Freaks corporation. La confrontation.

Publié le 23 Juillet 2009

Fanzine Freaks Corporation.

 

 



Achetez-le ou ils tuent le chien.

 

Avertissement avant le début de la lecture de cet "article" : certains propos n'ont pas été censurés. Ils ne sont pas de nature à choquer les âmes sensibles pour autant. En revanche, il en va tout autrement de la photographie mise en illustration (bas de page). Je préfère prévenir au cas où des enfants se seraient égarés, par erreur, sur ce blog. Après ça, vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu.

Bonne lecture.

Et surtout, bonne chance.
 

Tout le monde connait l’expression, "du Morvan, il ne vient ni bon vent, ni bonnes gens ", eh bien voilà une bande d’énergumènes capable de lui donner un tout nouvel éclairage (et des plus malsains qui soit, comme vous pouvez vous en douter) :  la Freaks corporation (prière de prononcer avec l’accent british pour ne pas les heurter dans leurs ambitions internationales).

 

Née en janvier 2009, la toute jeune association Sélénor (basée à Dijon) a déjà accouché de ce bébé fort peu ragoûtant et présenté comme son bras armé littéraire. Un mélange échevelé de Nietzschéens endimanchés et de regatons punks du pire effet qui soit, surtout en société, surtout le dimanche au sortir de l’office (qu’ils ont vite fait de bouder, les vils gredins ! Quand je vous dis que tout se perd, vous ne me croyez jamais…). Des beatniks de l’engeance la plus douteuse donc. Et par conséquent la meilleure. Car, ne boudons pas notre plaisir, chez ces gens-là, Monsieur, on ne dort pas, non, on rêve. Et en technicolor encore ! Avec des barres au-dessus et au-dessous de l’écran pour faire plus vrai (sauf que eux, ils les peignent à la main, leurs barres, sur des morceaux de carton recyclé, avant de les coller au mauvais scotch, à moins qu’il ne s’agisse tout bonnement de whisky frelaté… du genre qui rend les clients aveugles).

 

Alors, dans ces conditions, était-ce vraiment utile de leur laisser la parole ? Qu’importe ! Il est maintenant trop tard pour reculer. Voici donc, en exclusivité mondiale, que dis-je mondiale, interplanétaire, nos brillants échanges :

 


Monde de Matéo (MDM)
: Salut Romain… ou dois-je t’appeler Mr. Freaks ?

Freaks corporation (FC) : Pourquoi pas…


MDM:
Peux-tu, en quelques mots, présenter ton projet (et arrêter de baver sur la moquette par la même occasion, ça m’arrangerait) :
FC: Pardon ! (rires) Freaks Corporation cherche d’abord à promouvoir, à diffuser des jeunes auteurs et des artistes divers. Nous cherchons à rassembler des gens passionnés pour faire vivre ce projet. L’idée est né il y a plusieurs années alors que je traînais encore mes guêtres sur le campus de Dijon en me faisant chier comme un rat mort… Trop de règles et d’académismes pour moi… Là-bas on nous apprenait seulement à penser et à bander mou alors je me suis mis à la recherche de déglingués dans mon genre pour monter la Freaks Corporation et peut être un jour en vivre…



MDM:
Tu es tout à la fois rédacteur en chef de ce projet littéraire, réalisateur de court métrage gore, auteur de nouvelles que je n’oserai qualifier de peur de tomber sous le coup de la censure… et tu te oses te présenter à moi en tant que " glandeur ". N’est-ce pas un peu exagéré?

FC: J’aime beaucoup l’autodérision. En fait, je suis insomniaque et hyper-actif depuis l’enfance (rires). J’ai voulu devenir écrivain à 8 ans quand j’ai lu en douce un conte d’Edgar Poe, je revois encore la tête de ma mère quand je lui ai dit ! Depuis, malgré tous les projets parallèles, les galères et autres, je n’ai jamais décroché de cet objectif… J’ai utilisé le terme " Glandeur " car la plupart des gens et le système voient mal les doux dingues de mon espèce qui préfèrent crever de faim plutôt que de laisser leurs rêves au placard….

