Un oeil bleu pâle. Louis Bayard.

Publié le 1 Octobre 2007

Enfin ! Enfin un livre qui tient toutes ses promesses. Et tout cela ne commençait pourtant pas sous les meilleurs hospices. Je m’explique. Comme tout bon amateur de film qui se dirige vers les productions de ses réalisateurs préférés (plutôt que de ses acteurs fétiches), j’ai mes maisons d’éditions « référence » (Le diable Vauvert, L’Olivier, Baleine, Flammarion et Grasset parfois, le Dilettante…). Là, Le Cherche Midi (on démarre mal, ma dernière expérience en date (voir post concernant « L’Egyptologue ») demeurant contrasté. N’est-ce pas Pandanta…). Autre piste (j’explique pour les étudiantes en DUT métier du livre qui se posent la question) : l’auteur. J’ai, là aussi, mes incontournables (Paul Auster, Bret Easton Ellis, Chuck Palahniuk, Michel Houellebecq, John King, Umberto Eco, TC Boyle…) vers lesquels je me dirige sans hésiter. Celui-ci n’a qu’un livre traduit en Français, celui-là précisément. Donc on accumule les difficultés… mais allez savoir pourquoi, je demeurais confiant. Ce je-ne-sais-quoi qui me faisait prendre ce bouquin et ne plus le lâcher lorsque je le découvrais. Et grand bien m’en prit ! Car, pour une fois, la 4éme de couv’ disait vrai :   

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«D'une intelligence ahurissante. Bayard renouvelle complètement le thriller historique.»
The New York Times.

À la façon de Caleb Carr dans L'Aliéniste, ou de Matthew Pearl dans Le Cercle de Dante (ndr : que j’avais trouvé très chiant, soit dit en passant et sans grossièreté aucune), Louis Bayard nous propose avec Un oeil bleu pâle un thriller gothique et érudit d'une intensité rare. Multipliant les énigmes, les fausses pistes, les trompe-l'oeil, il construit une intrigue qui prend racine dans la vie et les oeuvres d'Edgar Poe, au suspense constant et au final étourdissant.

1830. Landor est un vétéran de la police de New York, désormais à la retraite. Personnage complexe, usé par les années de service et des tragédies personnelles, il répond à l'appel des autorités de l'académie voisine de West Point lorsque la dépouille d'un élève officier, retrouvé pendu, est atrocement profanée. Landor accepte de mener l'enquête et prend pour assistant un élève de West Point sombre et tourmenté, nommé Edgar Poe. C'est le début d'un terrible voyage au coeur des ténèbres pour les deux hommes qui, lancés sur la piste d'un tueur aussi terrifiant que machiavélique, devront affronter leurs propres démons, alors que l'académie entière est prête à basculer dans la folie. Tandis que les cadavres se multiplient, Landor et Poe pénètrent les arcanes mystérieux de West Point, entre sociétés secrètes et sacrifices rituels, jusqu'à une conclusion aussi stupéfiante qu'imprévisible. »


Intelligence rare, renouvellement du thriller historique (genre dont je suis friand avec tout ce que cela génère d’exigence) et surtout conclusion aussi stupéfiante qu’imprévisible (là, je me méfie plutôt dix fois qu’une, on nous l’a si souvent servie pour rien que…). Bref, je ne demandais qu’à voir. Et j’ai vu. Si vous aussi vous êtes à la recherche d’un bouquin bien écrit (si si), avec une bonne histoire (si si), un suspense qui en est un, une ambiance bien posée et surtout, surtout, une fin qui vous fait dire « celle-là, j’l’ai pas vue venir », ce livre-là est pour vous. En plus, cet auteur parvient à vous mener là où il le veut : quelques pages avant la fin, le dénouement arrive, une histoire qu’on accepte en ce disant, eh merde, je me suis encore fait avoir, c’était cousu de fil blanc, je m’en doutais depuis une centaine de pages… sauf qu’il y a les vingt derrières pages et que là… mais je n’en dis pas plus ! Ce serait déflorer une intrigue qui ne le mérite pas. Et puis cette idée d’intégrer Edgar Allan Poe au récit, d’en faire l’un des personnages centraux…

Un vrai bon moment de littérature, c’est assez rare pour être signalé.

Autant dire que j’attends avec impatience que les autres livres de cet auteur soient traduits (faudra vraiment que je me mette sérieusement à l’Anglais moi, histoire de pouvoir lire dans le texte).

« Un œil bleu pâle », Louis Bayard, 523 pages. Le Cherche Midi éditeur.

 

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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Willow 12/04/2008 14:45

Bonjour, je viens de terminer la lecture d'un oeil bleu pâle et j'avoue avoir grandement apprécieé. Au début l'écriture m'a paru un peu désuette mais très vite je me suis laissé prendre au jeu. Je ne le regrette pas et comme toi je conseille ce roman à tous les lecteurs.

pafdantaface 14/10/2007 13:52

Bon ben je vais investir là dedans alors :D, faut bien que je lise quelque chose avant la sortie (j'ai honte ...) du dernier Harry Potter en français, héhé ...Cordialement, Pafdantaface ;)

JP 15/10/2007 10:33

Bonne lecture alors. J'espère sincèrement que ça va te plaire (me v'là avec une sacrée responsabilité sur le dos moi).Harry Potter... c'est ce joueur de foot anglais non ?