Une dernière pour la route

Publié le 20 Juillet 2006

Voici venu le temps des vacances. Alors, entre deux ploufs dans (au choix, rayez la mention inutile) la piscine municipale de Belleneuve-la-Gaillarde, une grande bleue passablement saumâtre, la bouée gonflable du petit cousin Irvin inondée et trafiquée pour l'occasion, le baquet de tatie Simone ou, plus traditionnellement, la baignoire sabot du 1er étage, quoi de mieux qu'un peu de lecture ? Pour nos amis ne faisant confiance qu'aux maisons sérieuses nous conseillerons "les cancouéelles de l'étang de Baye" de Richard Adam, publié au Panier d'Orties (pas très loin de San Antonio pour la gouaille, beaucoup de recettes traditionnelles de contrées dont on préfère ne rien savoir quand on voit ce qu'on y mange, une intrigue prétexte et un trio de sorcières Corbigeoises… tout un programme). Autre possibilité, "Le coffret d'Essarois" mais je crois en avoir déjà parlé ici même. Me répèterais-je dans ce cas ? C'est bien possible. J'ai, parfois, ce côté monomaniaque qui m'agace tant chez les autres. Quoi d'autre ? Et que diriez-vous d'une petite nouvelle inédite ? Un de ces petits bonheurs faciles qui donnent au moins l'avantage de pouvoir briller en société… "T'as lu le dernier…", "Mieux, j'ai la nouvelle que personne n'a". Classe. Voici donc la mise en ligne de ma nouvelle primée dans le cadre du concours Gemlire X'Pression, intitulée "le truc", sur le site même de l'association organisatrice: http://www.gemlire.info/  puis "concours de nouvelles", "les gagnants"...

Et pour ceux qui en auraient assez de cette autoglorification honteuse et pour le moins permanente (moi même, parfois, je me dégoûte), je vous recommande de lire le feuilleton de Jean-Bernard Pouy, "les compagnons du veau d'or", où l'on retrouve toute la verve anarcho-libertaire du célèbre créateur du Poulpe.

Ce feuilleton, initialement publié dans la revue "Shangaï Express", se décline en deux épisodes par semaine (les 4 premiers sont déjà en ligne). Adresse d'approvisionnement:

http://www.noircommepolar.com/f/index.php?categ=19

 

 Allez, sur ce, à la vôtre et bonnes baignades ! Gaffe quand même aux coups de soleil… même si vous vous trouvez en Islande ;-)… ou au Mexique (quand je dis que ce blog est international… personne ne me croit et pourtant…).

 

Et pour les autres, une petite historiette de renards (bonus en forme d'hommage aux Satellites, comprenne qui pourra).

 

 

Un plan sans faille.

 

 

Elles étaient toutes là. Des plus grasses aux plus fines. Alignées le long du mur, elles caquetaient en couvant leurs œufs. Le coq, un gallinacé de belle facture aux ergots tranchants comme des lames de rasoir, veillait sur sa basse-cour. Pas un renard n'aurait pu s'y faufiler sans immédiatement risquer d'être éconduit. Les plus valeureux avaient essayé, mais l'escogriffe à crête rouge leur avait appris à courir plus vite qu'ils ne le pensaient. L'affaire était entendue. Cette bête-là était de concours et il valait mieux ne pas la taquiner. C'était pourtant bien ce que nous comptions faire, le goupil et moi. Des jours qu'on devait se contenter de maigres mulots.

Des semaines qu'on avançait le ventre creux.

Des mois qu'on ne s'était pas mis la moindre poulette sous les crocs.

De mon côté, j'avais repéré une roussette qui me faisait diablement saliver. Le goupil, quant à lui, n'avait aucune cible en tête, "Tout est bon à prendre du moment que ça porte plumes !" m'avait-il annoncé.

 

L'attaque était prévue pour le lendemain matin.

