Caca nerveux

Publié le 7 Juillet 2006

Dialogue:

Vous: Bon, on ne va pas se mentir. Maintenant qu'on se connaît, on va aller droit au but. Ton truc, là. C'est de la merde. Si si. Comme je te le dis. Pourquoi tu te casses le cul à écrire tes conneries ? Tu sais pourtant bien que personne ne les lit. Et quand je dis personne… je suis sympa.

Moi: beuh….

Vous: Ecoute mon gars. Tu sais ce qu'il a dit, le boss de chez Albin Michel ? Qu'il y a trop de petits éditeurs. Qu'à force, ils encombrent les rayonnages des librairies. Faut le comprendre le gonz, normal qu'il ait les boules. Suis mon raisonnement. Avec tes machins, là, tes bouquins comme tu les appelles… les tiens mais aussi ceux des gens comme toi, hein, j'fais pas d'différence… eh ben, il a plus de place pour caser ses best-sellers. Va falloir qu'y revende sa Lotus Esprit Turbo III pour pouvoir finir de payer les traites de sa villa au Paraguay. Pas facile la vie d'éditeur, surtout avec le boulot que ça demande. T'imagines pas ce que ça coûte en nègres les souvenirs de Loana ou les diarrhées d'un joueur de foot au sommet de la gloire. Alors t'es gentil mais ton livre, là, tu le ranges. On verra ça plus tard.

Moi: Mais euhhh….

Vous: Ecoute, je t'aime bien. Je te parle pas souvent mais je t'aime bien quand même. J'viens faire un tour de temps en temps ici, j'm'marre en lisant tes fadaises… au passage, t'es un sacré rêveur toi… enfin bref, j'veux pas te faire de mal mais…

Moi: Mais ?

Vous: Ecoute, lance-toi plutôt dans la chanson. Y'a un créneau là. J'te parle pas d'être le nouveau Joe Dassin mais bon, quand on entend ce qu'on entend et qu'on voit ce qu'on voit. Enfin, tu m'as compris.

Moi: Mais vous pouvez pas dire ça. C'est trop… injuste.

Vous: Injuste ? Moi ? Ecoute moi mon gars, j'ai été sympa avec toi mais si tu continues, j'vais devoir te mettre les points sur les i.

Moi:…

Vous: On s'en fout de tes histoires à deux balles, tes manuscrits, tes conneries ouais. Tout ça, ça intéresse personne. Que dalle ! En plus, t'essaies de faire des belles phrases. Tu sais pourtant bien que la littérature c'est plus ça. Du style… n'importe quoi. Pour qui tu te prends là ? Emile Hugo ? Victor Balzac ? Crétin va !

 

Bon, là, je dois intervenir. Le portrait que je dresse de vous n'est guère flatteur, je le reconnais. Mais bon, c'est un caca nerveux, je vous avais prévenu. Et puis je ne me suis pas trop arrangé non plus sur ce coup-là. Comme ça on est à égalité.

Allez, je reprends,

 

Moi: Mais enfin… je veux dire que…

Vous: Ouais, c'est ça, apprends déjà à causer avant d'écrire. Tu sais pourtant bien que ça intéresse plus personne les bouquins. A part le Da Vinci machin là… d'ailleurs, ton truc… j'veux pas dire mais, t'aurais pas tout pompé toi…

Moi: Ah non !

Vous: Oulala, le v'là qui s'énerve. Eh, les gars, y nous fait sa crise ! J'ai peuuuurrrr !

Moi: Non mais, c'est pas ça, c'est juste que je…

Vous: Eh ! Caliméro ! Faut pas chialer comme ça ma poule. Non mais quelle nouille çui-là. On dirait ma femme tiens. Allez, va donc plutôt nous acheter des bières, c'week-end, c'est la finale. Et ON va la gagner ! On va la gagner ! On va on va on va la gagner !

Moi (murmurant pour ne pas me faire entendre): Tiens, j'savais pas qu'tu jouais.

 

Bon, d'accord, ça n'apporte pas grand chose au débat, mais moi, ça me détend. Et c'est déjà pas si mal.

 

Sur ce,

 

A+ et bon week-end.

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

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