Glu. Irvine Welsh.

Publié le 21 Avril 2009





Autant le dire tout de suite, Welsh, j’adore. Bon, je sais, ça fait un peu midinette de dire ça mais je n’y peux rien. Ce type est un peu à la littérature ce que Ken Loach est au cinéma. Un témoin d’un réel pas toujours ragoûtant, parfois glauque mais toujours touchant. Ses héros se débattent avec des vies qui n’en sont pas, des survies en état second. Il y a Juice Terry, le tombeur, vendeur de jus de fruits, futur has-been avant l’heure. Gally, le bon gars qui ne demande rien à personne et s’en plein (mais alors plein) la tronche. Carl, le futur DJ. Billy " Business " Birrell, le boxer. Entre eux, l’amitié, la vraie, celle qui dure. De l’enfance, l’adolescence à cet âge que l’on dit adulte sans trop savoir pourquoi. Les drames, bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ? Ces mecs sont condamnés d’avance. Aucune chance de s’en sortir. La taule, parfois. L’alcool, toujours. La drogue, évidemment. Entre un match de foot qui dégénère en baston générale et une fête de la bière qui tourne à la rave-party en petit comité, Welsh les suit sur plus de vingt ans, des années 80 aux années 2000. On le sent proche de John King et de son lumineux " Human punk ". Même veine, même famille. Mêmes galères. Et les fêlures de ses petits gars à lui n’en sont que plus béantes. Parfois, on croise, au détour d’un paragraphe, Renton, Spud, les héros de ses précédents romans, " Trainspotting ", " Porno ". On est en terrain familier. À tel point qu’on a presque l’impression de connaître Édimbourg (même si on n’y a jamais foutu les pieds). De la grande littérature. Sèche, agressive. Comme un uppercut en plein estomac, un soir de beuverie, au coin d’une ruelle sombre baignée par la pluie d’Ecosse.

 


Extraits :

 


" Tout le monde était d’accord dans le coin : les nouveaux appartements étaient les meilleurs. Les Ewart, comme nombre de familles dans le quartier, profitaient de ces habitations lumineuses. Les voisins faisaient tous l’éloge du chauffage au sol qui permettait de maintenir l’appartement à température grâce à un seul bouton. Le père de Maria était récemment décédé de tuberculose dans son immeuble humide de Tollcross : tout ça n’était plus que de l’histoire ancienne. Duncan adorait le carrelage chaud sous les tapis. On glissait les pieds sous la carpette devant la cheminée, c’était un véritable luxe. Puis l’hiver arriva, et avec lui les premières factures, et tous les systèmes de chauffage central de la cité s’éteignirent. Avec une synchronisation si parfaite qu’on les aurait dit manipulés par une seule et même personne. "

 

 


Quelques liens qui proposent leur vision du livre :

 

http://www.gonzai.com/node/212

http://www.actualitte.com/dossiers/436-Glu-Irvine-Welsh-Ediimbourg-histoire.htm


http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/irvine-welsh-de-retour/

 

 


Titre : " Glu "

Auteur : Irvine Welsh

Editeur : Le diable vauvert

655 pages, 20,00 €

 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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