Olivier Pilarczyk. Nirvana.

Publié le 22 Juin 2009




En septembre 2008, Olivier Pilarczyk sortait " Nirvana / Drain You " aux éditions Le mot et le reste, l’occasion pour lui de revisiter sa jeunesse et de brosser un portrait au vitriol d’une génération désabusée avant même d’avoir vécu. Olivier a bien voulu répondre à mes questions, qu’il en soit ici remercié. Son écriture est à l’image de la musique qu’il écoute, vive et sans concession. Bref, un livre à se procurer d’urgence, ne serait-ce que parce qu’il entre en résonnance avec la vie, l’espoir, le désespoir, l’affliction et toutes ces petites manies qui font de nous ce que nous sommes.

Ou pas.

 

   

Monde de Matéo (MDM) : Olivier, ton roman, si l’on en croit les impératifs de la collection SOLO, se veut autobiographique. Peux-tu m’expliquer pourquoi, dans ce cas, ton " héros " se prénomme Charlie ?

Olivier Pilarczyk (OP) : Mon récit n'est pas strictement autobiographique, il contient une part de fiction, c'est pourquoi j'ai eu recours à un alter ego. Quand j'écrivais de la poésie, à l'époque de Nevermind, j'avais crée ce personnage. Il m'a accompagné un moment. Je l'ai un peu dépoussiéré pour l’occasion.



MDM : Tu dis qu’à " 7 ans on est mal barré ", le penses-tu vraiment ? Encore ? Toujours ? Irrémédiablement ?

OP : En ce qui me concerne, oui. L'enfance est un âge entièrement soumis aux parents et à leurs valeurs. Difficile d'en sortir indemne.



MDM : À un autre moment, tu écris (du moins, ton personnage écrit) une chronique de l’album de Nirvana, Nevermind. Tu achèves ce passage en disant (en lui faisant dire) : " Je relirai ça dans quinze ans. Si ça me fait toujours rire, c’est que je ne suis pas devenu un vieux con. " Si on en croit le 4ème de couv’, tu as aujourd’hui 37 ans. Alors, ça te fait toujours marrer ou bien ?

OP : J'ai triché. Cette chronique, je l'ai écrite bien plus tard, et le délai de 15 ans court toujours ! Mais, oui, ça me fait marrer. Je n’aime pas les trucs sacrés, et je pense qu’il ne faut pas trop se prendre au sérieux, surtout en tant que fan.



MDM : Ton livre est sorti l’an dernier, tu as donc plus de recul que ta jeune camarade précédemment interviewée Annie Maisonneuve… quels retours ? Quels énervements ? Quelles raisons de plastronner en société ? Quels contacts intéressants (hormis celui-ci qui devrait changer ta vie et ta façon d’appréhender le monde) ?

OP : Les retours viennent très largement d'Internet et de la blogosphère. Des gens qui ont fait l'effort de découvrir le livre, et on envie d'en parler. C'est très flatteur. Ça m'encourage à poursuivre. Pour le reste, je suis un auteur inconnu, je n’attends donc pas de miracle. Le fait d’être publié est déjà une satisfaction.



MDM : Ton livre étant accès musique et rebelle attitude (djeunes quoi), peux-tu nous citer, sans réfléchir, comme ça, au débotté, un album incontournable (pas forcément Nevermind, tu as vieilli, ça peut avoir changé), un livre indispensable et au-delà, ton groupe culte, ton auteur fétiche voire, soyons fous, la marque de tes pâtes aux œufs favorites ?

OP : Alors, dans l'ordre, Down de Jesus Lizard, Martin Eden de Jack London, Les Savy Fav, Bukowski, pour la dernière, je ne peux pas répondre, c'est trop intime.

 


MDM
 : Tu es Nordiste. Je n’ai pas vu " Bienvenue chez les Ch’tis " (on doit être une dizaine dans ce cas en France). Que dirais-tu pour me donner envie de venir faire du ski sur les terrils ? (sachant que je n’ai jamais fait de ski non plus) Comptes-tu sortir une version ch’ti de ton livre (traduction destinée à ton capilliculteur et ses rougeauds clients) ?

OP : C'est dur à dire, mais je ne l'ai pas vu non plus ce film ! Pour les terrils, je dirais que c'est le meilleur moyen de descendre une piste vraiment noire sans risquer de se tuer. Quant au ch'ti... je préfère l'espagnol. C'est une très belle langue.



MDM : En parlant de capilliculture, portes-tu toujours la brosse américaine ?

OP : Mon dieu, non !



MDM : Nous sommes sensiblement du même âge. J’étais moi-même en fac quand Kurt Cobain est mort. Comme ceux qui ont vécu l’assassinat de JF Kennedy, je me souviens parfaitement où j’étais et ce que je faisais lorsque je l’ai appris. Et toi ?

