Y'en aura pour tout le monde 2 (Le retour de la vengeance).

Publié le 14 Février 2007

En attendant l'or. Volume 1.

 

 

 

Souvenez-vous, sur ce blog, le 14 Novembre dernier, je vous annonçais la création d'une nouvelle revue littéraire, En attendant l'or. Eh bien réjouissez-vous. Sonnez clairons, résonnez trompettes, le premier opus sera bientôt disponible (date de sortie annoncée, le 20 Février). Il a pour thème l'Errance et regroupe les textes de jeunes auteurs prometteurs (je dis ça, mais je ne les connais pas, je fais juste confiance).

Bref, si vous voulez en savoir plus:

 

http://www.enattendantlor.com/

 

*

 

Les yeux ouverts.

 

Autre sortie annoncée, le 15 Mars prochain, Didier Torossian publiera son premier livre, "Les yeux ouverts", aux éditions les 400 coups. Un livre atypique. Utile. Plusieurs histoires se croisent. Se répondent. Celle d'un génocide - Arménien - celle d'une famille - la sienne. La diaspora. Marseille. L'exil. Une enfance au milieu des souvenirs. Mais aussi des non-dits parce que, parfois, la parole peut être trop lourde à porter. Les images trop fortes pour garder les yeux fermés.

Bonne chance à toi, Uusu.

 

Pour plus d'informations,

 

http://didier-torossian.com/

 

 

 

Les premières lignes:

 

Gallipoli


Le soldat Smith a chaud, malgré sa chemise débraillée, ce qui pourrait rafraîchir sa peau brûlante, si seulement il y avait du vent.

Du soleil partout, pas un soupçon d'ombre. Il est arrivé il y a trois jours et n'a pas eu le temps, comme ses camarades, d'aller récupérer quoi que ce soit parmi les amas déchiquetés de ferraille, de bois et de pierres, qui l'aiderait à protéger son abri. Un abri en forme de tombe, qu'il a creusé lui-même, à la hâte, pour éviter si c'est possible, de se prendre une balle en pleine tête.


Il a chaud et il attend, sous cet abrutissement de tirs bien trop nourris. Lui ne l'est pas. Il a faim et soif. Sa gourde elle aussi souffre de la chaleur, un liquide brûlant coule dans sa bouche. Une urine sans goût. La baïonnette est emboîtée dans son fusil. Attendre qu'un Turc se jette sur lui. A quelle distance sont-ils d'ailleurs ? Quarante mètres, dix, mille, cent, un ? Peu importe. Il a juste cette sensation nauséabonde qu'à n'importe quel instant, une bête à contre-jour va lui sauter à la gorge et la lui trancher.


Il attend et il écoute. Les salves d'obus qui s'écrasent et explosent. Trois jours, et son instinct lui indique déjà où vont tomber ces saloperies. Peut-être est-ce l'adrénaline qui coule à flot qui le rend si précis. Il voit les canons sans les voir, il entend les obus passer, leur trajectoire mortelle, le lieu de leur explosion.

Un seul objectif, rester suffisamment concentré pour que la prochaine parabole ne s'achève pas trop près de lui. Et quand il sent ça trop proche, il baisse la tête, protection inutile et pourtant si rassurante, car son uniformité fait sa singularité. Pourquoi lui, plutôt qu'un autre finalement ? Optimisme tragique, cynisme rassurant.


Atteindre Constantinople. L'atteindre et couper toute retraite aux Turcs. Ouvrir une voie vers la Russie. Voilà ce qu'on raconte.


Qui sont les méchants déjà ? Il a dix-sept ans. On a entretenu sa haine, on l'a poussé et malgré les larmes de mom , il est parti. Il s'est embarqué, heureux et excité. On lui a appris à tirer, on lui a appris à s'habiller, à manger humide, à boire sec. Puis il a pris le bateau. Avec les autres. Quelques matches de football plus tard, il a quitté le pont, et on l'a débarqué là, sans son ballon.

