas que ce soit manquer de modestie. Je dirai plutôt avoir un certain courage, celui de faire ce que d'autres n'osent pas, n'imaginent même pas, mais qui pourraient faire aussi bien.
Mais, c'est surtout "continuer de rèver" qui doit nous motiver. c'est encore grauit, et ca fait de mal ( dans une certaine mesure... ) à personne.
"La créativité est la meilleure drogue du monde ( et la plus saine )", d'après Robin Williams,ancien gros drogué,rachetant par cette reflexion, tout les gros nanars dans lesquels il a pu jouer ( trop d'exemples... )