De Vermis Circulis, Hugues Canetti.

Publié le par JP Favard

 

C'est à un bien curieux voyage que nous convie La Clef d'Argent – éditeur que l'on ne présente plus (moi en tout cas). Car voici un de ces OLNI (Ouvrage Littéraire Non Identifié, est-il encore besoin de le préciser ?) comme en raffolent les plus exigeants, les plus audacieux, les moins conformistes des lecteurs et dont s'est fait une spécialité la petite maison d'édition Jurassienne. Un recueil (livre de bord ? compte-rendu d'expériences ? rapport de police ?) où se mêlent, s'entrecroisent et se répondent témoignages, extraits d'enregistrements, bribes de correspondance, de conversations, notes internes plus ou moins achevées... portions de textes, simples phrases, pensées éparses, jusqu'à des extraits de devoirs de classe. L'auteur de cet impressionnante collection est un certain Hugues Canetti, aujourd'hui disparu dans de mystérieuses circonstances (on parle d'un suicide). Les deux exposés d'ouvertures du volume, signé pour l'un par Sylvain-René de la Verdière (au nom de la revue des deux Zeppelins) et l'autre par Francis Thievicz reviennent sur les origines de ce De Vermis Circulis à côté duquel il serait bien dommage de passer. Et même si l'on signale que l'ouvrage en question reste inachevé, il ne faut pas prendre peur car ce qui est « achevé » ne l'est pas vraiment - ou l'est mais diablement bien. Et le mystère au cœur duquel il nous plonge est de ceux qui vous hantent longtemps. Une atmosphère brumeuse, une ambiance Lovecraftienne du plus bel effet. Un ouvrage délicieusement inquiétant que l'on peut picorer en suivant les pages ou en les ouvrant au hasard, une zone étrange qui se dévoile lentement jusqu'à menacer de vous rendre complètement fou.

Une expérience.

Estampillée... "documents".

 

Extraits :

 

Témoignage de Lucie, 10 ans.

On nous interdit de nous approcher de cette partie de la plage et de la colline aux lilas. On dit qu'une sorcière y habite et qu'elle dévore les enfants, mais ce n'est pas vrai : elle dévore les adultes et tous les animaux.

 

Fragments d'article paru dans les Embruns.

Les recherches entreprises pour retrouver la dépouille du jeune Loïc Crosse ont conduit à la découverte d'un charnier au pied de la falaise de la Sargue. Les corps, dont celui de Loïc, ont de toute évidence été ordonnés par des mains humaines, et chacun présente des symboles indéchiffrables tailladés sur le torse [...]

 

Plaisanterie entendue à la Taverne du Pélican.

Pas étonnant que les pêcheurs rêvent de vers géants, vous avez vu la taille du poiscaille qui traîne dans les eaux ces derniers temps ?

 

Ashmfh'm sz'tgn'nga

 

A noter l'existence d'un extension numérique de ce recueil, produite et alimentée par les préfaciers précédemment nommés et proposant, en ligne, d'autres documents en leur possession apportant ainsi de nouveaux éléments à la réflexion engagée par cette lecture. Une originalité qu'il ne faut pas manquer de signaler (ce que je fais).

https://devermiscirculis.jimdo.com/

 

 

Titre: De Vermis Circulis

Auteur : Hugues Canetti

Éditions : La Clef d'Argent, 145 pages, 12 €.

 

Sur le site de l'éditeur :

http://clefdargent.free.fr/dvc.php

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