Le dossier Coca-Cola

Publié le 4 Avril 2006

Le site de Didier Daeninckx, Aministia.net (voir liens), propose actuellement un dossier édifiant sur Coca-Cola. Le site reprend notamment certaines révélations faites par William Reymond dans son livre récemment paru "Coca-Cola, l'enquête interdite". En voici un court extrait:

 

Coca-Cola boycotté… aux Etats-Unis

Ces dernières années, Coca-Cola connaît de sérieux déboires à travers le monde. Fustigé pour ses pratiques environnementales, sociales, économiques, le géant américain des soft drinks doit aussi faire face à un mouvement international de boycott qui, loin de faiblir, s'amplifie au fil du temps. De l'Inde à la Colombie, de la Turquie au Salvador, Coca-Cola est accusé d'avoir, entre autres, pollué des nappes phréatiques, vendu des boissons contenant des pesticides, laissé assassiner des militants syndicaux, eu recours au travail des enfants… Il n'est pas jusqu'aux Etats-Unis mêmes où Coca-Cola ne fasse l'objet de virulentes attaques, en particulier sur les campus universitaires.

 

Depuis le 1er janvier 2006, l'Université du Michigan a "suspendu temporairement les achats de produits Coca-Cola", privant l'entreprise d'un marché de 1,3 million de dollars. C'est le troisième campus, après ceux de Rutgers et surtout de New York , qui sanctionne ainsi la compagnie. En décembre 2005, l'association des étudiants de l'Université du Minnesota a réclamé une enquête sur le comportement de la multinationale à l'étranger. Et le mouvement, qui touche déjà plusieurs dizaines d'établissements scolaires, n'a pas fini de faire tache d'huile.

 

Pour les entreprises américaines, ces contrats exclusifs avec les universités représentent bien plus que des marchés de plusieurs millions de dollars. Ils sont une assurance sur l'avenir. Comme l'explique Naomi Klein, c'est "la promesse d'engendrer, durant des années universitaires, de chaleureuses et confortables loyautés à l'endroit du logo - ainsi que l'occasion de se donner une légitimité quasi académique. Etre le fournisseur officiel d'une grande université prestigieuse, cela revient à réunir un jury d'enseignants pour apporter la preuve scientifique que 'Coca-Cola, c'est le top du top!'."

 

Pour la firme d'Atlanta, il semble qu'il y ait vraiment du coca dans le gaz puisque des organisations estudiantines anglaises envisagent à leur tour de lancer une campagne de boycott des produits Coca-Cola. La multinationale n'a peut-être pas oublié que son éternel concurrent, PepsiCo, avait dû, en 1997, se retirer de Birmanie à la suite d'une campagne dénonçant ses liens avec le régime dictatorial de Rangoon. Le mouvement de boycott était parti précisément des universités nord-américaines et anglaises.

 

Les dénonciations à l'encontre de Coca-Cola ne se limitent pas aux campus. Elles émanent parfois, suprême affront, des employés de la compagnie. En avril 1999, un groupe de salariés noirs engage une action en justice auprès du tribunal de Georgie pour discrimination raciale en matière de salaires, d'évaluation des performances et d'évolution des carrières. En novembre 2000, et après des mois de dénégation, Coca-Cola propose de verser 192,5 millions de dollars aux plaignants, ce qui dans les annales judiciaires concernant les affaires de discrimination raciale représente le plus important dédommagement jamais enregistré. Dans un e-mail adressé à ses salariés du monde entier, Doug Daft, alors patron de l'entreprise, espère ainsi "clore un chapitre douloureux de l'histoire de notre compagnie." Il affirme par ailleurs n'avoir "de cesse de retrouver notre position de meilleur d'entre les meilleurs et de restaurer la confiance de tous ceux qui sont concernés par Coca-Cola Co." La compagnie espérait surtout s'épargner la publicité d'un procès aux effets ravageurs. Une vingtaine de salariés ont décliné la proposition de leur employeur et maintenu leur plainte. Celle-ci est toujours en cours.

 

 

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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