L'homme des bois, Pierric Bailly.

Publié le 26 Février 2017

 

À chaque nouvelle publication de Pierric Bailly, je me surprends à être enthousiaste. Depuis 2008 (déjà !) et la découverte de ses tagazous Jurassiens (« Polichinelle », éditions POL), cet auteur-là fait partie de « ceux que je suis, contre vents et marées » (surtout contre les marées, ne me demandez pas pourquoi, je serai bien incapable de vous l'expliquer, sans doute une figure de style). Bref, à mon sens et selon un avis strictement personnel mais que je partage, Pierric Bailly est un des auteurs les plus intéressants actuellement en activité dans notre beau pays (je l'écris et je l'assume, que ceusses qui ne seraient pas d'accords avec ce jugement me jettent leurs premiers exemplaires de Marc Levy à la face).

Il est donc normal qu'aujourd'hui je chronique son nouveau né, « L'homme des bois » (toujours chez POL, parce qu'en plus d'avoir du talent, l'homme est du genre fidèle).

 

Bon, autant vous le dire tout de suite, le sujet, cette fois, est des plus sérieux. La mort. Celle de son père. Dans un accident. Mais là où l'on pourrait craindre un pathos larmoyant ou une succession de regrets infinis (craindre mais également et bien évidemment comprendre), Pierric (tu permets que je t'appelle Pierric, n'est-ce pas ?) nous livre un récit tout en retenue, pudique et intime (sans que jamais l'on ne se sente comme un voyeur malsain, un étranger à qui ces mots ne devraient pas être destinés).

Quatrième de couverture : « L'homme des bois n'est pas seulement le récit de la mort brutale et mystérieuse de mon père. C'est aussi l'évocation de la vie dans les campagnes françaises à notre époque, ce qui change, ce qui se transforme. C'est l'histoire d'une émancipation, d'un destin modeste, intègre et singulier. C'est enfin le portrait, en creux, d'une génération, celle de mes parents, travailleurs sociaux, militants politiques et associatifs en milieu rural ».

Cette ruralité, c'est le Jura. Clairvaux-les-lacs, Lons-le-Saunier, La Frasnée... c'est le parcours d'un homme extraordinaire banalement ordinaire, mort en allant cueillir des champignons, bon vivant, passeur et passionné. Un solitaire toujours bien entouré. Un de ces anonymes que l'on ne remarque pas même s'il est bien plus remarquable que nombre de soi-disant célébrités. Un portrait tout en douceur, à peine en creux, tout juste en déliés, la lettre d'amour d'un fils à son père avec, pour point d'orgue, la cérémonie d'adieux où tous furent les bienvenues à part, peut-être, « les chiens et les curés ».

Pierric sera en dédicace à la librairie Passerelle, à Dole, vendredi 3 mars, à partir de 17h.

 

Titre : L'homme des bois.

Auteur : Pierric Bailly.

Éditeur : P.O.L. (153 pages, 10 €)

http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-4183-3

 

Rédigé par JP Favard

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