La trilogie... bientôt la fin !

Publié le 7 Février 2007

Après la sortie, aux éditions Nykta, de "La commission des 25", de nombreux lecteurs m'ont fait part de leur relative frustration. Une fin qui n'en est pas une. Un suspense qui reste en suspend. Bref, il ne me restait plus qu'à me retrousser les manches. En Juillet 2006, "Le coffret d'Essarois" sortait aux éditions du Panier d'Orties (éditeur associatif d'autoédition). Pour des raisons bassement matérielles, cette fois, les aventures d'Émilie et de ses amis se trouvaient à nouveau stoppées en plein élan. Mais ce n'était que pour mieux rebondir. Le troisième et dernier volet, intitulé "La montagne noire", est actuellement chez la maquettiste. La couverture est en cours d'élaboration. Le texte est fin prêt. Cette fois-ci… le dénouement est proche. Ne l'a jamais autant été.

 

A nouveau, nos jeunes amis vont se trouver confrontés à la commission des 25, société secrète chargée de conserver de bien étranges manuscrits. Avec l'aide d'Alphonse Grangrin, bibliophile éclairé, ils vont tenter d'en savoir plus. De percer les mystères de l'Alchimie. Et ils se trouveront, au final, en bien fâcheuse posture.

Bien évidemment, comme vous pouvez vous en douter, des surprises émailleront leurs aventures. Mais la lumière finira par se faire. Et ce qu'elle leur révèlera alors les laissera sans voix…

 

 

En avant-première (mondiale), le premier chapitre de "La montagne noire":

 

Tandis qu'à Clamecy, William attendait qu'Alphonse Grangrin vienne lui ouvrir, à quelques dizaines de kilomètres de là, une voiture fendait la nuit. À son bord, deux hommes et une femme. Les yeux bandés, les mains entravées, émilie ignorait tout de l'endroit où on la conduisait. Juste après l’avoir enlevée, ses ravisseurs l’avaient tout d'abord emmenée dans une maison. Une sorte de ferme, délabrée et isolée, plantée à l'orée d'un bois, non loin d’une cabane de chasse. Là, ils l’avaient longuement interrogée. Le plus petit, bien sûr – celui au visage de fouine qui semblait être le chef – mais également l’autre – cet abominable Angus qui lui faisait tant peur. Ils l'avaient faite entrer dans une pièce où trônaient, entre un tas de gravats et les reliques d'une antique armoire, deux chaises et une table. Là, ils l'avaient forcée à s'asseoir avant de la ligoter. Puis ils l'avaient submergée de questions. Des plus précises aux plus anodines.

Que font vos parents ? Qui sont vos amis ? D’où tenez-vous toutes ses informations à propos de la Commission ? Que savez-vous au juste des manuscrits ? émilie leur avait tout dit – à quoi bon leur cacher quoi que ce soit ? Du reste, et elle s'en était rapidement rendu compte, ils en savaient beaucoup plus sur elle qu'ils ne le prétendaient. Son nom, son prénom, bien entendu, mais également ceux de ses parents et de ses grands-parents. Ainsi que leur adresse, leurs professions et une grande partie de leurs emplois du temps. Par ailleurs, ils semblaient connaître en détail tous ses faits et gestes des dernières quarante-huit heures. Sa relation avec William n'avait plus aucun secret pour eux. Pas plus que ses visites régulières chez Alphonse Grangrin. Alors à quoi bon tenter de leur cacher quoi que ce soit ? Et du reste, en avait-elle seulement la force ? La force et le courage.

Alors elle leur avait parlé. Des manuscrits bien sûr et de ce que son père lui en avait dit – à commencer par la symbolique du rameau d'olivier qui ornait certains d'entre eux et laissait supposer leurs origines orientales. De ce qu'elle connaissait de l'histoire de cette ville ensuite. De ce qu'elle en avait découvert dans les différents livres qu'elle avait trouvés à la bibliothèque. De ce qu'Alphonse Grangrin lui en avait appris. L'histoire des évêques de Bethléem, leur implantation à Clamecy au XIIIéme siècle et les rapports qu'ils avaient entretenus avec les Templiers, mais aussi des Templiers eux-mêmes, ces moines soldats dont on retrouvait la trace jusque dans le nom d'une petite ruelle de la vieille ville, celle-là même qui longeait la collégiale Saint-Martin et dont, chose étrange et remarquable, aucune plaque n'indiquait le patronyme. Elle leur parla également de ces documents, ramenés d'Orient au temps des croisades et que les chevaliers du Temple avaient confiés aux évêques de Bethléem lorsqu'ils s'étaient sus pourchassés par le roi de France.

