Le futur n'est pas écrit.

Publié le 12 Juillet 2007

Drôle. Aujourd'hui, hier, enfin, y'a pas longtemps, sortait sur les écrans le "rockumentaire" de Julian Temple consacré à Joe Strummer. En cherchant des critiques sur le web, je tombe sur un papier élogieux du Figaro. Drôle. La récup', les années passées. Ces gens là représentent tout ce qu'il détestait. Mais ça fait bien, avec le recul, d'aimer Strummer et sa bande de Clash. Triste. Je me souviens encore du jour de sa disparition. Certains vous diront ce qu'ils faisaient le jour où Kennedy s'est fait flinguer ou celui où l'homme a posé sa pantoufle sur la lune et moi-même , évidemment,  je sais que le 11 septembre 2001 j'étais à Montpellier, qu'il y avait des postes de télé dans la rue et des gens devant. Et puis le silence aussi. Le 22 Décembre 2002, j'ai pas pleuré, mais j'étais triste. Comme quand on perd un copain qu'on n'a jamais rencontré. Un type qu'on ne connait pas vraiment (ou si peu) mais qui vous accompagne depuis si longtemps qu'il fait partie du paysage. En apprenant la sortie de ce film, j'ai balancé un mail à mon pote Willy histoire qu'on se fasse la toile ensemble (au fait, je vous ai dit qu'il avait eu son PLP2, appelez le dorénavant The Professor, Mad Professor). Et puis j'ai repris mes recherches. Je voulais des traces. Je suis tombé sur celles-là et j'ai eu envie de les partager. Tout simplement.

 

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"Petite virée à l’avant-première du nouveau film de Julien Temple. Et si c’était ça, la vie : une succession de déconvenues ? Et si c’était ça le punk-rock : la bande son idéal d’un monde brisé ?

Hier, à Paris, sur un écran géant, le p’tit gars de Londres. Sa gueule en énorme, ses dents en perdition, son regard ni tout à fait triste ni tout à fait brûlant. Il est là, deux heures trente durant, il est comme toi, vieillissant, ça va vite un film, ça va vite la vie, à la fin, il est grassouillet, un ami d’enfance qui portera son cerceuil dit qu’il a dû prendre sa guitare avec lui, tellement Joe a pris du poids.

Il est là, bigger than life, big audio dynamite, il mue. Hippie, punk, pasteur, squatts puis stades, l’ami de tous, perdu à Paris, comédien raté, musicien rateur. Il est Gene Vincent et Vince Taylor à la fois, jamais vu un mec battre la mesure comme ça. Cette manie de vouloir enfoncer la vie sous le plancher. Puis, comme tout le monde, il devient Papa. Comme tout le monde, il a des secrets, des suicides qui le hantent, des trucs intérieurs qu’on ne règle jamais tout à fait convenablement.

La presse anglaise a parlé de film " touchant " ou " émouvant ". Les cons. C’est tellement plus que ça.

Est ce que la vérité se situe au début, au milieu ou à la fin d’une vie ?

Dans la salle de ciné du Forum des Halles, pleine à craquer, il y a beaucoup de minets, beaucoup de pose. Des regards de morgue et de mort. C’est une avant-première et les gens se regardent comme à un enterrement. Les gens ne rient pas, alors que c’est si drôle la punkitude. Ils prennent tout ça au sérieux, la faute, un peu, à Julien Temple, le réalisateur. D’Action Joe, il a tendance à en faire un intouchable, qui serait juste légèrement ultra-libéral en ce qui concerne ses musiciens (Joe virait ses amis comme Tapie ses ouvriers). A la fin, Joe pose la seule question qui vaille : " est ce que la vérité se situe au début, au milieu ou à la fin d’une vie ? ". Du Clash pur. Un riff et ça change. Une chanson et tout change.

Le tour de force du film est là. " Le futur n’est pas écrit ", traduction littérale du titre, dit bien ce qu’il veut dire. Ce documentaire n’est pas tourné sur le passé. Il parle d’énergie, d’incandescence, de mecs qui se brûlent les mains et les médiators. Le film n’a rien de nostalgique, quand bien même sa scénographie d’interview est assez guimauve (l’idée, je vous la donne : Joe aimait les feux de camp, donc on réunit les vieux amis autour d’un feu de camp. Chance que Joe n’aimait pas les chambres frigorifiques, Julien Temple aurait eu l’air malin).

 

" Joe Strummer, the future is unwritten (le Clash, avant, et après) " sortie le 11 juillet. Foncez, défoncez."

 

La source de ce billet: http://www.davduf.net/Joe-Strummer-the-future-is.html

 
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Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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