Je bosse comme un forcené depuis des années pour leur donner vie. J’y mets toutes mes tripes et tout ce que j’ai ! Mais beaucoup d’ignorants ne peuvent y voir qu’un passe temps ou un hobby et cela me rend encore plus dingue, j’aurais presque envie de les mordre !!! (rires) Je sais à quel point il est dur pour un jeune artiste de percer et de vivre de sa passion, mais comme on dit qui ne tente rien n’a rien… Je suis du genre fonceur et j’aime prendre des risques, alors on verra bien…



MDM:
J’ai lu le numéro pilote du fanzine Freaks corporation (j’ai eu ce privilège pour ne pas dire, cet immense honneur). Pour un numéro pilote, on peut dire qu’il est plutôt complet (c’est bien simple, il ne manque que les recettes de cuisine et le programme télé). Est-ce un éclectisme naturel qui vous pousse à aborder ainsi toutes sortes de sujets ou juste une curiosité débridée que vous peinez à maîtriser ? (je dis " vous " car vous êtes tout de même plusieurs à commettre ce forfait… on pourrait parler d’une association de malfaiteurs):

FC: Nous aimons beaucoup le décalage et la diversité à Freaks Corp. En reprenant les grandes lignes des magazines classiques, nous avons surtout cherché à donner à la revue une dimension ludique, humoristique et satirique (jeux, faux horoscopes, faux faits divers et fausses petites annonces etc.). Pour ce qui est du staff de la revue, nous sommes de plus en plus nombreux c’est vrai (nous recherchons encore des chroniqueurs cinéma), nous avons trouvé un maquettiste pro, un directeur de publication et beaucoup d’artistes commencent à nous envoyer leurs productions (textes et illustrations)… Le numéro 1 s’annonce vraiment bien…



MDM:
Votre démarche est de donner leur chance à de jeunes artistes, auteurs, poètes, BDistes, peintres, photographes, dramaturges, capilliculteurs toxicomanes etc. Tout cela est très louable de votre part mais n’avez-vous pas du mal à trouver des gens disposant d’un véritable talent ? (bon, je rappelle à toutes fins utiles que je vais publier une nouvelle dans le numéro un de ce fanzine, ceci pouvant expliquer le côté quelque peu orienté de ma question) :

FC: Ne m’en parle pas… Le plus difficile est de faire un tri et une sélection dans tous les textes que nous recevons. Nous ne pouvons malheureusement pas publier tout le monde dans la revue et parfois c’est obligatoire par respect pour les lecteurs ! (rires). Notre comité de lecture cherche à être le plus critique possible et le plus impartiale, mais tous les goûts sont dans la nature pas vrai ? Alors nous essayons de faire des choix variés et d’aider les jeunes écrivains au maximum…

En cas de refus, je réponds personnellement aux auteurs pour leur expliquer pourquoi nous ne pouvons pas les publier, cela peut arriver pour des raisons éditoriales (le genre Barbara Cartland nous laisse froid par exemple) ou de qualité (avis aux susceptibles), mais dans l’ensemble nous mettons un point d’honneur à les conseiller dans la mesure de nos capacités et à les orienter vers d’autres revues associatives ou maisons d’édition plus adaptées. Pour tous ceux qui sont " en attente " pour le numéro 2 de janvier 2010, nous proposons un blog consacré aux jeunes auteurs en devenir de la Freaks Corporation. Plus tard nous aimerions aussi sortir des hors série regroupant un large panel de textes de nos lecteurs et des auteurs amateurs. Outre la revue, nous cherchons surtout à partager nos passions et nos rêves avec un public ouvert et diversifié…



MDM: Lors du festival de l’Ecrit de la Fée, à Dijon, votre stand a fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des médias et du public. On a vu de nombreuses stars s’arrêter devant. Repartir. Revenir. Poser des questions. S’interroger. Se dévêtir en parlant des langues étrangères. Parfois même, entrer en lévitation (voire en combustion spontanée). En conservez-vous quelques souvenirs ?
FC: Oui bien sûr… L’association Sélénor est officiellement née le 31 janvier 2009 et ce festival était notre première participation à un événement, un baptême du feu en quelque sorte pour ses membres et ses créateurs.

J’étais pas mal tendu quant à l’accueil réservé à nos productions (surtout notre nanar tourné pour l’occasion et le numéro pilote de la revue fraîchement imprimé) mais tout s’est super bien passé, l’ambiance était très conviviale et chaleureuse. La preuve j’ai même renversé maladroitement une bière sur le stand de Pierre Brulhet sous ton regard amusé pendant une heure creuse ! La loose…

Bref ce festival, c’était surtout l’occasion de rencontrer des gens du milieu, des passionnés et des illuminés en tout genre, de dialoguer avec le public et l’occasion unique de lancer notre revue. Pour tous ces aspects humains, tu peux aller sur le  myspace de l'association Sélénor (Ndt: tous les liens sont en bas de page), nous avons écrit un article plus détaillé sur tout ça et sur les personnalités qui nous ont marquées. 



