Oscar Wilde mène l'enquête.

Publié le 19 Mars 2008

Article augmenté de l'impression après lecture (se reporter à la fin).


Souvenez-vous, ici même, je vous signalais l’apparition de ce qui me semble être un nouveau genre littéraire (ou, plus modestement, un concept) : à savoir, le polar dont une célébrité historique est le héros. Nous avons ainsi pu suivre les déambulations cognitives du jeune Edgar Allan Poe dans l’excellent « Un œil bleu pâle » de Louis Bayard, les circonvolutions un chouia moins intéressantes de Sigmund Freud et Carl Jung dans « L’interprétation des meurtres » de Jed Rubenfeld. Et bien voici que la nouvelle livraison vient tout juste de nous arriver. Cette fois-ci, l’enquêteur n’est autre qu’Oscar Wilde (notons au passage le choix particulièrement éclairé des personnages retenus). Et non seulement Wilde mène l’enquête, mais il semblerait bien qu’il franchisse un pas supplémentaire en devenant le premier « récurent » du genre.
 


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L’auteur de cet ouvrage, le britannique Gyles Brandreth, est présenté comme un doux excentrique et dispose de l’avantage ô combien considérable d’être l’auteur d’une biographie du couple Princier, Charles & Camilla … que demander de plus me direz-vous ? En effet, vous répondrais-je, voilà de quoi intriguer et aiguiser notre curiosité. Mais, poursuivrais-je avec cette énergie qui me caractérise, surtout les jours de grands froids, l’exercice est des plus délicats ! Faire de la fiction avec du réel, qui plus est à partir de personnages ayant existés et ayant connus eux-mêmes un certain succès (même à titre posthume), voilà qui relève de la gageur. En effet, les spécialistes des grands hommes ne manqueront pas de vous tomber dessus au moindre faux pas. Et les risques de plagia sont énormes. Or il semblerait que Gyles Brandreth s’en sorte avec les honneurs (pour une fois, j’annonce avant d’avoir lu, ça s’appelle, peut-être naïvement, la confiance. Cependant, les quelques dizaines de pages d'ores et déjà dévorées laissent à penser que cette confiance est amplement méritée. Le style est limpide. Les clichés amusants (le narrateur est ainsi une sorte de docteur Watson ébahi et la présence d'Arthur Conan Doyle, dans un second rôle actif, associée à la faculté peu commune de déduction prêtée à Oscar Wilde lui-même... tout cela procure un réel  plaisir de lecture... Un peu comme si le personnage de Sherlock Holmes avait été inspiré à Doyle par Wilde en personne).

 

Mais puisque vous ne me faites pas confiance, voici quelques articles ayant trait à cet étonnant ouvrage et à son original auteur et le moins que l’on puisse dire, c’est que des critiques comme celles-là donnent envie d'aller y voir de plus près…

 

http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=402273

 

http://www.bookbrowse.com/biographies/index.cfm?author_number=1519

 

Et si ce genre de choses ne suffit pas à vous convaincre, sachez que Gyles Brandreth connaît personnellement l’ours Fozzie. Et que j'en ai la preuve...
 


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Titre : « Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles »

Editeur : 10/18

Prix : 13.50 €


Après lecture, il en ressort :  


Un vrai plaisir. Voilà ce qui ressort de la lecture de ce livre. Pas un de ces instants forts qui font réfléchir ou douter mais un plaisir vrai, intact et confiant. Le plaisir de se laisser emporter par une belle langue, par une histoire simple et qui avance, par des personnages qui existent réellement – sans doute parce que, justement, ceux-là ont réellement existés. On annonce d’ores et déjà une suite aux enquêtes d’Oscar Wilde. Inutile de vous préciser que je m’en frotte les mains. Comme un gourmet devant une table bien achalandée. Ou un amateur de vins face à une cave bien fournie. Car ce livre-là se déguste. Il s’apprécie. C’est un grand cru. Une bonne année, comme on dit. C’est à ce genre d’ouvrages que l’on doit cette petite parcelle de bonheur qui parfois vous étreint. Comme une bonne surprise que l’on n’attendait plus. Je vais enfin connaître cette impatience que durent ressentir les amateurs de Sherlock Holmes lorsqu’Arthur Conan Doyle était encore en vie et qu’il sortait de nouveaux bouquins. Une certaine fébrilité à l’approche du moment fatidique.

Alors si vous aimez les ambiances Victoriennes, les vieux clubs anglais, les personnages hauts en couleurs et les intrigues à rebondissements. Si vous aimez, tout simplement, prendre du plaisir un livre entre les mains, alors surtout ne manquez pas celui-là. Vous verrez, vous m’en remercierez.

 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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