 

Nous ne voulions pas tenter notre chance de nuit. Les chiens étaient alors beaucoup trop nombreux et nous redoutions leurs crocs bien plus que les ergots acérés de l'horrible volatile.

- Toi, tu l'occupes pendant que j'attrape tout ce que je peux, me dit le goupil avant d'ajouter, d'un œil complice, je verrai ce que je peux faire pour ta rouquine.

Depuis deux jours, nous observions les allées et venues de la ferme, tapis dans un fossé. L'homme qui vivait là était plutôt grand, de type rougeaud. Exagérément ventru. La femme, quant à elle, était plus petite, plus vieille aussi, de sorte que nous n'avions rien à craindre de ce côté-là.

De temps à autre, des chiens sortaient d'un enclos situé derrière la grange.

- Une meute, m'avait alors appris le Goupil. Sortent que pour la chasse et les rondes de nuit ces bestiaux là. Faut s'en méfier comme de la rage.

J'ignore comment il avait apprit tout cela. Sans doute d'un plus vieux, en son temps, quand il était lui même un jeunot, tout comme moi à présent.

- Vaut mieux les éviter, ces bêtes là nous reniflent à des kilomètres… me dit le goupil avant d'ajouter, fort à propos. Viens, suis moi, le vent tourne et je ne voudrais pas qu'ils nous repèrent avant que l'heure de la soupe ait sonnée.

Nous contournâmes un bosquet. Dans un arbre, situé juste au dessus de nos têtes, une nichée de fauvettes s'alarma de notre présence. Je leur jetais un coup d'œil las. Aucune envie de me fatiguer pour ce genre d'amuse-gueule. Je préférais préserver mes forces pour les jeter dans la bataille. D'autant plus que le goupil avait un plan.

- Toi, tu passes devant. T'es le plus petit, le plus rapide aussi. Quand le coq t'auras repéré, tu devras te mettre à courir. Faut que tu l'entraînes loin des poulettes pour me laisser le temps d'agir. Mais surtout, évite l'étable, les vaches ont le coup de sabot facile. Même chose pour la grange, c'est là que vivent les chiens. Fonce plutôt du côté du jardin.

Un plan sans faille.

 

On avait repéré les lieux. La ferme était des plus classiques. Un corps de bâtiment abritait les humains. Un autre, les bêtes à cornes. Le poulailler était sur le devant. A l'arrière, quelques rangs de carottes, de tomates. Et des monceaux de pommes de terre. Un tas de fumier, par-ci, par-là. Et bien sûr, les habituels cochons baignant dans leur jus.

 

- File du côté des légumes, poursuivit le goupil. Ça me laissera tout le temps nécessaire pour m'occuper des poulettes.

Ce soir là, je m'endormis, l'écume aux babines. Et bien vite, je me mis à rêver. J'avais déjà franchi la grille, m'étais faufilé jusqu'aux clapiers. Les lapins, d'humeur docile, m'avaient regardé passer sans broncher. J'étais à moins de cent mètres de mon objectif. De là où je me trouvais je pouvais voir quelques poulettes occupées à picorer. La silhouette du coq se découpait au dessus d'un tas de fumier. Telle une vigie, il scrutait l'horizon, le regard clair et hostile.

Je rampais jusqu'à un puits.

Derrière moi, je sentais la présence rassurante de goupil. Il me poussait, m'encourageait. C'était ma première mission et je me devais de ne pas le décevoir.

J'étais enfin en place, prêt à m'élancer.

En tournant la tête, je pouvais apercevoir les chiens enfermés dans leur cage. Certains d'entre eux m'avaient déjà reniflés. Ils montraient les crocs, faisaient résonner leurs aboiements. Mais je m'en moquais. Enfermés comme ils l'étaient, ils n'avaient aucune chance de m'attraper.

Restait le coq.

Je m'avançais prudemment à terrain découvert. Seul et offert.

Le coq tourna la tête.

