Rentrée littéraire 2008

Publié le 3 Septembre 2008



Comme chaque année, blablabla et comme chaque année, bof. Pas génial. Rien de notable. Circulez y’a rien à voir, ou si peu, enfin bref. Bon, d’accord, il y a le nouveau Amélie Nothomb (ah ah ah ah ! meuh non, c’est une blaaague) et aussi le Christine Angot, qui raconte sa romance avec Doc Gynéco (il paraît que ce n’est même pas drôle, même pas bon, tout juste à oublier. Dommage, j’allais presque me laisser tenter histoire de me marrer un bon coup). Que nous reste-t-il dans ces conditions ? Les petits jeunes. Les pas encore connus. Voire, folie suprême, les auteurs de « premier roman », une catégorie à elle toute seule. Et là… ben, je dois dire que… Mais ne brûlons pas les étapes.

 

Le premier livre de cette rentrée que j’ai lu s’intitule Ketchup, il est publié au Diable Vauvert, est l’œuvre d’un jeune auteur Catalan dont j’ai oublié le nom et sa critique se trouve ici (et oui, je me fais des infidélités à moi-même, je sais, c’est pas joli-joli). Après réflexion, à lire si vous n’avez rien d’autre à vous mettre sous la main. Sympa mais sans plus.

 

http://livres.fluctuat.net/xavier-gual/livres/ketchup/4610-chronique-sur-un-air-de-welsh.html

 

Le second s’intitule « La traversée du Mozambique par temps calme » de Patrice Pluyette et là, bof ². C’est drôle, parfois, OK. Ça se veut « grand n’importe quoi » mais à force de vouloir faire déjanté, ça ne ressemble plus à grand-chose. Les personnages sont archi-téléphonés (on sent même où s’est servi l’auteur : dans la désormais trilogie des pirates de Gideon Defoe (Le Dillettante), cf le personnage de Jean-Philippe et le cultissime « Féroces infirmes, retour des pays chauds » de Tom Robbins pour les passages dans la jungle. Ayant sans doute fait quelques recherches sur la piraterie et la littérature de voyage, il a aussi plombé son texte d’une description de cité modèle (dans l’esprit des auteurs de Gulliver et consorts, bref, ça mélange tout, mais en surface seulement et use avec bonheur des poncifs les plus éculés (les flics sont violents et alcooliques forcément).). Verdict : un bof à la hauteur de la déception.

 

Et puis… parce qu’il faut bien un « et puis », la baffe, le carnage, la déculottée. Le mec est jeune, Jurassien, rappeur de l’écrit (et le rap, c’est pourtant pas ma came). Ça sonne juste. C’est rythmé. Les personnages sont… la baffe quoi. Là, voyez, on est le 03 septembre, et bien je peux vous prédire que le prix de Flore 2008, c’est lui. Je mets ma réputation en jeu. Même si on sait tous que les prix, ça ne sert à rien, ne veut pas dire grand-chose tout ça. On est tous d’accord là-dessus. Mais là, franchement… enfin, je veux dire, je me mouille grave là. Et je vous balance un petit extrait plutôt que de continuer à pérorer dans le vide (ça vaut mieux, je crois) :

 

« On finit par se poser devant les clips sur la six, nuit spéciale nouvelle scène française, rien que des connards avec des guitares sèches. Des types qui se sapent je m’en bats le slob de tout, je suis à l’aise dans mes godasses, voilà pourquoi je chante le temps qui passe et la musique du ruisseau qui jamais ne me lasse. Mes jolies mélodies sont comme des bonbons au citron, ou à la fraise, sans prétention, je me présente à vous, c’est frais et puis ça apaise.

Ça rase grave. C’est tout de la daube. Et de la folie comment ils s’y croient. De temps en temps le visage de l’auteur-compositeur traverse le cadre au ralenti, nous exorbite ses yeux de lavette genre moi je suis un bon, un doux, je suis pas le premier des violents, gars moi je suis un chanteur français.

Ah, le Jules, ce soir. C’est le festival Jules. Un peu rond. Je suis chaud comme la braise, il prévient. Et il se lance et il ne s’arrête plus. Chaud bouillant les potos. Et il nous pointe le détail de ouf sur la tête du gadjo comment qu’il voudrait nous faire gober que c’est un pur mec mais vise dans le coin de la tempe, ça se voit trop que c’est une autruche.

