Moi je dis "Monsieur Bashung".

Publié le 26 Mars 2008




On vit une époque formidable (artistiquement tout du moins). D’autres avant moi l’ont dit – je n’ai pas la prétention de détenir la vérité absolue. Certains se taisent et d’autres chantent. Ou écrivent. Une fois n’est pas – ou moins – coutume, je vous parlerai de musique. Parce que parfois il se passe des choses qui nous dépassent. Qui nous emmènent plus loin. Plus haut. Ailleurs. Je vous parlerai du nouvel album d’Alain Bashung, « bleu pétrole ». Ecrit en collaboration avec Gaétan Roussel, de Louise Attaque et de Gérard Manset, de lui-même, Bashung, peut-on lire ici ou là, revient à la mélodie. Sans oublier les textes qui, chez lui, sont autant de supports vers un au-delà indéfinissable et fantastique. J’ajouterais qu’il est également plus ancré dans le réel, le quotidien. Il diffuse et enchante mais en plus, il donne à réfléchir.


Dans une interview accordée récemment à libération, celui qui s’exprime peu à dit : « Je me méfie de ceux qui se prétendent dans l’action, à tout prix, tout le temps. Sarkozy passe son temps à s’agiter, il doit avoir des clones. Cela cache forcément une non-idée principale, qui doit être exposée mais n’arrivera peut-être jamais. En tous les cas, son comportement n’est pas normal. On a besoin d’un président avec une attitude plus digne. C’est quand même paradoxal, ces gens qui se plaignent qu’on ne respecte plus certaines valeurs et envoient chier un badaud. C’est juste l’attitude d’un petit voyou sans envergure, qui manque de classe et de dignité. Là, on bafoue les repères, et des jeunes regardent. Quelque chose ne va pas.» Dans sa chanson « Résident de la République » il proclame « un jour je parlerai moins/jusqu’au jour où je ne parlerai plus ».


Cet album a la force des grands espaces, ceux que l’on observe assis sur son cheval (« Je suis un indien, je suis un Apache »), le rythme folk d’un Springsteen écorché (album « the ghost of Tom Joad »), le blues lent d’un passé en devenir. Sa reprise de Leonard Cohen (« Suzanne », dans sa version traduite et adaptée par Greame Allwright) désarçonne par son orchestration mais enchante par son phrasé. « Je tuerai la pianiste » est, comme son titre l’indique, la tuerie de l’album (au même titre que "comme un légo" un titre de... 9 minutes !). Musicalement et textuellement. Bashung possède un univers bien à lui. Cet album là en ouvre une porte et ce que l’on y voit…

 

Le texte intégral de l’interview accordée à Libération est disponible ici : http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/316628.FR.php

 

Son site officiel est là : http://alainbashung.artistes.universalmusic.fr/

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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