Puis, peu à peu, les questions s'étaient faites de plus en plus précises. Ces manuscrits, vous les avez vus, qu'en avez-vous compris ? Et votre père, est-il parvenu à les déchiffrer ? Les avez-vous montrés à quelqu'un ? À qui ? Alphonse Grangrin ? Grangrin… émilie aurait tant voulu ne pas le mêler à cette histoire, en tous cas pas plus qu'il ne l'était déjà. Mais ces deux hommes ne lui avaient pas laissé le choix. Et ce, même si jamais, durant tout ce temps, ils n'avaient usé de la moindre violence vis à vis d’elle - mais il faut bien le reconnaître, parfois, les menaces peuvent se montrer beaucoup plus persuasives que n’importe quel coup. Votre père a eu beaucoup de chance, vous le savez, alors faites en sorte qu'il en soit toujours ainsi. Et vos grands-parents, ce sont des personnes âgées, n’est-ce pas ? Un accident est si vite arrivé. Alors le feu des questions avait repris de plus belle. Que vous a dit cet homme ? De quelles preuves dispose-t-il ? Vous les a-t-il montrés ? Tout cela avait duré des heures. Des heures durant lesquelles émilie s'était sentie dépouillée, vidée, fouillée jusqu'au plus profond de son âme. Ils ne l'avaient ni droguée ni agressée et pourtant ils avaient obtenu d'elle tout ce qu'ils désiraient. Tout ce qu'elle était en mesure de leur apprendre.

 

La nuit était tombée depuis longtemps lorsqu’ils avaient repris la route. La voiture s’était engagée sur la route d'Auxerre. Puis, à Coulanges sur Yonne, elle avait bifurqué en direction de Châtel-Censoir, Mailly-la-Ville, la nuit noire à peine troublée par le faisceau des phares. Arrivés à Arcy-sur-Cure, ils s’étaient engagés sur la nationale durant plusieurs minutes avant d'obliquer brutalement en direction de Val Sainte-Marie. Le château de Chastenay était apparu devant eux au détour d'un virage. Il s'agissait d'une de ces grosses bâtisses construites entre le XIIIéme et le XIVéme siècles, flanquée d’une tour carrée et de quelques dépendances hors d’âge. La grille s'était ouverte à leur approche et la voiture s’était engagée dans l'allée. Elle avait ensuite contourné le bâtiment principal avant de s'immobiliser à l'arrière, à quelques pas d'une porte devant laquelle un homme attendait. La portière côté conducteur s'était ouverte et Angus en était sorti, aussitôt imité par ses deux passagers. L'homme qui faisait le pied de grue devant la porte les avait alors salués d'un simple hochement de tête avant de laisser son regard errer sur les courbes de la silhouette féminine. Ils étaient entrés dans le château les uns derrière les autres. Lorsque le dernier fut passé, la porte se referma derrière eux, laissant à l’obscurité et au silence le soin de reprendre possession des lieux.

 

- Faites attention à votre tête, les portes sont basses ici, la prévint l'homme qui marchait devant elle.

émilie reconnut la voix rauque et caverneuse du dénommé Angus. Elle baissa la tête plus que de nécessaire, incapable d'évaluer le danger, aveuglée comme elle l'était. Ils pénétrèrent alors dans une vaste pièce parcourue de courants d’air. émilie n'avait toujours aucune idée de l'endroit où elle se trouvait et encore moins de ce qui l'y attendait.

 

Un vent glacé balaya la pièce.

 

- Attendez ici, je vais prévenir les autres.

Cette fois, elle ne reconnut pas la voix. Elle n'appartenait à aucun des deux hommes qui l'avaient amenée jusque là. Combien étaient-ils ? Et qui étaient ces "autres" dont l'inconnu venait de parler ?

émilie devait se forcer pour parvenir à se concentrer. À recouvrer un tant soi peu de son calme. Tous les sens aux aguets, elle se préparait déjà au pire. Même si elle était convaincue qu'il ne la tuerait pas. Du moins pas maintenant. Sinon à quoi bon avoir pris tous ces risques et la précaution de lui bander les yeux quand une balle dans la tête, au fond d'un bois, aurait amplement suffi ? Alors quoi ? L'interroger ? Encore ? Et pour leur dire quoi ? Elle leur avait déjà tout dit ! Enfin, tout ce qu’elle savait.

Elle n'eut pas le temps de pousser plus avant ses réflexions,

- Mademoiselle Rathery ! tonna une voix dans son dos, comme je suis content de faire votre connaissance !

Avant d’ajouter, sur un ton bienveillant cette fois,

- Angus, ôtez-lui son bandeau, je vous prie.

Puis, s'adressant directement à elle,

- Veuillez les excuser Mademoiselle Rathery mais ces hommes ne sont que des rustres… et je m'aperçois que je manque, moi-même, à tous mes devoirs… Vous devez très certainement mourir de faim après une journée pareille... Les émotions, ça creuse, comme on dit. Angus ! Allez préparer quelque chose à manger à notre invitée. Et profitez-en pour me rapporter quelque chose à boire. Quant à vous, Mademoiselle Rathery, je vous en prie, asseyez-vous et laissez moi me présenter.

 

 *

 Envie d'en savoir plus ? Rendez-vous début Mars (je sais, je suis cruel).

 

Et pour tous ceux qui auraient raté le début, "La commission des 25" et "Le coffret d'Essarois" sont toujours disponibles (ici même, via "contact" tout en bas). N'hésitez surtout pas à les commander (attention toutefois, le stock est limité (mais les frais de port seront offerts). Je suis cruel, d'accord, mais je sais aussi faire preuve de mansuétude).

 

Bien à vous,

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

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