Il m'aperçut.

Impossible de reculer.

D'un bond, il atterrit au bas de son tas de fumier. Ses yeux lançaient des éclairs. Il allait m'attaquer, grattait le sol furieusement.

Un coup d'œil à droite, un coup d'œil à gauche. J'avais le champ libre. Je pouvais m'élancer.

D'un coup de patte, je griffais la terre à mon tour. Mon corps tout entier se tendit. Je n'étais plus que nerfs, muscles et frissons. La course pouvait débuter. Le coq ouvrait à présent un bec à décorner les bœufs. Ses pattes s'agitaient fiévreusement. Il battait des ailes comme un furieux. Un, deux, et c'est parti.

Filant le long du bâtiment abritant les humains, je courais, ventre à terre, en direction du jardin. Derrière moi, les hurlements du coq me vrillaient les oreilles. Il criait, s'agitait et gesticulait. Pas la peine de se retourner pour le savoir. Je l'avais vu faire avec un chien. Virage sec à droite, je le laissais gagner du terrain. Le goupil devait déjà être à l'œuvre. J'entendais les poulettes s'affoler. Ce devait être un véritable massacre. Pas le temps de réfléchir, je sautais une haie, le coq sur les talons. Il allait bientôt me rattraper. J'accélérais à nouveau. Il devenait fou. Aveuglé par la haine, il ne se rendait pas compte de ce qui se passait derrière lui. Les cris qui montaient du poulailler. Les hurlements dans la cage des chiens. La seule chose qu'il voulait, c'était m'attraper. M'attraper et me tordre le cou, me crever les yeux. Mais je ne me laissais pas faire. Je prenais une allée brodée de fanes de carottes. Il m'emboîtait le train. Claquait du bec dans le vide. Manquait me pincer la queue entre deux rangées de pommes de terre. J'accélérais encore mais l'animal était plus puissant que je ne l'avais imaginé. Il gagnait du terrain, virait à la corde, tricotait des pattes comme un véritable champion. Devant moi, un grillage se dressait, maillage serré. J'étais pris au piège. Il fondait sur moi. Je ne pouvais plus lui échapper.

Je ne pouvais plus lui échapper.

- Oh ! Gamin, gamin réveille toi ! Tu vas finir par réveiller toute la ferme.

La gueule de goupil était apparue devant moi.

Ce n'était qu'un rêve.

Un simple rêve.

- Bon, t'es prêt ? me demanda-t-il. On va y aller.

 

Je ne me sentais pas très bien. Ce rêve semblait trop vrai. J'en avais encore les pattes qui tremblaient. Le goupil ouvrait la marche. Il ne semblait pas avoir remarqué mon embarras. Il égrainait ses derniers conseils d'une voix monocorde. Je pouvais voir luire ses crocs ruisselants de bave. Il avait faim. Et il savait qu'il allait manger.

La grande grille était ouverte. Nous nous glissâmes sans bruit dans la cour de la ferme. Le jour était à peine levé.

- Bon, je me poste là, me dit le goupil. A toi de jouer.

Il se terra, s'enfonça et disparut bientôt, me laissant seul. Seul et offert.

Ce n'était qu'un rêve, ce n'était qu'un rêve ne cessais-je de me répéter. En vain. Mon cerveau le savait mais mes pattes, elles, refusaient d'avancer. J'étais à découvert. Trop loin pour avoir une quelconque chance de réussite. Trop prés pour reculer. Je devais absolument me ressaisir.

Derrière moi, j'entendais le goupil s'agiter,

- Mais planque toi donc, tu vas finir par te faire repérer ! chuchotait-il de plus en plus fort.

Je savais tout cela.

Je le savais mais je ne pouvais rien y faire.

La porte de la maison s'ouvrit. L'homme en sortit. Il portait un fusil sur son épaule. Je me mis à trembler. S'il me voyait… s'il me voyait, j'étais fini. Il se dirigeait vers la grange d'un pas lourd et assuré.