MDM: Sélénor est le nom de l’association, Freaks celui du fanzine. D’autres enfants sont-ils en gestation ?
FC: Il y a aussi la sœurette Art K’a Dit, une autre division de Sélénor, qui s’occupe d’organiser des expositions de peintres, sculpteurs, photographes etc. Nous avions aussi un pôle musicale Murmur mais nous ne savions pas que c’était un mort né ! Le responsable a démissionné pour raison personnelle avant l’écrit de la fée… Nous nous recentrons donc sur nos deux pôles pour l’instant mais nous espérons créer d’autres départements de Sélénor dans l’avenir avec des gens hyper-motivés…



MDM: J’ai cru entendre parler d’un festival, courant 2010… serais-je, à l’instar de Jeanne d’Arc, condamné à brûler en place publique de Rouen ou puis-je considérer ces voix comme dignes de confiance ?

FC: Si ça peut te rassurer, on n’aura pas de barbecue de pucelle l’année prochaine !

Oui, nous montons un événement d’envergure d’une semaine avec une exposition très originale, des spectacles vivants et un concert… En tant que jeune association nous avons besoin de subventions que nous sommes en train de négocier et l’organisation d’un tel projet demande beaucoup de temps, de travail et d’investissement. Tu me diras on commence à avoir l’habitude ! Nous tiendrons nos partenaires informés de cette démarche via le myspace de Sélénor. Tu es d’ores et déjà invité en tant qu’auteur de la Freaks Corp. Tu pourras avoir une place sur notre stand pour vendre tes bouquins qui soit dit en passant valent vraiment le coup qu’on s’y attarde… (je sais ça fait un peu promo mais je le pense)

MDM: euh, merci (rougissements).


MDM:
La conquête du monde passe par le Morvan a écrit Jules César (à moins qu’il ne s’agisse de Louis de Funés, je les confonds toujours ces deux-là). Qu’en pensez-vous ? (sachant que vous avez parfaitement le droit de ne rien en penser) :
FC: Vu que je suis originaire de là-bas et que je ne suis pas régionaliste, je pense que les gens ne m’en voudront pas… Je citerai juste le dicton que tu connais bien (clin d’œil) " il ne vient du Morvan n’y bons vents, ni bons gens ". Je crois aussi que le monde a bien changé depuis ! (rires)

 


MDM:
S’il fallait décrire la Freaks corporation en trente-deux mots (avec plus ou moins 10 % de marge), quels seraient-ils ?

FC: Littéraire, artistique, surnaturel, fantastique, science-fiction, heroïc-fantasy, thriller, polar, néo-terreur, burtonien, étrange, ténébreux, décalée, culturelle, ludique, monstrueuse, pré-apocalyptique, dadaïste, alternative, psychédélique, dérangé, subliminale, mystique, ésotérique, azimuté, humoristique, rêves et cauchemars, crépusculaire… Stop ! J’en peux plus…



MDM:
Vous avez décidé de laisser aux lecteurs la liberté de fixer eux-mêmes le prix de votre publication. C’est plutôt culotté (et pour le moins inconscient de votre part). Quels premiers retours avez-vous quant au succès de cette démarche ? (pour ma part, j’ai honte de l’avouer mais je me suis contenté de payer le strict minimum syndical de base. Bien évidemment, je me rattraperai dés que possible en vous signant un chèque en blanc… euh, non, en fait, peut-être pas mais le cœur y est ! Promis.).

FC: Oui, c’est vrai on peut croire que c’est de l’inconscience. Mais c’est une démarche concertée, ça nous permet de voir l’intérêt du public pour pouvoir fixer le nombre d’exemplaires et un prix attractif par la suite, car nous aimerions beaucoup vendre en kiosque avec un numéro ISBN. Nous avons un bon retour, nous devons néanmoins écouler un maximum de revues sur les 500 exemplaires imprimés pour financer le numéro suivant prévu pour le 22 octobre 2009 ! Nous en appelons à votre soutien pour pouvoir continuer d’exister, commandez la revue au plus vite, harcelez ceux qui savent comment s’en procurer, dévalisez nos stocks car vous ne serez vraiment pas déçu par le numéro 1 spécial Halloween (plus de nouvelles, de dossiers, de chroniques de l’étrange, des surprises, etc.) et ce que nous vous réservons par la suite si vous nous en laissez l’opportunité…



MDM:
Le mot de la fin (sachant que " cucurbitacée " est déjà pris) ?
FC: rachidien…



Eh bien il ne me reste plus qu’à remercier Romain pour son amicale participation et à lui souhaiter bonne chance, bonne continuation, bons délires et à bientôt de toutes façons. " Rachidien "… un rapport avec l’ancienne garde des sceaux ? Je me demande... Ce garçon est décidément bien étrange… euh, pardon ? J’ai dit ça à haute voix ? Je… oh et puis zut !


