La bibliothèque idéale 1

Publié le 8 Mai 2005

Tel le fin gourmet toujours en recherche de victuailles nouvelles à se mettre sous la dent, le lecteur est de la race des insatiables. Même s’il possède, lui aussi, ses recettes favorites et ne renâcle pas à y revenir quand l’envie lui en prend.

 

La bibliothèque idéale (selon moi).

 

Pour obtenir une bonne bibliothèque, rien de mieux que d’y mettre quelques grands classiques (encore faut-il expliciter ce que l’on entend par là). Victor Hugo, bien sûr, " hélas " diront certains. Jules Verne. Edgar Allan Poe. Baudelaire (mention spéciale pour " Une charogne ") ou encore Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont et ses fameux " chants de Maldoror ". Mais cela ne fait pas tout (j’en entends déjà certains crier au scandale, que ceux là se rassurent, la suite ne les décevra pas). Car les grands classiques n’attendent pas forcément le nombre des années pour se révéler.

Voici donc les dix premiers titres que j’adresse à votre sagacité (à noter que cette liste a été rédigée sans volonté d’y mettre un quelconque ordre particulier):

  • " American Psycho " de Bret Easton Ellis. Belle entrée en matière, vous voudrez bien l’avouer. Les longues descriptions vestimentaires aident à mieux supporter les brillantes peintures bouchères. Vanité des hommes et du corps maltraité des femmes. Portrait saisissant d’un monde en proie au libéralisme le plus forcené. Un must en la matière.

  • " Survivant " de Chuck Palahniuk. Comme ceux qui connaissent déjà peuvent le constater, on reste dans la bluette romantique. Un survivant (de qui, de quoi, à vous de le découvrir) se trouve au commande d’un avion de ligne vide de ses passagers avec lequel il compte bien s’écraser au cœur du bush Australien. Le temps du vol, il confit ses dernières impression à la boîte noire de l’appareil.

Extrait : " A force de vivre dans ces maisons, j’avais appris que la meilleure manière d’effacer des traces de sang dans le coffre d’une voiture consiste à ne pas poser de questions. "

  • " Middelsex " de Jeffrey Eugenides. L’histoire, sur trois générations, d’un(e) hermaphrodite Grecque. Dit comme cela, j’en conviens, ce n’est pas très attirant pourtant voilà sans doute l’un des meilleurs livres jamais écrits (et je n’exagère pas).
  • " Leviathan " de Paul Auster. Autant le dire tout de suite, je suis un fan absolu du bonhomme (même si ses dernières productions sont, selon moi, quelque peu en deçà de ce qu’il est capable de faire). Léviathan n’est pas un roman policier bien qu’il en ait parfois la couleur… en fait, c’est un Paul Auster (le meilleur à mon avis) et cela veut tout dire.

  • " Le voyage d’Anna Blume " de Paul Auster. Véritable OVNI dans la production littéraire du plus célèbre des habitants de Brooklyn, ce voyage est une quête, une plongée dans un monde qui n’existe pas et ce ne sont pas les coureurs de l’apocalypse qui me démentiront.
  • " Féroces infirmes. Retour des pays chauds " de Tom Robbins (à ne pas confondre avec Tim). Ecrivain le plus dangereux de sa génération, T. Robbins s’amuse comme un gosse. Imaginez plutôt, un ex-agent de la CIA contraint de marcher sur des échasses suite à la malédiction qu’un Shaman à tête de pyramide lui a lancé en pleine jungle Amazonienne, des sœurs vivant dans un monastère au cœur du désert, de constantes références au " Finnegans Wakes " de James Joyce… autant de bonnes raisons de se perdre dans ce pavé et d’en ressortir le sourire aux lèvres.

  • " Echine " de Philippe Djian. Sur mon " Ardoise " personnelle, ce livre là occupe une place toute particulière.

  • " La chute " d’Albert Camus. Monologue dont il est impossible de se lasser. Finesse du langage, magie des mots. En un mot, indispensable.

  • " America " de T.C. Boyle. Ames sensibles ne pas s’abstenir. Ode au genre humain. Un couple de Mexicains, entrés illégalement aux Etats-Unis, se voient contraints de vivre au pied du mur d’enceinte de l’un de ces quartiers forteresses pour riches privilégiés. Mention spéciale pour la fin… (à lire aussi, du même auteur, " La belle affaire " et " D’amour et d’eau fraîche ").
  • " Le pendule de Foucault " d’Umberto Eco. Mon vœu ? Que les admirateurs de Dan Brown lisent ce livre et se rendent compte de leur erreur…

 

Rédigé par JP

Publié dans #Les incontournables

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Pierre BRULHET 18/07/2009 00:56

Le pendule de Foucault : un livre fondamental....