Black Mamba m'a (presque) déçu.

Publié le 9 Juin 2009




Tiens, une fois n’est pas coutume, je vais critiquer. Ça ne te dérange pas au moins ? (eh oui, on se tutoie, ça aussi, c’est nouveau). Bref, je viens de m’acheter un numéro de la revue (rectification, de l’excellente revue) Black Mamba, tu sais, celle dédiée aux pulps littéraires (le numéro 12 en l’occurrence, pour plus d’informations, va voir le lien en fin d’article). Et là… disons que ça tombe sur lui, ça aurait pu tomber sur n’importe qui d’autres mais là, franchement, je ne sais pas pourquoi… disons simplement que la coupe est pleine et que la cruche, à force tomber à l’eau, a fini par se briser. Je m’explique. J’en ai marre des phrases introductives du type " Les éclairs posaient leurs déchirures incandescentes sur le lassis insondable d’un ciel en deuil. " Désolé mais j’avais prévenu, c’est du saignant. D’autant que la phrase suivante de la nouvelle en question ne vaut guère mieux que la précédente : " Sous un linceul de ténèbres, les éléments en furie grondaient un cantique aux accents barbares. " Et la troisième, " Le vent lacérait sa colère aux cimes des montagnes lointaines, que l’on devinait, noyées dans un océan de noirceur. " Putain ! (eh oui, je suis grossier, EN PLUS). C’est vrai quoi, je comprends le besoin irrépressible de bien faire. Je peux même pardonner l’emphase. Mais là. Le vent lacérait sa colère aux cimes des montagnes lointaines… un cantique aux accents barbares ! Pitié ! N’en jetez plus (lui, je le vouvoie). C’est beau comme du Guillaume Musso (ouais, je sais, je suis violent moi aussi, mais il faut dire que je suis énervé). En plus ça ne se fait pas de critiquer les petits copains. Ceux qui ont mieux réussi que soi (encore que, ça reste à prouver). Ça sent le frustré à plein nez. Limite si je ne fais pas ma Wrath. Tant pis, j’assume. Pis, je revendique. Je clame haut et fort. Je hurle et conspue. Vilipende à gorge déployée. AHHHHHHHHHHHHHHHHHH.

Bon, je calme.

Après tout, ce n’est pas si grave que ça. Y’a la crise mondiale. Et ce ne sont que quelques phrases. Des phrases ? Oui. Mais des phrases amies.

Voyez, moi aussi je peux être nul.

Des fois.

Souvent, d’accord.

Et recommencer dans la foulée à vous vouvoyer. Voussoyer. Je ne sais jamais. Je pourrais vérifier. Mais je ne le fais pas. Fainéant que je suis !

Ou en étais-je ?

Ah oui, les montagnes barbares qui hurlent leur furie dans un linceul de ténèbres. Non mais franchement. Est-ce bien sérieux ?

Un truc, quand je choisis un bouquin d’un auteur que je ne connais pas. La première phrase et quelques unes, piochées au hasard. Si par malheur je tombe sur ce genre de trucs, c’est rédhibitoire. Le bouquin reste là où il est. Sauf que là j’avais confiance. Black Mamba. Je ne me suis pas méfié. Ça m’apprendra.

 

Et le pire, vous voulez que je vous dise ? C’est que je l’ai lu, cette nouvelle. Et passé ces quelques phrases alambiquées (y’en a d’autres, je vous les épargne, je ne suis pas sadique non plus), ben il est pas mal, ce texte.

 

Et puis je suis passé au suivant, et là j’ai lu : " J’ai trouvé le cadavre dans mon jardin. C’était ce matin, comme s’il avait été balancé du train. Je ne vois pas comment il aurait atterri là autrement d’ailleurs. "

Eh ben voilà !

J’étais réconcilié.

Calmé.


Mais me refaites plus jamais ce coup-là hein !

 

 

 

Site de l'excellente pulp revue Black Mamba: 

http://www.blackmamba.fr/

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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