Le costume du mort de Joe Hill.

Publié le 21 Avril 2008

Bon, revenons-en aux classiques, je veux dire: la critique (chronique, enfin, truc à propos) de livres. Cette fois-ci, n’ayons pas peur des mots, puisqu’ils s’en chargent pour nous, nous voici face à un thriller fantastique. Le genre d’histoires à vous coller des frissons dans le dos (enfin, c’est du moins ce que nous promet la 4eme de couv’, ce n’est donc pas sans une certaine méfiance que je me suis approché de l'ouvrage… vous connaissez la suite).


 


Pourquoi choisir ce livre dans de telles conditions ? Bonne question (je vous reconnais bien là, toujours à la recherche de ces petits-trucs qui fâchent et vous mettent en boule). Surtout que le titre et le gros cœur noir sur la couverture pousseraient davantage à fuir (avec les bras tendus vers le ciel, des cris d’effroi plein la bouche et moult signes cabalistiques peints sur les murs des toilettes). Je vous répondrai tout simplement "parce que" (c'est mon côté concis). Appelez ça du feeling. Une bonne impression. Des premières lignes qui font mouche. Un héros barré bien comme il faut. Peu importe. Me voilà en possession dudit bouquin (Feuilleté à la va-vite, comme il se doit en pleine librairie, je suis tombé sur une page où les chiens du héros sont mis en scène, ils s’appellent Angus et Bon, il ne m’en a pas fallu plus pour me diriger vers la caisse, sûr de mon fait). Ça, et aussi la lecture des premières lignes que je vous livre ici en version intégrale non expurgée non censurée (je suis comme ça) :

 

« Jude faisait collection d’objets rares.

Une collection particulière, comprenant par exemple des esquisses des sept nains, que John Wayne Gacy (1) avait dessinées en prison. Il les lui avait envoyées et Jude les avaient encadrées, puis accrochées au mur de son studio de musique, entre ses disques de platine. Gacy appréciait le Disney de l’âge d’or, mais il aimait mieux brutaliser des gamins, ou écouter les albums de Jude.

Jude possédait aussi le crâne d’un paysan qu’on avait trépané au XVIeme siècle, pour en chasser les démons. Il y rangeait ses stylos préférés.

Autre pièce de collection, une confession, signée par une sorcière trois cents ans plus tôt. « Oui, j’ai causé avec un chien noir. Même qu’il m’a dit « d’accord, pour te faire plaisir, je veux bien empoisonner des vaches, affoler des chevaux et rendre des enfants malades, à condition que tu me laisses prendre ton âme. » J’ai accepté et ensuite j’y ai donné mon sein à téter. » On l’avait brûlée vive.

également, un  nœud coulant roide et effiloché, qui avait servi à prendre un homme en Angleterre au début du siècle. L’échiquier d’Aleister Crowley (2) quand il était enfant. Et un snuff movie. De tous les objets de sa collection, c’était celui qui le mettait le plus mal à l’aise. Un flic qui avait travaillé comme agent de sécurité sur deux ou trois concerts donnés à L.A. le lui avait donné en le qualifiant de « malsain » avec un certain enthousiasme. Après l’avoir visionné, Jude était d’accord avec lui. Ce film était abominable. Il avait aussi, indirectement, hâté la fin de sa vie conjugale. Pourtant Jude l’avait gardé. »

 

Petit lexique (éléments inclus au livre par le traducteur. Concernant la description d’Aleister Crowley, je me suis permis d’en rajouter une petite couche, juste histoire de faire mon malin…) :

(1)   : Tueur en série jugé pour 33 meurtres commis entre 1973 et 1978 dans la région de Chicago. Il fut condamné à mort et exécuté en 1994.

(2)    : Edward Alexander Crowley dit « Aleister Crowley » (1875-1947), mage et occultiste, est considéré comme le père du satanisme moderne. De nombreux chanteurs ou groupes de rock se réclament de son héritage. Les membres du groupe Iron Maiden notamment mais également Ozzy Osbourne et même les Beatles (Aleister Crowley apparaît sur la fameuse pochette de l’album Sergent Pepper’s). Au début des années 1970, Jimmy Page, fameux guitariste du non moins mythique Led Zeppelin, a poussé l’admiration jusqu’à acheter son manoir et à s’y installer (il l’a revendu depuis).

 

 

Avouez que c’est plutôt tentant dit comme ça. Et comme de la tentation au péché il n’y a qu’un pas, franchissons-le allégrement (la fleur aux dents si possible, c’est tout de même plus joli).

 

Ah oui, une dernière chose. Après de rapides recherches sur le Net, il s’est avéré que le fameux Joe Hill n’a rien à voir avec le chanteur révolutionnaire éponyme du début du XXéme mais qu’il s’agit en fait du fils de… (je ne vous le dirai pas (trop simple, zavez qu'à chercher vous-même) mais sachez tout de même qu’il a de qui tenir, le bougre (et qu'il a apparemment eu le tact de ne le révéler que très récemment, voulant être aimé pour sa propre prose plutôt que parce qu'il est le fils de... NON, je ne vous le dirai pas ! Inutile d'insister. En plus, ce n'est même pas inscrit sur son livre alors qu'il pourrait très bien s'en servir comme d'un argument publicitaire de poids et rien que pour ça...)).

 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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will 24/04/2008 20:17

ok, j'ai trouvé. Ca peut expliquer certaines choses... être le fils d'un fan des ramones mène vraiment à tout ... et c'est pas rassurant ;-p

will 24/04/2008 20:12

C'est le fils de Benny ? (je sais, elle est facile ...)