Alain Colas

Publié le 2 Novembre 2005

Hommage tardif à Alain Colas

 

27 ans après la disparition du navigateur, un monument de Clamecy va rappeler sa mémoire

 

"Cette affaire va enfin voir sa conclusion ", explique le maire de Clamecy, Bernard Bardin, président de l’Association pour le monument à Alain Colas (AMAC). Il était temps: 27 ans après la disparition du navigateur en 1978, aucune plaque commémorative, rue ou monument de Clamecy ne porte son nom. Un monument sera inauguré plage de La Tambourinette fin 2005 ou début 2006.

 

 

 

Pourtant, dès 1980, à l’initiative du conseil général, dont François Mitterrand était le président, était créé un " Comité de coordination pour élever un monument à Alain Colas ". Ce projet a été oublié après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République. En mai 1985, le comité a été réuni et a lancé l’idée d’une souscription nationale.

En juin 1985 a été diffusée au niveau international une plaquette bilingue, français et anglais, financée par le conseil général (30 000 francs, soit 4 573 euros) et la ville (20 000 francs, soit 3 000 euros) qui a eu peu de retours.

L’AMAC a été créée en septembre 1985 et a fait de la communication, notamment deux malles pédagogiques pour les écoles financées par le département (35 000 francs, soit 5 300 euros) et la ville (15 000 francs, soit 2 280 euros). Mais la souscription rapportait toujours peu.

Au milieu de l’Yonne

Après l’élection de Bernard Bardin à la présidence du conseil général en 1987, l’idée a été de demander une commande publique pour ce monument.

En 1989, la Délégation aux arts plastiques a présenté un projet de buste d’Alain Colas qui serait installé au milieu de l’Yonne. Lors des crues de la rivière, le buste aurait pu être submergé, ce qui a offusqué la famille du disparu en mer (Ndl: à juste titre). Le projet a été abandonné. En mai 1990 a été présenté un nouveau projet de monument, non retenu car il coûtait plusieurs millions de francs.

En mars 1995, l’AMAC a décidé d’ériger un monument plage de La Tambourinette, où Alain Colas a créé le club de canoë-kayak qui porte maintenant son nom. Ce monument serait financé par la ville, le conseil général, le conseil régional et les 30 000 francs en caisse de l’AMAC. Le 27 septembre 1995, le conseil municipal de Clamecy a approuvé ce projet dans le cadre d’un nouvel aménagement des vestiaires du club de kayak.

Les financements ont été trouvés en 2003. Les travaux des vestiaires ont commencé au printemps dernier et viennent de s’achever.

Le projet prévoit une statue d’Alain Colas, dont le piédestal est déjà installé sur le quai des kayaks, et un vitrail sur la façade représentant les bateaux d’Alain Colas, Manureva et Club Méditerranée. La statue est estimée à 66 000 euros HT et le vitrail à 13 696 euros HT.

Le conseil général a promis 10 000 euros, le conseil régional étudie la subvention, l’AMAC donnera tout l’argent de la souscription, environ 6 000 euros, avant de se dissoudre, et la ville paiera le solde. Alain Colas aura enfin son monument à Clamecy.

SOUSCRIPTIONS

Ce n’est pas la première fois à Clamecy qu’une souscription s’avère infructueuse. Au XIXe siècle, il y a eu une souscription pour une statue de Jean Rouvet, " inventeur du flottage ". La somme collectée était insuffisante et c’est un buste en bronze de Bonaparte en Premier Consul qui a fait l’affaire et a été inauguré en octobre 1828.

 Guy MOUGET (article paru dans l’Yonne Républicaine du 03/11/05)

 --------------------------------------------------------------------------------

Alain Colas, enfant de Clamecy

 

Né le 19 novembre 1943 à Clamecy, fils d’un faïencier, Alain Colas a étudié au collège de la ville, puis à Auxerre, Dijon et Paris où il a obtenu une licence d’anglais et de lettres. En 1965, il est parti enseigner le français à Sydney, en Australie, où il a découvert la navigation à voiles. Rencontrant Eric Tabarly en 1966, ce dernier lui a proposé son premier embarquement à bord de Pen Duick III dans la course Sydney-Hobart. Il a appris à naviguer et a subi son premier cyclone. Il a ensuite acheté le trimaran Pen Duick IV à Eric Tabarly. En 1972, il a gagné la 5e Transat anglaise. Modifiant son bateau, rebaptisé Manureva, il a fait le tour du monde en 169 jours après avoir franchi le cap Horn, son rêve, le 3 février 1974. Créant un bateau géant, le Club Méditerranée, il a participé à la Transat 1976, gagnée par Eric Tabarly avec six heures d’avance. Voulant sa revanche, il a pris le départ de la première Route du Rhum, en 1978, avec Manureva. Le 16 novembre à 4 heures du matin était établi le dernier contact avec le navigateur. Alain Colas était père de trois enfants qu’il a eu avec sa compagne tahitienne, Teura.

 

Rédigé par JP

Publié dans #Clamecy

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article