La demeure du chaos

Publié le 24 Février 2006

Pour ceux qui n'auraient pas vu "Envoyé spécial" hier soir, voici le rapide résumé d'un des reportages proposés. Il était consacré à un type particulièrement intéressant, Thierry Ehrmann. Je ne connaissais pas ce monsieur avant de le découvrir sur mon petit écran mais diable d'homme. Devenu milliardaire grâce à ce que l'on nomme pompeusement la "net économie", se déclarant artiste plasticien, il a acheté une vieille demeure du XVIIéme dans la banlieue notable de Lyon et en a fait son terrain d'expérimentation. On aime ou on n'aime pas ce qu'il en a fait, là n'est pas la question, tout ce qui compte, c'est l'extraordinaire lucidité de ce type que tout le monde considère soit comme un doux fêlé, soit comme un fou dangereux. Il faut dire que tout cela est bien sombre, on est loin du facteur Cheval (imaginez plutôt le mariage improbable entre ce dernier et une sorte de Marylin Manson sous acide et particulièrement dépressive).

 

 

Actuellement poursuivi en justice par le maire de cette charmante cité résidentielle pour quelque chose comme "pollution visuelle traumatisante", Thierry Ehrmann a perdu en première instance et fait appel (il a été condamné à remettre sa maison en son état initial sous six mois… quand on voit ce qu'elle est devenue, autant demander au sculpteur du mont Rushmore de remettre la montagne en son état naturel… mais passons).

 

 

Voici un article glané sur net à propos de cet homme et de ce qu'il considère être son œuvre. Vous trouverez également un lien afin de pouvoir aller visiter son site.

  

"La Demeure du Chaos" fait désordre dans la banlieue ouest de Lyon

Dans le village aux pierres blondes de Saint-Romain-au-Mont-d'Or, dans la banlieue ouest de Lyon, une maison peu ordinaire provoque des remous: "La Demeure du Chaos", oeuvre d'art pour les uns, provocation pour les autres. Derrière des murs d'enceinte noircis et recouverts de signes ésotériques s'élève la façade d'une bâtisse médiévale d'aspect carbonisé. En guise de blason a été accrochée une grosse salamandre métallique, au milieu de coulées de lave et d'éclaboussures de peinture rouge. De fausses météorites et des carcasses de voitures jonchent le domaine. Cette oeuvre de "déconstruction" est signée par le riche propriétaire des lieux, Thierry Ehrmann, qui s'est entouré dans cette entreprise de nombreux artistes, comme Ben. Mais la version architecturale de la pensée du philosophe Jacques Derrida n'est pas du goût de tous dans ce village résidentiel d'un millier d'habitants, en partie classé, et où le moindre ravalement est soumis à de strictes contraintes. "Ce que je ne peux pas tolérer, c'est qu'on impose (ce spectacle) à la vue des gens", juge le maire Pierre Dumont, qui dit recueillir quotidiennement des témoignages d'habitants excédés. Lui-même s'avoue "exaspéré" par le tapage qui entoure l'oeuvre de son insolent administré. Juriste de formation et président d'un groupe spécialisé dans les banques de données judiciaires, juridiques et économiques, le groupe Serveur, thierry Ehrmann se prévaut de son côté d'un article du code de l'urbanisme excluant les oeuvres d'art du champ d'application du permis de construire. Mais pour le député du Rhône Philippe Cochet (UMP), la situation pourrait ouvrir la porte à tous les excès. Dans une question écrite à l'Assemblée, il a interpellé le ministre délégué au Logement, Marc-Philippe Daubresse, sur les mesures envisageables pour "clarifier les dispositions du code de l'urbanisme". "L'affaire de Saint-Romain est intéressante du point de vue juridique car elle peut entraîner une jurisprudence", commente le député. "C'est le problème de l'interprétation de l'oeuvre d'art". Cette polémique, Thierry Ehrmann la juge "enrichissante". "Une oeuvre d'art qui ne dérange pas n'en est pas une", tranche ce quadragénaire au style gothique, également à la tête d'Artprice, leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l'art. Depuis le début des travaux en 2001, ce patron anticonformiste a dépensé près de 900.000 euros pour "déconstruire" - et non "détruire", précise-t-il - l'extérieur et l'intérieur de sa propriété, qui abrite son domicile et le siège de son groupe. Il explique que les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Irak, et l'usage récurrent du mot "chaos" dans la presse, l'ont incité à reproduire chez lui un théâtre de guerre et procéder à un "effacement complet de la présence bourgeoise". Dans son bureau en chantier, entouré de deux minitels, trois ordinateurs et un écran de vidéo-surveillance, Thierry Ehrmann cite abondamment Duchamp, Saint Augustin, Clausewitz, évoque la mort d'Arafat, l'"inspiration messianique" de Bush et prédit la déconstruction du système par l'information et "l'internet qui abolit toute forme de pouvoir". Sa démarche pourrait faire des émules: un voisin, Marc Allardon, a l'idée de transformer sa propre villa en "Maison de l'Eden" qui, précise-t-il, sera "pleine de vie, d'espoir et de couleurs".

© 2004 AFP.


Pour en savoir plus allez sur: http://www.demeureduchaos.com/

 

Rédigé par JP

Publié dans #Délires sans importance (ni intérêt)

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