Steampunk

Publié le 8 Février 2006

 

Il est parfois de ces genres littéraires qui déchaînent l’imaginaire. Le Steampunk en fait indubitablement partie. Le cafard cosmique, site de référence en matière de fantastique (voir liens) vient de pondre un dossier très complet sur le sujet avec description des incontournables et petit historique à l’usage de ceux qui prendraient le train en marche. En voici quelques extraits, condensés, afin de donner un peu de lumière à mes propos qui en manquent bien souvent, il faut bien l'avouer. Tout d’abord, le terme " Steampunk ", d’où vient-il ?

 

Un mot pour une expérience.

 

Le terme Steampunk puise son origine dans une lettre envoyée par K. W. JETER au magazine Locus. Dans ce courrier, l’auteur californien propose l’appellation de Steampunk, parodiant volontairement celle de Cyberpunk, pour qualifier les fantaisies victoriennes écrites avec ses deux acolytes, Tim POWERS et James P. BLAYLOCK. La volonté de dérision est avérée mais JETER qui n’aime pas beaucoup les étiquettes et les genres [qui constituent à ses yeux autant de barrières entre le lecteur et l’auteur], a profité de l’occasion pour voir s’il était capable de créer un genre à partir d’un terme de son cru. D’un mot, en forme de boutade, il a donc fondé... un nouveau domaine de l’imaginaire

 

Ensuite, seconde question fondamentale, de quoi s'agit-il ?

 

Le Steampunk : le futur l’œil dans le rétro ?

 

Le Steampunk s’efforce d’imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. Ainsi est définit le Steampunk dans l’anthologie " Futurs antérieurs ". Les propos rapportés par Daniel RICHE sont ceux d’un journaliste américain et ils se sont imposés en France comme LA définition du Steampunk. Mais, est-ce aussi simple ?


Selon " Le panorama illustré de la Fantasy & du merveilleux " une des trois spécificités du Steampunk est d’être une extrapolation du potentiel technique d’une époque précise : le XIXème siècle. Une anticipation à rebours, un peu à la manière du roman " La machine à différences " de William Gibson et Bruce Sterling. Néanmoins, dans le même article, on retrouve cette incertitude sur le cadre chronologique, qui fait que l’on voit du Steampunk dès qu’un progrès anticipé, au regard de notre Histoire, pointe le bout de son nez. Sailpunk, Gaspunk, les variantes du terme amusent. Roland C WAGNER, interrogé sur les apports et les spécificités du Steampunk en France, considère que : le recours au Steampunk est plus ou moins une manœuvre d'évitement de l'avenir — même si cela ne constitue pas leur principale motivation. Ils préfèrent se demander ce qui se serait passé si le futur était arrivé plus tôt plutôt que de s'interroger sur NOTRE avenir. C'est une manière d'écrire une SF qui ne risque pas d'être démentie, ni de se démoder sur le plan technoscientifique — d'autant que le recours à des éléments surnaturels, comme chez Tim POWERS, rapproche certaines œuvres de la fantasy.

Evitement du futur, certes, mais le passé comme l’avenir parlent au présent. Sans doute, faut-il voir davantage le Steampunk comme une technofantaisie.

Le rapprochement avec la Fantasy est par ailleurs patent. Chez POWERS et d’autres auteurs [PEVEL, GABORIT…], le surnaturel et le fantastique côtoient sans querelle de voisinage la Science-Fiction. La Science est fantasque, mêlant théories désormais réfutées et merveilleux enchanté. Les inventions sont extraordinaires induisant un esthétisme codifié, peuplé de figures obligées [des formes singulières d’ordinateur, des moyens de transport en forme d’hybrides fantastiques, le savant aventurier et explorateur, des clones, des machines infernales, etc.]. C’est d’ailleurs sur ce point que se rejoignent Steampunk et Cyberpunk, le premier ne manquant pas de s’amuser avec les jouets du second et le premier étant plus chaleureux que le second.

 

On l’aura compris, le Steampunk est un genre littéraire d’anticipation à rebours qui a ses propres codes (l’Angleterre Victorienne, les machines à vapeurs, les monstres de tous poils et un savant mix entre réalité historique et fantasme d’auteur, soit une liberté encadrée bien que quasi-totale).

 

Quelques titres d’ouvrages maintenant (pour en savoir plus, se rendre sur le lien du Cafard Cosmique).


Bd :

 

"La Ligue des Gentlemen extraordinaires" de Alan MOORE et Kevin O’NEILL
S’il y a une seule bande dessinée à lire pour illustrer le Steampunk, c’est bien celle-ci. Adapté au cinéma (préférer bien évidemment la version Bd).

S’il y a une seule bande dessinée à lire pour illustrer le Steampunk, c’est bien celle-ci. Adapté au cinéma (préférer bien évidemment la version Bd).

 

Film :

 

"Les mystères de l’Ouest" [SERIE TV]

Une série culte comme on dit, mais qui appartient au proto-steampunk si on attache de l’importance aux dates.

 

Livre :

 

" L’équilibre des paradoxes " [réédition 2004 pour la collection Lunes d’encre] de Michel PAGEL

La nouvelle très distrayante qui ouvre ce livre, commence à la manière d’un Maurice LEBLANC et s’achève comme chez Herbert George WELLS (là, l’univers Steampunk est bien planté).

 

Cette liste est bien évidemment restreinte et strictement personnelle (donc sujette à toutes les polémiques) mais elle me semble donner les bases d’un genre qui a au moins le mérite de transporter loin, vite et fort. Et pour en savoir plus… voir les liens (je pense l'avoir suffisamment répété).

 

 


 

Rédigé par JP

Publié dans #Le monde de Matéo

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