Le meilleur livre de l'année 2005

Publié le 24 Janvier 2006

 

C'est ainsi que se présente le dernier Bret Easton Ellis, "Lunar Park" (ou tout du moins, ce qu'indique le ruban promotionnel entourant ledit objet) et je ne suis pas loin de lui donner raison. Après avoir fait le tour des dépravations de la jeunesse dorée US ("Moins que zéro", "les lois de l'attraction"), vilipendé les dérives du captialisme forcené ("American Psycho") et démonté le mythe du top model ("Glamorama"), Ellis s'attaque à son oeuvre elle même de manière décapante, brosse un portrait de la famille hallucinant et termine sur de sombres pensées quant au fait d'être père, d'en devenir un, d'un perdre un.

 

 

Article paru sur le site "le cafard cosmique" à propos de cet ouvrage:

"Lunar Park" démarre très fort. De fait, tout le roman est un tour de force. A la fois autobiographique et satirique, terrifiant et ironique. Le lecteur est constamment sur ses gardes et ne sait plus à quel sein [saint ?] se vouer.


Après un chapitre d'exposition - digne de Hunter S. THOMPSON en matière d'absorption de substances illicites - où l'auteur/narrateur/écrivain évoque tous ses livres précédents, l'ensemble déjante rapidement pour se transformer en un mélange tragique et décapant de "Moins que Zéro" et de.. disons, "Las Vegas Parano".


Décapant, quand l'écrivain raconte dans le détail sa vie durant ses années de succès, exposant sans pudeur ses excès, sa sexualité et les débats qui l'entoure, les tournées promotionnelles chaotiques et ses efforts pour devenir un chef de famille responsable. Tragique quand il décrit la mort de son père, qui bien que profondément haï, continue de le hanter cruellement. Ce qui commence comme l'histoire banale d'un écrivain et de sa famille, déménageant en vue d'une réconciliation dans une propriété du Midland, bascule bientôt dans une parodie d'horreur à la Stephen KING [ELLIS avoue que son roman est un hommage aux récit d'horreur de KING qu'il dévorait adolescent.]


Le récit - qui débute par une fête d'Halloween - se transforme en un carrousel cauchemardesque. Des jouets maléfiques saccagent la maison, de jeunes garçons disparaissent, des animaux étranges et le spectre du serial killer de "American Psycho", rôdent, ou bien est-ce la figure paternelle qui s'incarne dans ces inquiétantes créatures ?


ELLIS prend encore un malin plaisir à balader son lecteur. En abandonnant la seule chronique de la vacuité d'un monde obsédé par son image, Bret Easton ELLIS évite l'autocaricature et l'autodérision distanciée. Car "Lunar Park" et son cortège de Démons & Merveilles est avant tout un livre sur la filiation. Tout en profondeur ELLIS s'interroge sur les liens père/fils, sur le pardon, sur l'héritage. Rassurez-vous, on rit aussi beaucoup et les passages chocs ne manquent pas.

 

 

 

 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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