Pas un mais deux.

Publié le 27 Août 2007

Bon, c’est la rentrée et, comme je suis un garçon gentil et serviable, je vous en donne deux pour le prix d’un. Je suis comme ça.

 



Commençons tout d’abord par « Pour le meilleur et pour l’empire », de James Hawes, publié aux éditions de l’Olivier (aux alentours de 20.00 €). Souvenez-vous, je vous disais récemment que j’étais en train de le lire, que jusque là tout allait bien mais qu’échaudé par ce que vous savez (voir épisode précédent), j’attendais la fin pour pouvoir me prononcer. Eh bien soyez satisfaits, sonnez trompettes, résonnez clairons, j’ai fini. Et le résultat est plutôt positif. Bon bouquin. Pas le meilleur du genre mais égal sur la longueur et assez barré pour me plaire. L’histoire en quelques mots :

 

« Pour le meilleur et pour l'Empire », conte l'histoire de Brian Marley, un minable professeur d'anglais, endetté, désabusé et lâche. Un vrai looser. Pour se prouver que sa vie vaut encore la peine d’être vécue (et aussi tenter de faire fortune), il accepte de participer à un jeu de téléréalité, sorte de Koh-Lanta de l'extrême où celui qui ne meurt pas a gagné. Mais alors qu'il touche du doigt la victoire, un improbable accident d'hélicoptères anéantit tous ses espoirs, le laissant véritablement seul dans une jungle plus qu’hostile (crocos mangeurs d’hommes, araignées grosses comme des assiettes j'en passe et des meilleurs…). Sur le point de se laisser mourir, il tombe pourtant nez à nez avec une colonie d'Anglais tout droit sortis des années 1950 (rescapés d’un terrible accident d’avion provoqué… par un missile rouge en pleine guerre froide). Cette colonie est dirigée d’une main de fer par le Directeur, un ancien éducateur physique aux mœurs… enfin, je ne vous en dit pas plus. Si ce n’est que, devenu un héros, des équipes de sauvetages sont envoyées récupérer le malheureux Marley et voilà toute la petite colonie de retour en Angleterre…

 

Mélange d’Hybernatus et de satyre sociale comme seuls les Anglais savent en faire, le tout bien évidemment teinté d’un humour so british (on site les Monty Python en 4é de couv’, c’est dire !), ce livre est à la fois réjouissant et provocateur (le retour du Directeur en terre Anglaise vaut son pesant d’or à lui tout seul. La chienlit je vous dis ! mais on va mettre bon ordre à tout ça, c’est moi qui vous le dit). Bref, un livre joyeux, qui n’est pas sans rappeler les aventures d’un autre prof raté, Wilt (de Tom Sharpe, souvenez-vous). Vous l’aurez compris, ce n’est pas franchement révolutionnaire, mais qu’est-ce que ça fait du bien.

 

Le second bouquin, quant à lui, est d’un genre plus radical, moins « grand public » si j’ose m’exprimer ainsi :

 

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« (I can’t get no) Mastication ». De Jean-Luc Bizien. Editions la Baleine (9.90 €), collection club Van Helsing.

 

Bon, autant le dire tout de suite, c’est le genre de roman qu’on dévore en un après-midi (ou un voyage en train, en avion, en trottinette, bien que, dans ce cas, ce soit plus dangereux, faites donc attention). Et ce n’est pas pour autant un livre jetable. Non. Disons plutôt qu’il s’agit d’une autre forme de littérature. Publié chez La Baleine, à qui on devait déjà la série du Poulpe (Gabriel, si tu nous écoute !), nous sommes à nouveau face à une série, déclinée par plusieurs auteurs, sous l’appellation générique de « club Van Helsing », en hommage, vous l’aurez compris, au chasseur de vampires créé par Bram Stocker, le papa de Dracula himself (on est entre gens de bonne compagnie donc). En deux mots, le principe général de l’affaire :

 

« Sur le modèle du Poulpe, deux jeunes directeurs de collection ont inauguré le 11 Mai 2007 le «Club Van Helsing». Las des étiquettes, Guillaume Lebeau, issu du thriller, et Xavier Mauméjean, plutôt SF, demandent à leurs auteurs d'écrire des fictions basées sur des monstres ancrés dans l'imaginaire populaire. Deuxième condition : ces monstres doivent faire face au club de chasseurs dirigé par Hugo Van Helsing, le descendant du célèbre héros imaginé par Bram Stocker sur les traces de Dracula. Vampire (chez Guillaume Lebeau), Sphinx (Johan Heliot), Loup-garou (Jean-Luc Bizien) et Golem face au Djinn (Maud Tabachnik), pour un « Tous ne sont pas des monstres » qui se lit d'une traite. » (présentation débusquée sur le Net).

 

NOTE A L’ATTENTION DE WILLY (mais les autres peuvent lire aussi, qu’ils se rassurent): LIS LA SUITE, TU VAS VOIR, TU VAS ADORER (SI SI, J’EN SUIS SUR) (je suis obligé de parler fort car il est de plus en plus loin... mais où s'arrêtera-t-il ? Lunéville ? Mazette !). Pardon pour ce message somme toute personnel (and sa private-joke) et reprenons là où nous nous en étions arrêtés :

 

Je viens donc de terminer « (I can’t get no) mastication » de Jean-Luc Bizien (rien que le titre, j’adore !). C’est l’histoire de Vuk, ancien boucher Serbe qui reprend du service, après cinq passés dans la légion (que voulez-vous, faut ce qui faut), au sein du fameux club Van Helsing. Sa spécialité, buter du monstre. Et vous l’aurez compris, ce n’est pas le genre de mec à lire Oui-Oui le soir, avant de s’endormir. Bref, chargé comme un mulet (eh oui, en plus, il se drogue !), le gonze défouraille en public et tire sur tout ce qui bouge (si possible avec des balles en argent, le garou, ça digère mal les métaux précieux et bénis à ce qu’il paraît). Parce que ceux à qui il a affaire seraient plutôt du genre lycanthrope si vous voyez ce que je veux dire… Et quand vous saurez qu’en plus ça se passe dans le milieu Goth, qu’on y voit des vampyres (avec un « y » ceux-là), que Vuk attaque toujours avec du Motörhead à fond dans le casque (ou à défaut du Ginderman), que Marylin Manson y est traité de lopette, qu’un chasseur, parfois, ça peut se faire mordre, que l’empire de la bourse est aux mains des forces de l'ombre et que… mais je m’arrête là, j’en vois déjà qui suffoquent. Allez, à la votre ! Et bonne santé à tous ah ah ah ah ah ah !!

(au passage, notez la photo de l’auteur présentée en couverture intérieure, ça met dans l’ambiance… vivement que Jean d’Ormesson nous en ponde un, on va bien rigoler !)

 

Le site non officiel (blog) :

http://www.clubvanhelsing.com/

et l’officiel (qui, pour l’instant, à part faire joli ne sert pas à grand-chose…) :

http://www.c-vh.org/

Rédigé par JP

Publié dans #Livres à lire

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