Lilian Robin. Tripalium.

Publié le 14 Janvier 2009





Voici une note à double entrées (je n’ai plus peur de rien, je me lâche, je suis fou, que voulez-vous, c’est 2009 qui me fait ça). Dans un premier temps, je vais donc procéder à la présentation d’un éditeur puis, dans la foulée, n’y tenant plus, d’un auteur qu’il publie.

 


L’éditeur tout d’abord. Ou plus largement les éditeurs puisqu’ils se nomment ainsi eux-mêmes. Des éditeurs libres. C’est leur nom. Les éditeurs libres. Vous ne me croyez pas ? Allez donc voir ici :

http://www.lesediteurslibres.com/

Ah, vous voyez.

Leur démarche est simple " Irresponsables et enthousiastes, furieux aussi devant les mutations que connaissaient le secteur du livre, nous sommes devenus éditeurs, et libres. " Déjà plusieurs titres à leur catalogue (du rap, du graph, de l’Histoire avec un grand H et du roman). Du roman ?

Du roman.

Celui-ci s’intitule Tripalium et m’amène à une de ces habilles transitions qui ont fait ma réputation du côté des îles Wallis et Futuna (où je suis considéré comme un dieu vivant mais ça, je vous le raconterai une prochaine fois).

 


Tripalium, de Lilian Robin.

272 pages.

20 €

 


Tripalium : Instrument de torture formé de trois pieux. Origine du mot " travail ".

 


Le ton est donné dés la première page. Dans la vraie vie, Lilian Robin travaille dans la prévention des risques professionnels. Autant dire que la vie en entreprise, il connaît. À tel point qu’il en a fait le sujet de son premier roman. Une plongée abyssale dans le monde (dés)enchanteur du secteur privé. Avec ses codes et ses maîtres, ses traîtres et ses renégats. La dure loi de l’ultralibéralisme disséqué de l’intérieur. C’est dur, c’est drôle, c’est sanglant. C’est plein de rebondissements (qui a dit que l’usine ne pouvait pas être le siège d’une bonne fiction (?) ?). ça rue dans les brancards, ça tire sur les ambulances et ça n’a pas peur d’achever les blessés. Autant dire que ça ne fait pas dans les sentiments. Qui a dit désespéré ? Bref, un anar au pays du CAC40. Un ancien élève de classe prépa, dans le grand bain du grand n’importe quoi. Ça donne à peu près ça…

 


Extrait :

 


" Exécutant de la Gestapo ou serial killer des films américains sont deux préposés à la barbarie. D’un côté la torture légale, en temps de guerre. Soldat méticuleux accomplissant avec courage sa difficile mais noble tâche au service d’une patrie en danger. Tortionnaire libre, tortionnaire décoré ! Et puis le psychopathe, agissant sans mobile sinon le soulagement pervers de pulsions incontrôlables. Tortionnaire déviant, tortionnaire condamné ! Produits de sociétés malades ou rongées par la guerre, les deux catégories appartiennent à un monde de l’extrême.

Pourtant, en ce joli samedi d’avril, dans un jardin français d’une bourgade tranquille, un tortionnaire du troisième type court derrière sa tondeuse.

Le peu de temps qui lui reste après le travail, Philippe aime à le passer ici, dans son potager. Il y enterre les soucis professionnels, y fait germer les projets d’avenir.

Cet homme exigeant envers lui-même attend beaucoup de ses subordonnés mais sait aussi renvoyer l’ascenseur. La preuve en est que pour fêter sa promotion, il a fait distribuer des invitations aux membres de son service. Le traiteur doit livrer, vers dix-huit heures, trois caisses du meilleur champagne et quelques amuse-gueules.

Cette petite fête, le week-end à son domicile, est le fruit de cette conviction qu’a Philippe que travail et vie privée ne peuvent être dissociés. Que les amis au bureau sont aussi ceux à la ville. Il gère d’ailleurs son équipe un peu comme sa famille. On s’appelle par son prénom et on se tutoie. Une ambiance à la Fort Boyard. L’esprit de la gagne, une culture du challenge. Chacun donne le meilleur de lui-même et contribue ainsi à la réussite collective.

- Adaptabilité et réactivité égale satisfaction du client !

C’est l’équation gagnante, la formule magique de Philippe. "

 

 

La présentation du livre, sur le site de l’éditeur :

http://www.lesediteurslibres.com/nos-livres-2/

 


Le premier site à durée déterminée (entièrement consacré au livre) :

http://plasticsansavenir.com/

 


Qui a dit " No future " ?

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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