Il était temps mon grand !

Publié le 3 Novembre 2006

Drôle. Libre. Parfois, on découvre l'eau chaude après tout le monde. Et on ose encore le crier "au miracle" sur les toits.

Pathétique.

Pour ma part, je viens de découvrir Philippe Jaenada (http://www.jaenada.com/).

Le chameau sauvage.

 

Prix de Flore 1997.

Presque 10 ans déjà.

Bon, d'un autre côté, le dicton populaire dit "mieux vaut tard que jamais". Et on sait à quel point les dictons populaires peuvent avoir raison. Mais tout de même…

 

L'histoire en quelques mots:

Halvard Sanz est un jeune parisien, traducteur de son état (encore qu'il traduise très peu, mais là n'est pas le propos). Sa vie est terne et sans relief. Mais voilà qu'un jour, il décide de réparer le radiateur de sa salle de bain. Lui qui rate tout s'électrocute. Et cette électrocution ouvre la voie à toutes sortes de péripéties dont un quiproquo qui fait de lui une erreur judiciaire (que c'est dégradant !) et une rencontre fortuite avec une jeune femme dénommée Pollux Lesiak (couverte d'eau, dans la rue, en pleine nuit, un tabouret cassé à la main)… Halvard Sanz reste figé car il est persuadé que cette femme-là est la femme de sa vie. Mais l'idylle n'aura pas même le temps de se commencer que déjà Pollux disparaît. Accablé, Halvard sombre, obnubilé par ce personnage qu'il n'a fait qu'effleurer. Il la voit partout… et est intimement persuadé que la vie lui offrira une seconde chance de la séduire (c'est Oscar, son ange gardien, qui le lui a dit). En attendant, il décide de sombrer dans l'alcoolisme (sans grand succès il est vrai), de se retirer du monde et de changer de vie. Il croise les pas d'une banquière hors du commun (imaginez, elle ferme les yeux sur ces découverts et lui prête même sa voiture pour partir en vacances)… Mais toujours pas de Pollux Lesiak en vue. Et qui est donc cette fille blonde qui s'est réveillée dans son lit ? Et cette autre qui prend une douche dans sa baignoire ? Ou encore cette folle, ramassée dans la rue, qui saccage son appartement (juste en se préparant une soupe) ? On l'aura compris, beaucoup d'ironie dans cette histoire (pour ne pas dire d'absurde (dans le bon sens du terme s'entend)). Et si elle n'est pas toujours gaie, gaie (y'a tout de même quelques morts, il ne faut pas se voiler la face), elle saura au moins vous arracher de bons éclats de rire nerveux. Un vrai bonheur légèrement teinté de noir.

 

L'avis d'Evénement (http://www.evene.fr/) (parce qu'ils parlent de lui bien mieux que moi): "Il va sans dire que Philippe Jaenada entremêle avec brio des thèmes originellement antinomiques : le drame et le rire. Usant inlassablement de l'arme imparable face aux coups du sort qu'est la dérision, il nous révèle un héros grotesque mais émouvant. Ballottés avec le personnage dans une succession de situations grand-guignolesques, nous ne pouvons que rire. Jaenada en use et en abuse sans modération, et finalement ce n'est pas pour nous déplaire. Une chose est sure 'Personne ne peut rien contre le chameau sauvage '."

Ajoutons cependant que Philippe Jaenada possède un art démesuré de la digression qui fait de cette lecture un vrai moment de bonheur euphorique.

 

Extrait:

"En mars, j'ai pris le câble. En mai, j'ai cassé deux assiettes le même jour. En juin, je me suis acheté une paire de jumelles et j'ai essayé d'arrêter de fumer - j'ai tenu trente et une heures. En juillet, Caracas m'a fait une sorte de crise de foie. Fin juillet, je suis allé trois soirs de suite au cinéma. En août, je suis parti passer deux semaines chez mes grands-parents à la montagne. Début septembre, je suis allé voir un match de foot au Parc des Princes. Fin septembre, je me suis fait dévitaliser deux molaires. En octobre, j'ai donné le quinté dans l'ordre. En novembre, j'étais comme mort."

 

Il paraîtrait que ce livre ait été adapté au cinéma sous le titre "A+ Pollux" avec Gad Elmaleh et Cécile de France (en 2001) mais je ne l'ai pas vu.

 

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

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