 

 

(photo: Romain Billot, rédac' chef de la Freaks Corpo après notre entrevue... ça va mieux)
 


Quant aux les liens utiles, ils sont tous là :

 

Myspace de l’association Sélénor :

http://www.myspace.com/selenorasso 

 

Myspace de la Freaks Corporation :

http://www.myspace.com/freakscorporation


 

Les lieux de vente de cette remarquable publication (qui ne demande qu’à continuer à vivre), ne sont guère nombreux pour l'instant (sur Dijon essentiellement, voir détail sur le myspace de l'association Sélénor pour le détail des adresses). Vous pouvez également commander, toujours via myspace, comptez 5,00 € de frais de port (et ce que vous voudrez pour la publication). Et bien entendu, rien ne vous empêche de proposer de nouveaux lieux, et de faire que cette aventure devienne une vraie success story (je crois que ça les ferait bien marrer de se retrouver à Hollywood, avec Brad Pitt dans le rôle de Mr Freaks)…

Rédigé par JP

Publié dans #Mes interviews décalées...

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Buffaut Grégory 29/08/2009 20:58

Ok. Meuuurci beûûûcoup ! Désolé d'avoir pourri les commentaires, et de continuer d'ailleurs (mais on ne se refait pas) .

JP 30/08/2009 22:25


Pas de problème. J'ai transmis à l'intéressé. Et puis, ça me fait toujours un commentaire... (soupirs)


Buffaut Grégory 20/08/2009 16:41

Salut Romain ! Un petit salut d'un ancien martyr et compagnon de la fac qui, tout comme toi, a souffert de ces enseignements cubiques (plan de commentaire ou de rédaction = 3x3x3) dispensés par des profs coupés du monde.
J'ai pour point commun avec toi de vomir gracieusement sur toute cette pseudo-intellectualité institutionalisée, et espère moi aussi devenir écrivain, principalement en rédigeant des nouvelles d'anticipation, afin de démontrer (et démonter) les travers de notre société si belle et libérale (au point qu'elle permet des horreurs comme Sex Story,ou encense des matières fécales comme Bienvenue chez les Ch'tis, mais bride les jeunes auteurs possédant une véritable créativité). Je suis sincèrement heureux, en lisant ton interview, de voir que je ne suis pas le seul à voir que les jeunes auteurs en France sont bridés ; merci de leur donner un coup de pouce !
 
Allez sur ce, je te dis tchuss en souvenir du bon vieux temps et des quelques soirées sympas que j'ai pu passer avec toi sur Dijon. Si je rédige un jour des écrits s'incorporant sans peine dans la ligne éditoriale de Freaks, je te contacterai sûrement pour que tu me donnes ton avis. Il est toujours mieux, en effet, de faire lire un texte à une personne qui ne va pas te dire "Mais vous n'avez pas fait de plan en 3 parties, ce n'est donc pas bon..."
Allez, bye et à la revoyure peut-être.
 
GREG, vieux compagnon des premières années de fac, boucheur de lavabo à l'occasion (comprenne qui pourra)
 
PS : mon mail au cas où : trashgreg@hotmail.com

JP 22/08/2009 23:23


Salut gars,
Comme tu ne l'as pas compris, je ne suis pas Romain et n'aie que peu de choses à voir avec cet énergumène... Meuh non, l'est ben sympa le gazier et moi itout. Tout ça pour dire que je lui indique
que tu as laissé un message ici-même à son attention. Après ça, à lui de voir...
Bonne continuation à toi en tous cas.
Amitiés,


Sylvie 16/08/2009 13:21

Impeccable. Je cru comprendre que cette belle initiative était proche de dijon. Concernant les jeunes auteurs, je suis depuis 1 ans les barjos du ZOOciologue éditeur*, qui sont également basé en Saone et Loire il me semble!Vive la bourgogne!*http://23ruericharddurn.free.fr/lze/

JP 16/08/2009 23:03


Merci pour l'info. Ne pas hésiter à contacter les Freaks et à se procurer leur numéro zéro (prix libre).

Ps: je suis allé faire un tour chez ces gens (la référence à richard durn me semblait... bizarre). Bon, c'est du bizarre. Pas franchement de bon goût (je leur fais là un beau compliment je pense).
A vous de voir quoi.