Les chiens !

L'homme allait chercher les chiens.

Je me retournais. Seul le dos de goupil apparaissait à présent entre les hautes herbes. Il se tenait prêt à bondir. J'essayais d'attirer son attention, mais il ne me voyait pas. Il ne voyait rien, tout entier qu'il était déjà à son festin.

L'homme s'était arrêté. Il cherchait quelque chose dans sa poche. Il en tira un grand mouchoir où il se pressa d'enfouir son nez. Son de trompettes. Le goupil releva la tête. Il comprit enfin ce qui se passait. Mais trop tard. La femme était sortie à son tour. Elle me désignait du doigt,

- Oh, l'Toine ! R'garde donc là bas, c'est t'y pas un r'nard c'te bestiau là ?!

L'homme suivit des yeux la direction indiquée et, fort logiquement, tomba sur moi.

- Crénomdediou ! articula-t-il en épaulant son arme. J'm'en vais lui faire sa fête à c't'animal !

Je sentais déjà les plombs me perforer, me transpercer de part en part. Même s'il n'avait pas encore tiré. Oublié le coq. Oubliées les poules. Oubliés les chiens.

Oublié le goupil.

Je bondis sur le côté. Une gerbe de plomb me frôla les poils, frappa le sol à l'endroit où je me tenais quelques instants plus tôt.

L'homme réajusta son tir.

Nouveau saut de côté. Je revins à ma place initiale. Une chance sur deux. Les plombs s'égayèrent sans me toucher.

Il devait maintenant recharger.

J'en profitais pour prendre le large. J'étais presque arrivé à la grande grille quand j'entendis la femme crier,

- Lâche les chiens ! Zont besoin d'exercice !

Les chiens. Je traversais la route, filais à travers champs. Je courrais sans me retourner. Goupil ou pas goupil. Chacun sauve sa peau. Je sautais dans un ruisseau, comme il me l'avait enseigné. L'eau efface les odeurs. Je remontais à contre-courant, tous les sens en éveil.

 

Ils étaient là, devant moi.

 

Une bande de canards.

 

En me voyant approcher, ils se mirent à cancaner. Un boucan de tous les diables. Sûr que les chiens allaient rappliquer. Impossible de rester là. Je sautais sur la rive et m'enfonçais dans les bois à la recherche d'un terrier où me cacher. Derrière moi, je sentais la meute, toute proche, s'avancer. Elle se faisait de plus en plus menaçante. Je filais entre les troncs d'arbres arrachés par les dernières tempêtes et les racines mises à nues par un été caniculaire. La terre, soulevée par ma course, formait un derrière moi épais nuage gris. Même un aveugle aurait pu me retrouver. Un coup de feu claqua. Une gerbe s'éleva à quelques mètres de moi. Ils étaient à nouveau sur ma piste. Prêts à me sacrifier. Je virais à angle droit, bien décidé à sauver ma peau. Je ne voulais pas finir en trophée. Exposé, empaillé, sur un quelconque manteau de cheminée. Mes pattes s'agitaient en cadence, mues par mon seul instinct de survie.

C'est alors que je l'ai aperçu.

Un trou, pas très grand, creusé à même le sol. Sans doute par un lièvre. Ou un autre renard. Pas le temps de réfléchir, je m'y enfonçais. La terre était sèche, manquait s'effondrer à mon passage. Un museau puis deux puis trois se matérialisèrent bientôt à l'entrée du terrier. Les jappements résonnaient dans mon étroit réduit mais les crocs, eux, ne m'atteignaient pas. Je voyais les gueules se refermer dans le vide. Claquer devant moi. Je me tassais, me terrais, m'isolais. Fallait-il que ces canards m'aient donné ! Que ce coq m'ait pourchassé - même en rêves ! Que ces poules nous aient échappées.

