Pour l'info (et le plaisir de dire)

Publié le 14 Septembre 2006

Culture-littérature-édition, Dépêche AFP diffusée le 08/09/2006.

 

La collection "Petite Nuit" change le regard sur le polar régional (PAPIER D'ANGLE)


ETRIGNY (Saône-et-Loire), 8 sept 2006 (AFP) - A mille lieux de la rentrée littéraire parisienne, Nykta, une petite maison d'édition de Saône-et-Loire, fraye sa voie et connaît le succès avec "Petite Nuit", sa collection dite de "polars régionaux", qui offre une nouvelle approche du genre.

Les polars régionaux, dont l'action s'inscrit dans un lieu qui est souvent mis en valeur, prospèrent depuis quelques années, notamment en Bretagne.

Ils sont prisés par les lecteurs qui apprécient ce qui leur est familier, mais sont souvent mal vus par la critique qui les taxe de "littérature de syndicat d'initiative" ou "sans profondeur".

A la marge de ce marché, Nykta ("nuit" en grec), a lancé en 2001 un concept qui allait faire fureur. "Nous voulions lancer une collection de polars. Notre idée a été de demander aux auteurs de les situer dans un lieu qu'ils connaissent bien et qu'ils doivent décrire de la façon la plus subjective possible", explique Claude-Jean Poignant, auteur et directeur littéraire de la collection, au siège, à Etrigny, de la maison d'édition.
Autre obligation : limiter la production à 55 feuillets, pour se situer entre la longue nouvelle et le roman.
"Nous avions tiré les trois premiers polars à 200 exemplaires. Au bout d'un mois il a fallu faire des retirages", se rappelle France Baron, pilier de Nykta depuis sa naissance en 1994 sous forme associative, initiatrice de son développement comme maison professionnelle.

"Petite Nuit" compte 54 volumes à ce jour concernant la Bourgogne, l'Ain, le Rhône et le Loiret. "Le dormeur du coteau de Corton", "Hôtel d'yeux" ou "T'iras pas cracher sur ma Dombes" sont lus dans toute la France.

"Ces polars à racines, comme nous avons tenté de les baptiser, offrent des univers variés, de l'historique au fantastique en passant par la poésie et l'humour", poursuit France Baron, depuis l'étable qu'elle a aménagée en bureau à Etrigny.

Quelques plumes éprouvées se sont prêtées à l'exercice, comme Jean Libis, Denis Duclos ou François-René Daillie. "J'étais séduit par l'idée. C'était une gageure que de pondre un policier", souligne Jacques Fulgence, l'auteur de "Kir kabyle".

Mais pour 40% des auteurs, il s'agit d'une première publication. Des professeurs, avocats, musiciens ont ainsi tenté leur chance. "Le texte prime, et c'est l'ambition de la maison de sortir de l'ombre des écrivains", explique France Baron.

En moyenne, chaque publication s'écoule actuellement à un millier d'exemplaires, sur commande, dans les salons ou les librairies qu'elle démarche elle-même. "La nuit de la chouette" de Lucette Desvignes a même été distribuée à 2.500 exemplaires. Et depuis trois-quatre ans, Nykta rentre dans ses frais.
La plus grande fierté de la petite équipe est de donner ou redonner le goût de la lecture à certains : "Nous voulons être accessibles et revendiquons l'idée de littérature populaire".

 

Nykta édite aussi des romans, des récits et des nouvelles.

 

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

Repost 0
Commenter cet article