Le club des policiers Yiddish.

Publié le 16 Mars 2009

Attention, âmes sensibles s'abstenir, ce post contient quelques grossièretés et une critique des plus sévères. J'innove et me lâche. Vous serez prévenus.


"Le club des policiers Yiddisih" de Michael Chabon.





Y’a des livres, c’est comme ça, où on a beau se dire, c’est vachement bien écrit (ce qui est vrai), ça part d’une bonne intention (ce qui est le cas), on se fait chier. Désolé pour la vulgarité mais c’est comme ça. Alors, on multiplie les " peut-être " afin de se rassurer. Dont le fameux : peut-être n’était-ce pas le bon moment pour le lire ? Je sortais en effet d’un pur moment de délice avec le Gyles Brandreth, peut-être aurais-je dû enchaîner sur quelque chose d’aussi gai avant d’arriver à quelque chose d’aussi … ?  Peut-être. En effet. Mais s’il faut bâtir son plan de lecture comme on construit un plan de bataille, tenir compte du sens du vent et de l’âge du capitaine, on n’en sortira jamais. Pire, de plaisir, on va transformer tout ça en tâche. En devoir. Au final, en travail. Et là, je dis non ! Donc, je persiste et signe, " La club des policiers Yiddish " est très bien écrit, part d’un postulat intéressant mais au final il est chiant comme un dimanche soir au fin fond de l’Alaska alors qu’une épidémie de grippe a cloué les derniers ours blancs au lit. 471 pages. C’est laborieux. ça semble interminable. Je l’ai fini, et arrivé à la fin, je me suis dit, dans un anglais parfait et avec un accent formidable, " so what ? ". Le truc qui m’emmerde aussi (je suis grossier, faudra vous y faire), c’est que ce livre servira de base au prochain film des frères Coen. Qui, depuis quelque temps ne pondent, eux aussi, que des trucs plutôt lourds voire carrément chiants (où est passée l’énergie, la folie, le surréalisme enchanteur du " Big Lebowsky " et de " Arizona Junior " ? De " O’Brother " ?). Ce qui ouvre le débat et le rend abyssal. Tant mieux, nous aimons avoir de la profondeur. De rapides recherches sur le Net nous apprennent que ce livre (je ne parlerai pas d’un film non encore tourné afin de laisser le bénéfice du doute à ses auteurs) est unanimement encensé.

 


Extraits :

 


Ce livre vous emmènera loin, dans le district de Sitka, Alaska, le nouvel Israël où deux millions de juifs parlent exclusivement le yiddish. Meyer Landsman est flic et doit enquêter sur l’assassinat de Mendel Shpilman, fils d’un puissant rabbin, drogué, homosexuel et as des échecs. Comme si cela ne suffisait pas pour notre héros déjà bien en peine, Michael Chabon affuble le pauvre Meyer d’un coéquipier du nom de Berko Shemets, un colosse mi-indien mi-juif assez original. Vous serez surpris, déconcerté mais acceptez l’étrange roman que vous avez entre les mains et à la fin vous aurez compris que vous venez de lire le chef-d’œuvre d’un genre nouveau non déterminé. (source : initiales.org, groupement de libraires).


Le club des policiers Yiddish est un roman formidable, chaleureux et emprunt d’une grande dignité. La narration prend le temps d’installer une atmosphère et des personnages qui se distinguent de la simple épure archétypale pour revêtir la chair d’êtres humains en proie au doute, à la fatigue et au sentiment de ne rien pouvoir changer à la marche du monde. Le contexte uchronique se révèle par allusions successives au travers des souvenirs familiaux de Meyer, au point de se faire littéralement oublier. Et puis, il y a ces termes d’argot dérivés du yiddish, dont Michael CHABON avoue avoir puisé l’idée de départ dans un guide de conversation. Loin de nous égarer ou de constituer un quelconque obstacle à la compréhension de l’intrigue, il renforce la vraisemblance de l’histoire et participe à l’humour délicieusement décalé du roman. (source : Le cafard cosmique).

 


Alors bon, manquerai-je d’humour ? Certainement. Suis-je hermétique au charme de ce lauréat du prix Pullitzer (tout de même !). Apparemment. Faut-il y voir une preuve flagrante de mon inculture et de mon mauvais goût ? À n’en point douter. L’argot mentionné par le Cafard cosmique est omniprésent (et on s’y perd facilement). Les situations se succèdent à un rythme si lent qu’on se laisse endormir et lorsqu’on reprend enfin le fil de l’histoire on ne sait plus où on en est (c’est qui lui ? Et elle fait quoi, elle, là-dedans ?). Bref, à conseiller à ceux qui ont le moral ou veulent vivre une expérience " non déterminée ". Pour les autres, y’a le nouveau Irvine Welsh qui vient de sortir au Diable Vauvert (Glu). J’en parlerai bientôt.
Promis.

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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