On lui a montré cette plage exsangue, où le sang qui s'est répandu sur elle a séché sous la poudre.
Une plage trouée, qui lui a percé le c?ur. Les images héroïques et lisses qu'il s'était fabriquées sont restées sur le croiseur. Rien que des orifices sombres, d'où dépassent, tels des excréments vite évacués, un bras, une jambe, un morceau de corps.

Il lève la tête et voit cette falaise. Pas si haute que ça finalement. Mais personne ne l'a encore atteinte, et ça fait des mois que ça dure.


Le soldat Mehmet attend. Il voit le manège des bateaux qui débarquent des flots de soldats mourant sans même avoir atteint le sable.

Son coude est posé sur le canon brûlant. Il ne ressent plus la chaleur, pas plus qu'il n'entend quoi que ce soit. Ses tympans vibrent en permanence, même quand quelques minutes de calme relatif le laissent boire un peu de thé. Et puis il se lève. Il tourne un petit volant sur la gauche, une énorme douille lui tombe aux pieds, il introduit une balle géante, brillante, avec quelque chose en allemand écrit dessus, tourne de nouveau le volant mais vers la droite, et une fois fait, sa main tire sur une chevillette morbide, un obus s'en va exploser.
C'est son travail.


*

 

Et maintenant, le bon plan de tonton JP:

 

Il existe un site dédié au Polar qui organise régulièrement des concours afin de faire gagner des livres à ses visiteurs. Je ne devrais sans doute pas vous le dire pour ne pas tarir la source mais, après tout, on est entre nous, et vous n'êtes pas si nombreux à fréquenter ce lieu. Bref, par curiosité (et aussi par intérêt, je le reconnais), j'ai déjà participé deux fois à ces concours. Et par deux fois j'ai vu arriver chez moi, bien emballés, deux bouquins fraîchement gagnés. Je peux donc vous l'affirmer, ce site fonctionne. Alors pour tous ceux qui voudraient s'approvisionner à moindre coût et surtout ceux qui voudraient découvrir des auteurs qu'ils n'auraient pas forcément acheter sans cela? une seule adresse:

 

http://www.noircommepolar.com/f/index.php

 

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À présent, un message à destination de Syf (les autres peuvent lire aussi):

 

Je suis tombé sur la chronique d'un bouquin qui devrait t'intéresser au plus haut point (enfin, pour être tout à fait exact, d'un auteur qui devrait t'intéresser au plus haut point). Son nom: Arnaldur Indridason. Auteur Islandais (ça y est, tu viens de comprendre le pourquoi du comment), il écrit des polars qui se déroulent sur son île. Entre les montagnes noires, les lacs bleus et les geysers bouillants. Apparemment, c'est assez glauque. Bref, son nouveau roman vient tout juste de sortir et il s'intitule "La voix".

 

 

 

En voici une courte présentation:

Le Père Noël a été assassiné juste avant le goûter d'enfants organisé par le directeur d'un l'hôtel de luxe. Le Père Noël était portier et on tolérait qu'il occupe une petite chambre dans les sous-sols depuis 20 ans, mais la veille on lui avait signifié son renvoi. Et depuis, sur son bel habit rouge pendait un préservatif usagé. Mais il n'avait pas toujours été un vieil homme. Il avait été Gulli, un jeune chanteur prodige. Le commissaire Erlendur s'installe dans une chambre de l'hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique. Traduit de l'islandais. Du même auteur que "La Cité des jarres" (prix Mystère de la critique 2006) et "La Femme en vert".

 

À toi de voir.

 

*

 

Enfin, Monsieur Jenry Camus, de l'association les Amis du Châtillonnais, vient de m'envoyer un cliché réalisé par ses soins du fameux coffret d'Essarois (enfin la copie, parce que l'original est conservé dans les réserves du British Museum comme chacun le sait). Je vous laisse l'admirer et vous souhaite bonheur et prospérité.

 

 

 

Sur ce,

 

Merci et bonsoir.

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

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Commenter cet article

uusulu 20/02/2007 00:14

Merci Zal...
 

JP 20/02/2007 14:50

Pas de quoi mon gars. C'est bien normal.