Annie Maisonneuve. The Cure / Let's go to bed.

Publié le 11 Juin 2009



 

Il y a quelque temps, l’année dernière je crois, j’ai chroniqué, ici même, le livre d’Olivier Pilarczyk intitulé " Nirvana / Drain on " sorti aux éditions Le mot et le reste, dans la collection Solo telle que présentée ci-dessous par l’éditeur himself :

 


" SOLO croise la littérature et la musique, le temps d’un texte court. D’une seule voix, un auteur décrit les émotions suscitées par l’écoute d’un 45 tours, d’un album, ou ressenties lors d’un concert. Cela peut être aussi le saisissement qui l’a pris à la vue d’une couverture de disque. Tous ces éléments pour dire combien ce moment singulier s’inscrit dans une rencontre fondatrice avec la musique qui peut bouleverser toute une vie. "

 


Or, une fois n’est pas coutume, cet éditeur a non seulement passé l’hiver (alors que tant d’autres sont tombés autour de lui), mais il continue de publier. Et voilà que je tombe sur " The Cure / Let’s go to bed " d’une certaine Annie Maisonneuve (dont on nous dit que c’est le premier livre). Bien évidemment, je me saisis de l’objet, le tourne et le retourne et finis même par l’ouvrir. Une écriture vive et sincère. Un monde qui fout le blues et crêpe les cheveux qu’on portait auparavant en chignon. Voilà une expérience telle que je les aime. Après des aventures dignes des meilleurs récits de cape et d’épée (et l’intrusion d’un cheval que je ne m’explique toujours pas), je suis parvenu à entrer en contact avec l’auteur (sacré réseau mondial ! eh oui, on est potes myspace… pourquoi ? Pas vous ?).

 


Et voici, en quelques mots, ses réponses à mes questions.


Monde de Matéo (MDM) : Bonjour, si on en croit la couverture de ton livre, tu t’appelles Annie Maisonneuve. Tu es trentenaire (restons vague, soyons galant) et " The Cure / Let’s go to bed " est ton premier livre (je passe sous silence le fait que tu sois enseignante, nos lecteurs n’ont pas besoin de tout savoir). Peux-tu nous dire quelles sont tes références/influences ? Littéraires. Musicales (hors Robert " corbeau noir " Smith et sa bande de joyeux lurons bien entendu) :

Annie Maisonneuve (AM) : Au départ était Zozo la tornade. Mais paraît que ça fait pas sérieux. Alors, après il y a eu Sartre. Et puis dernièrement Chloé Delaume. Entre deux, il y a eu Daniel Pennac (un autre cancre), Annie Ernaux (une autre Annie) et Amélie Nothomb (pour la stupeur, les tremblements et l’hygiène). Et puis aussi Francis Ricard, un poète qui " déterre les mots " qui peuvent " vous sauter à la gueule ".

Question musique. Tout a commencé avec Claude François. Mais pareil, il paraît que ça fait pas sérieux. Hormis Robert. Y’a des punks. Comme Rancid. Y’a des femmes comme Cat power, Scoutt Niblett ou Jeanne Cherhal. Y’a aussi les Red Hot ou Didier Super. Ou encore les Beatles.  
En ce moment, c’est Future of the left.

MDM : Pour en revenir à un sujet qui n’a rien à voir, tu enseignes quoi ? Et à qui ? (je ne te demande pas où comme tu peux le remarquer) :

AM : Je suis enseignante documentaliste. Je hante donc un CDI. J’initie les élèves (des collégiens actuellement) aux techniques documentaires et je rêve secrètement de provoquer LA rencontre avec le livre. Celle dont ils ne ressortiront pas indemnes.


MDM : Que pensent tes élèves de ton coming-out (tu avoues quand même avoir été plus que cancre dans ta jeunesse, ça fait désordre) :
AM : Mon coming-out ? lequel ? Bon, j’avoue. Mes élèves n’en savent rien. Non pas parce que cela ferait désordre mais plutôt par pudeur.


MDM : La collection Solo, des éditions Le mot et le Reste, s’appuie sur les émotions ressenties par un auteur à, je cite, " l’écoute d’un 45 tours, d’un album, ou ressenties lors d’un concert […] Tous ces éléments pour dire combien ce moment singulier s’inscrit dans une rencontre fondatrice avec la musique qui peut bouleverser toute une vie ". Peux-tu nous dire quand l’idée de ce livre est née ? As-tu écrit en fonction de cette " commande " particulière ou le livre existait-il déjà (ce qui tombait plutôt bien il faut le reconnaître) ?

AM : J’ai découvert les éditions Le Mot et le Reste car je connais Olivier Pilarczyk, auteur d’un solo sur Nirvana.

J’ai attendu plusieurs mois avant d’écrire ce livre. Au départ, je ne pensais pas l’écrire d’ailleurs. Et puis, l’été dernier, je m’y suis collée.


