Les virtualistes

Publié le 20 Octobre 2005

Edito des Virtualistes.

 

Il est des temps propices à la résistance passive, d'autres à la résistance active.


Il y a un an, des milliers de sites français fermaient en soutien aux procès opportunistes intentés à AlternB et à son propriétaire Valentin Lacambre. Babelweb.org, babelweb.org/virtualistes et virtualistes.org en étaient..."partis pour Croatan". Puis vint le dégout du Web, de ce que nous pressentions qu'il allait devenir, un territoire annexé par les marchands, au profit des marchands. Absents nous décidâmes donc de rester, non désireux de participer à cette ruée vers l'or. Surtout pas en nous affichant comme artistes. La marchandisation est trop contaminante, et toute chose placée dans la vitrine est irrémédiablement assimilée. De plus les textes et artistes présents sur notre site restaient accessibles sur babelweb.org/virtualistes pour qui savait les adresses.

 Aujourd'hui, les choses ont changé. Babelweb.org n'est plus, ce qui ne signifie pas qu'il ne sera plus.
La Net économie fait rage, le Web est devenu un océan de start-ups insipides, vulgaires boutiquiers totalement dénués de conscience politique et humaine, adeptes frénétiques de l'OPA et de la retraite dorée à trente ans. C'est le règne des aggrégateurs de "contenus" (un bien grand mot) et des futurs portails "d'information". Bienvenue dans le monde planétaire rassurant de Mc Donald, Coca Cola, TWAOL et Mannesfone. Nous y voilà. Les sommets de l'info-spectacle sont dépassés : après les marchands de fringue qui affichent sans vergogne des condamnés à mort sur les murs des villes, voici venir les épiciers du multimerdia, les grossistes de la culture en bouquet, les vendeurs de pseudo-information au poids. Je vous en met combien de tranches ?

Il y a plus grave. Beaucoup plus grave Les pressions des méga-groupes multimédia, accompagnées par des états complaisants et interessés, sur les législateurs s'accentuent. Le bien public s'effrite au fil de lois scélérates privatisant tout ce qui peut l'être, jusqu'à l'absurde. Le contenu, jadis révéré, n'est plus qu'un produit d'appel comme un autre. La vie privée se fait rare, donc précieuse car source de revenus pour ceux qui demain vendront de la "protection". Nous sommes réduits à n'être plus que des abonnées, vendus en listing au plus offrant, chaire à base de données analysée, disséquée, surveillée à l'insu de notre plein gré. Déjà,nous n'avons le droit d'être nous que si ils en savent tout.

 Il est donc temps de ré-ouvrir. Sans présomption bien sur, nous ne sommes rien, tout juste un grain de sable. Mais qui peut savoir l'effet d'un grain de sable, et un autre, et quelques autres encore dans les rouages de la machine ?


Il est temps d'ouvrir le site, d'ouvrir sa gueule, d'ouvrir les hostilités, d'ouvrir si possible une brèche dans le mur de la prison cybernétique que l'on en train de construire autour de nous, sans oublier d'ouvrir les yeux sur les indécences du monde au delà de la fièvre Internet.

La suite ? http://www.virtualistes.org/edito.htm

Avec notamment les textes suivants dans leur version intégrale.

Les Zones d'Autonomie Temporaire d'Hakim Bey (ouvrage déjà évoqué précédemment)

L'ouvrage "La résistance électronique et autres idées impopulaires" du Critical Art Ensemble

Rédigé par JP

Publié dans #ça n'engage que moi

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