Vous voyez le micro ? Même le micro on dirait que ça l’émoustille d’être filmé. C’est un benêt, ce micro.

Enfin, c’est pas pire benêt que Laurent Boyer. Ça enchaîne avec une rediffusion de « Fréquence star ».

Spéciale Alain Souchon, Charlotte explose de rire.

Et cette vieille quiche de Laurent Boyer qui dit un grand monsieur. Et Souchon il parle de Bob Dylan, eh oui. Après quoi il nous présente son fiston, une tache avec des cheveux en chantier et un peu de barbe et s’assoient les deux sur des machines à laver dans une laverie à Paris à Belleville un quartier convivial propice aux rencontres dit ce benêt de Boyer, et ils se mettent à chanter et si seulement les machines pouvaient se mettre à turbiner, les pauvres ils se sauveraient en courant, il crieraient maman j’ai peur, maman j’ai peur, j’ai vu des méchants ils voulaient nous crever le cœur.

Elles ont bien fait de se retenir les machines à laver, c’est sûr maman j’ai peur il l’aurait noté, Souchon, il aurait téléphoné à son ami Voulzy, allô Laurent ? J’ai peur… non je blaguais Laurent. C’est toi Alain ? Oui Laurent, j’aurais besoin d’une jolie mélodie à la con signée Laurent Voulzy.

C’est ce que dit mon père. Il dit tu exagères, Lionel, Laurent Voulzy il compose de jolies mélodies. »

 

Titre : Polichinelle.

Auteur : Pierric Bailly

Editeur : POL

Prix : 15 €

 

Quelques liens qui parlent du livre :

 

http://www.telerama.fr/livre/pierric-bailly-le-tagazou-jurassien,32566.php

 

http://livres.fluctuat.net/pierric-bailly/livres/polichinelle/4634-chronique-jurassic-park.html

 

http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6198

 

Foncez je vous dis ! C’est du bon.

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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pierric 28/10/2008 18:34

Cher JP, Si Polichinelle reçoit le prix de Flore, je vous autorise un jour à vous pointer au Café de Flore avec une casquette marron et à réclamer le verre de vin quotidien offert au vainqueur... C'est gentil à vous de soutenir ce livre, même si pour ce prix, il est en lice avec d'autres beaux romans, dont celui de Tristan Garcia qui fait figure de grand favori, et que je vous recommande au passage, il m'a beaucoup plu.

JP 29/10/2008 08:59


Tiens, salut. Si je me réfère au prénom, il semblerait que tu sois l'auteur en question. C'est d'autant plus drôle que nous nous sommes parlé ce week-end, à Salins... et que je sais déjà pour le
prix de Flore (ou le non-prix, en fait) puis que tu me l'as dit... Comme tu peux le constater (on se tutoie hein ?), quand je t'ai dit que j'aimais bien Polichinelle, je ne te mentais pas.
D'ailleurs, il faut savoir que je ne mens JAMAIS. C'est d'ailleurs mon principal défaut.

PS: si tu lis ce commentaire (je n'arrive pas à envoyer un mail parce qu'il y a un truc pas connecter dans ma babasse enfin bref, poste moi un message via la touche contact, en bas de l'écran.
Comme ça je peux te répondre et on pourrait, si ça te dit bien sûr, envisager un rapide interview pour ce blog (où la foule ne se presse pas, bref, où on sera entre nous). Après Télérama et
Techinkart (je sais même pas comment ça s'écrit, la honte !), ça te changera...


Suzy Solidor 05/09/2008 10:11

Je vous rappelle que le prix de Flore est revenu à Nothomb l'année dernière...

JP 05/09/2008 13:36



Ouaip, je sais, mais rappelons que : Le prix de Flore, du nom du célèbre café de Saint-Germain-des-Prés, a été créé en 1994. Il s'est donné pour mission de couronner un jeune auteur au talent
prometteur.
De là à dire que la Nothomb est un jeune auteur au talent prometteur... alors que le Pierric Bailly, si. Donc, je persiste et signe. Non mais !