MDM : On dit que les premiers romans sont le plus souvent autobiographiques. Compte-tenu des impératifs de la collection, c’est bien évidemment le cas ici. Quelle impression ça fait de se livrer ainsi à des inconnus ? (en tout bien tout honneur, je précise) :

AM : Pendant toute la phase d’écriture, je n’ai jamais pensé à ça. Et même maintenant cela reste irréel pour moi. Sauf quand il y a des retours, mais ça c’est une autre question !


MDM : Est-ce vraiment (et totalement) autobiographique ?

AM : Peut-être que le terme à la mode " d’auto fiction " est plus approprié ? Dans les grandes lignes, c’est autobiographique. Dans les détails, il y a quelques arrangements avec la réalité. Le filtre du ressenti ne me rend pas toujours très objective. Mais peut-être qu’en étant subjective, je touche du doigt une autre réalité ?

Pffffffff, ça devient compliqué !

 


MDM : Comptes-tu passer à la fiction ? Des projets en préparation ?

AM : Pour l’instant, je reste dans cette démarche d’auto fiction. Je voudrais travailler davantage sur l’écriture en elle-même. Jouer sur les frontières. Mélanger les écrits. Les supports. Faire des collages. Et travailler à atteindre une sincérité qui passerait par la forme, que cela relève davantage des sens que de la narration.

Et pour répondre à la 2e question : je viens de terminer un manuscrit qui se trouve encore dans mon tiroir.


MDM : Ton style est très agréable à lire. Phrases courtes, percutantes. Succession logique des idées et des événements. Maîtrise de l’ellipse. En te lisant, on a presque l’impression d’être une adolescente, au milieu des années 80. Tiens, justement, en parlant des années 80, j’étais moi-même ado à cette époque-là et, bizarrement, je suis passé à côté du phénomène Cure. Quel album me conseillerais-tu afin de combler ce manque évident ? Que penses-tu de Robert aujourd’hui (cette manie de continuer à se maquiller malgré le poids des ans (sans mauvais jeu de mots de ma part)) ? Les écoutes-tu toujours autant ? Et si oui, te plongent-ils encore dans cette sorte de torpeur ouatée que tu décris dans ton livre ou n’en tires-tu plus que de la nostalgie ? (je sais, la question est longue et à tiroirs, tu peux donc la relire avant de répondre) :

AM : Boys don’t cry. Kiss me kiss me kiss me ou Disintegration.

En complément le petit dernier, 4 :13 Dream auquel on reproche d’être encore du Cure ou de ne plus en être justement !!!

Au rayon DVD, le live in Glasgow. Avec ses bonus dévoilant un Robert sans tenue " corbeau noir ".

Ce que je pense de Robert aujourd’hui ? Ben, c’est plus le petit Robert des débuts. Mais moi, je l’aime toujours ! Dans sa voix, dans ses gestes. C’est toujours le même bonhomme, le même univers. Onirique et poétique. Pour le maquillage, franchement, il y a des femmes bien plus moches que lui.

Les écoutes-tu toujours autant ? Non. Mais je réponds quand même : oui c’est de la nostalgie.

Ceci-dit, avec le dernier album, je suis contente de rencontrer un Robert de la maturité.

Mais cela ne change rien au fait que tant que Robert chante, j’ai quinze ans.


MDM : Quels retours as-tu ?

AM : Mes lecteurs curistes semblent apprécier l’esprit du livre. Les autres aiment le retour à l’adolescence. D’autres encore sont sensibles à l’humour. Je suis toujours impressionnée par ce que mes lecteurs retirent de ce livre, et vraiment contente aussi quand ils ont passé un bon moment.


MDM : En une phrase, dis-nous pourquoi il faut acheter ton livre ?

AM : Parce que mon style est très agréable à lire. Phrases courtes, percutantes. Succession logique des idées et des événements. Maîtrise de l’ellipse. Et aussi, un peu, parce qu’il est vert.

MDM : Question subsidiaire (dont la réponse n’intéressera que moi) : quand je t’ai contacté, tu m’as dit déjà connaître ce blog… sans déconner ?

AM : Sans déc ! J’y suis arrivée par ta chronique de Nirvana / Drain you.

MDM : Forcément… Bon, eh bien, merci à toi (là, je soliloque), belle preuve de sincérité (j’ai cru discerner un rien d’ironie dans tes réponses (surtout l’avant-dernière)). Je dirai donc, s’il ne faut retenir qu’une seule chose à propos de ce livre : il est vert (bien que déjà mûr). Je vous laisse réfléchir là-dessus et moi, je vais me coucher. Fatigué pépère.

 


Quant aux liens indispensables, je vous laisse le soin de cliquer vous-même dessus :

 


L’éditeur :

http://atheles.org/lemotetlereste/    

 

Le myspace de l’auteur :

http://www.myspace.com/anymaisonneuve

 

 

Titre : " The Cure / Let’s go to bed ".

Auteur : Annie Maisonneuve.

Editeur : Le mot et le reste.

Prix : 7.00 €

 

Rédigé par JP

Publié dans #Mes interviews décalées...

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