L'interprétation des meurtres. Jed Rubenfeld.

Publié le 16 Novembre 2007

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Un nouveau courant littéraire est en train de prendre forme, le roman policier ayant une assise historique et mettant en scène, de manière plus ou moins romanesque (plutôt plus que moins d’ailleurs), des personnages ayant réellement existé. Bien sûr, tout cela n’est pas SI nouveau que cela mais la recrudescence actuelle est, selon moi, particulièrement intéressante. Après le « Un œil bleu pâle » de Louis Bayard qui faisait du jeune Edgar Allan Poe un enquêteur particulièrement perspicace (voir article consacré à cet ouvrage ici-même), je me suis attelé à « L’interprétation des meurtres » mettant en scène Sigmund Freud et Carl Jung.

 

L’histoire en quelques mots :

 

1909. Sigmund Freud est à New York pour donner une série de conférences sur la psychanalyse. Au même moment, une jeune femme de la bonne société est étranglée après avoir été sauvagement torturée. Freud, fatigué, malade, en butte à l'hostilité de l'intelligentsia locale, se retrouve malgré lui impliqué dans l'enquête que mène l'inspecteur Littlemore...

 

Et surtout, la base historique sur laquelle l’auteur s’est appuyé pour créer son intrigue (point fort selon moi. Une bonne idée quoi, de celles qui « permettent à l’imagination de s’envoler ») :

 

C’est en 1909, accompagné de son disciple Carl Jung, que Sigmund Freud fit son seul et unique voyage aux Etats-Unis, pour donner une série de conférences à l’université de Clark, à Worcester, Massachusetts. Cette université lui remis également un doctorat honoris causa, première distinction publique décernée pour l’ensemble de son œuvre. Malgré l’immense succès de cette visite, par la suite, Freud en parlera toujours comme d’une expérience traumatisante. Il traitait les Américains de « sauvages » et déclarait que son séjour dans ce pays lui avait laissé des séquelles physiques – en réalité, il souffrait déjà de ces problèmes de santé. Les biographes se sont longtemps interrogés sur ce qui avait pu se produire là-bas. Ils ont même envisagé la possibilité d’un événement inconnu de tous, expliquant ces réactions autrement incompréhensibles chez Freud.

 

Bien au-delà de l’analyse psychologique (fort logiquement omniprésente dans ce livre), le déroulé de l’intrigue et son dénouement placent ce roman et son auteur dans la catégorie des « intéressants, à suivre ». Voire à se procurer d’urgence si l’on veut passer un bon moment. Plus laborieux cependant que le roman de Louis Bayard (le sujet n’y est sans doute pas étranger), ce roman mêle habillement recherches historiques et suspense (l’histoire du caisson destiné à la construction du pont de Manhattan est particulièrement édifiante et son intégration au cœur de l’intrigue tout à fait judicieuse). Reste que passé l’engouement initial, une certaine lourdeur envahit peu à peu le lecteur (que je suis) ce qui n’était pas le cas chez Bayard (cet avis n’engage que moi bien entendu).

 

Mentions spéciales pour le personnage de Jung qui, avis personnel encore, l’emporte sur celui de Freud (plus complexe, plus manipulateur, plus ambigu aussi) ainsi que pour la description de New York au début du XXéme siècle (personnage à part entière du roman).

 

« L’interprétation des meurtres » de Jed Rubenfeld. Editions Panama. 22.00 €.

 

Will, Pafdanta : tout cela n’est pas une question de temps… Mais bon, ceci est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien et bonne journée à tous.

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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Commenter cet article

dasola 04/03/2010 17:44


Bonjour, j'avais lu ce roman en pensant à l'Aliéniste de Caleb Carr, C'est très différent et un peu décevant. Freud n'a que peu d'importance mais Jung n'est guère plus présent. J'ai déjà presque
oublié comment cela se temrine (je l'ai lu, il y a quelques mois). Bonne soirée.