OP : J'étais à l'armée. À l’époque il y avait encore ce truc appelé service militaire. J’ai appris la nouvelle en rentrant d’un exercice qui avait duré plusieurs jours. Bref, je l’ai su après tout le monde…


MDM : Quelle est ta théorie à ce sujet ? Suicide ? Meurtre ? Complot ? Courtney Love est-elle impliquée ? Attention, tout ce que tu diras pourra faire l’objet d’un procès en diffamation (et je me désolidariserai automatiquement en cas de polémique, faut pas exagérer non plus).

OP : Suicide, sans aucun doute.



MDM : Kurt Cobain est mort à l’âge de 27 ans. Tout comme Jimi Hendrix. Jim Morrison. Brian Jones. Janis Joplin. Jean-Michel Basquiat. Kristen Pfaff (du groupe Hole, dont Courtney Love était, soit dit en passant, leader). Coïncidences selon toi ?

OP : Ils avaient peut-être tous le même dealer ? Je ne suis pas du tout branché malédiction, donc je ne vais pas pouvoir t’aider.



MDM : Dave Grolh poursuit une carrière musicale (après avoir été batteur de Nirvana il est aujourd’hui chanteur/guitariste des Foo Fighters et participe à des projets aussi variés et sonores que ceux des Queens of the stone age, de Probot (avec Lemmy de Motörhead et King Diamond de Mercyful Fate) ou encore des Killing Joke). Krist Novoselic, quant à lui, a embrassé la carrière politique. Selon toi, que serait devenu Kurt Cobain s’il n’était pas mort ? (et oui, je suis capable de pondre des questions stupides. Tu n’es pas obligé d’y répondre).

OP : Il aurait étranglé Dave Grohl, épousé PJ Harvey, vendu son image à Burger King, avant de disparaître dans le bush australien. Bref, il serait mort quand même.



MDM : Tu abordes, dans ton livre, plusieurs sujets de réflexion qui me semblent particulièrement pertinents pour ne pas dire essentiels. L’un d’eux, notamment, a attiré mon attention. Peux-tu, en quelques mots, développer celui-ci : " le cannibalisme d’Hannibal Lecter est-il un humanisme ? " (page 30).

OP : Ça fait dix huit ans que je planche sur le sujet, et je n'ai toujours pas la réponse. Bon, bien sûr, s'il s’agit de manger un sportif, ou un directeur marketing, j'aurais tendance à penser que oui, mais bon...



MDM : D’autres projets, un changement radical de vie voire, folie suprême, un nouveau livre en préparation ?

OP : Projet musical, je joue dans un groupe et nous enregistrons une démo, et puis effectivement, je travaille sur un roman.



MDM : Et à présent, pour terminer en apothéose, quelques questions rapides appelant des réponses pouvant être succinctes (ou développées, c’est au choix, à toi de décider) :

Dernier livre dévoré :

OP : Je suis sur plusieurs bouquins en même temps : " À la guerre " de Paul Fussel, pour comprendre comment on accepte de participer à un carnage tel qu’une guerre mondiale, " Dans ma maison sous terre " de Chloé Delaume, que je soupçonne d’avoir une intelligence supérieure. Et puis il y a " Les frères Karamasov " que je pense achever en 2032, si le temps le permet, et le dernier " Millenium " que j’abandonne, car trop fade et trop mal écrit.

MDM : Dernier disque écouté :

OP : Le dernier disque ça doit être Regatta de Blanc de Police ou House Of The Holy de Led Zep, ou Pink Flag de Wire. Ou peut- être bien Era Vulgaris de Queens Of The Stone Age. Oui, je sais, je triche.

MDM : Dernière chanson appréciée :

OP : Dernière chanson appréciée, heu… un truc de Duran Duran je pense !

MDM : Dernier concert assisté :

OP : Et pour le concert, c’est Men Without Pants + Sunn O))) + Jesus Lizard à la Villette, sauf que j’ai dû partir avant la fin et que j’ai raté David Yow !!.



MDM : Voilà, j’espère n’avoir pas trop empiété sur ton temps et si l’on ne devait retenir qu’un seul mot à propos de cet échange, quel serait-il selon toi ?

OP : Capilliculture. J’adore Desproges.

 

Cette dernière confession rend l’homme d’autant plus sympathique qu’il a bon goût. Un auteur (et une œuvre en devenir) à découvrir en somme…

 

 

Site de l’éditeur, page consacrée au livre : http://atheles.org/lemotetlereste/solo/nirvana/

 

  
Myspace d’Olivier Pilarczyk :  http://www.myspace.com/nirvanadrainyou

 

 

 

Titre : Nirvana / Drain You

Auteur : Olivier Pilarczyk

Editeur : Le mot et le reste

Prix : 7.00 €

 

 

Et puis, comme je suis un mec sympa (mais alors vraiment vraiment très sympa), je vous mets ça pour terminer (sans oublier, bien évidemment, la spéciale dédicace to Mr Pilarczyk).



Rédigé par JP

Publié dans #Mes interviews décalées...

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