Je songeais alors à goupil. Qu'était-il devenu ? Avait-il réussi à se sauver ?

Mon pauvre compagnon. Nous avions partagé tant choses ensemble. Pourquoi ne nous étions-nous pas contenté de nos maigres mulots ? Pourquoi avions-nous tant voulu manger de la poulette ? Maudites soient ces gallinacés !

Mais ventre bleu, que se passe-t-il ? marmonnais-je entre mes crocs. Les chiens s'étaient écartés et je voyais à présent les bottes de l'hommes à l'orée de mon trou. Il s'était posté là, attendant que je sorte. Mais que faisait-il à présent ? Il s'agenouillait, se penchait en avant. Il allait épauler son arme, m'abattre à bout portant. Je n'avais aucune chance de m'en sortir. A moins que… à moins que… Le tout pour le tout. Je me retournais, grattais la terre furieusement, de sorte de l'aveugler. Il avait déjà entré le canon de son fusil, allait bientôt tirer. La place était de plus en plus réduite. Tant pis, je fonce. Le coup de feu claqua derrière moi. J'avais surgi du trou comme un beau diable, donné un coup de griffes rageur et repris ma course sans m'arrêter. Derrière moi, j'entendais l'homme hurler - mon coup semble-t-il avait porté, je l'avais atteint au visage. Les chiens, surpris par ma réaction tout autant que par la détonation, ne s'étaient pas encore élancés à ma poursuite. J'avais une chance de leur échapper. Maigre, certes, mais bien réelle. J'accélérais à nouveau, jetais mes dernières forces dans la bataille.

 

Sans m'en rendre compte, j'étais revenu à mon point de départ. La ferme s'élevait à nouveau devant moi. De là où je me trouvais, je pouvais entendre les cris de la vieille femme.

Je m'arrêtais un instant, le temps de reprendre mon souffle et de voir de quoi il en retournait.

Des nuages de plumes s'élevaient du poulailler. Des caquètements de terreur les accompagnaient. J'aperçus enfin la femme qui brandissait un manche à balai, pourchassait une boule rousse qui se moquait d'elle et de ses attaques.

Goupil !

Mais où donc était passé le coq ?

Je ne le voyais pas. Mon vieux maître avait-il eu raison de lui ? S'en était-il débarrassé avant d'entamer son repas ?

Pas le temps de m'appesantir. Les hurlements avaient repris de plus belle derrière moi. Les chiens étaient comme fous et l'homme au visage ensanglanté tirait à présent sur tout ce qui bougeait. Des volées de plomb me frôlèrent, abattirent un geais qui passait par là, levèrent un faisan et toute sa famille. Pas un animal, qu'il soit à plumes ou à poils n'était à l'abri. Je vis goupil relever le museau. Il avait ma poulette rousse entre ses crocs, ne semblait pas y avoir touché. Je m'élançais, comme nous l'avions prévu. Une ultime diversion et le tour serait joué.

L'homme sortit du bois, lâcha une dernière salve de plomb dans ma direction mais j'avais à présent compris comment leur échapper. Je bondissais à droite, sautais à gauche tout en continuant de courir droit devant. L'homme rappela ses chiens, porta la main à sa joue.

 

Comme convenu, le goupil m'avait rejoint en passant sous le grillage du jardin. Je voyais à son air joyeux qu'il avait fait bombance. Son ventre était prêt à éclater. Sur son dos, les traces du coq formaient d'étranges dessins. Par endroits, il avait été blessé jusqu'au sang.

Il déposa la poulette à mes pattes, me flatta la tête d'une tape amicale.

- Bien joué petit ! m'asséna-t-il avant d'ajouter. La prochaine fois, c'est toi qui mène la chasse.

Je lui adressais un clin d'œil. J'avais déjà ma petite idée sur l'identité de nos victimes. Il se trouvait en effet en ces bois, une bande de canards avec qui j'avais des comptes à régler.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

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