Le gang des Dalton, Emmett Dalton.

Publié le 28 Novembre 2016

 

C'est à la découverte d'un document historique que je vous invite cette fois. Le témoignage, de première main, d'un des épisodes les plus « romanesques » du grand Ouest américain. Les véritables aventures des frères Dalton et de leur bande de renégats ! Ni plus ni moins.

Mais avant cela, quelques précisions utiles. Morris, en créant ses célèbres personnages destinés à donner du fil à retordre à son héros Lucky Luke a apporté à ces hommes une renommée à laquelle ils ne s'attendaient sans doute pas (et je ne vous parle même pas de Joe Dassin). Car il y eut bel et bien de vrais frères Dalton (famille nombreuse, une quinzaine d'enfants, pas tous truands). Si Morris a emprunté leur nom à cette fratrie, il n'a tout de même pas été jusqu'à les confondre car ses Joe, Jack, William et Averell qui sont les cousins des vrais Dalton (en tout cas, ils sont présentés comme tels dans la BD). Et Ma Dalton ? Mais bien évidemment qu'elle a existé, que croyez-vous ?

Au début, les Dalton étaient plutôt de bons enfants. Élevés à la dure par un père, héros de la guerre contre le Mexique, qui avait à cœur d'en faire de bons citoyens, ils furent, pour la plupart, deputies marshals (représentants de l'ordre en d'autres termes). Ils pourchassaient les méchants, faisaient régner l'ordre et la loi. Jusqu'à ce que... Comme l'écrit (fort bien, il convient de le noter) Emmett Dalton (seul survivant de la fratrie après l'attaque simultanée de deux banques à Coffeyville en 1892), l'ouest était alors un endroit sans foi ni loi et c'est précisément cette absence de règles (en dehors de celles que l'on faisait siennes, s'entend) et des excès auxquels cela a mené (surtout de la part des « dirigeants ») qui ont poussé les frères Dalton (et quelques autres de leurs amis) à franchir le rubicon. Et notamment cet épisode qui les vit accusés d'une attaque de train qu'ils n'avaient pas commise. Accusés à tort donc. Puis pourchassés. Avec leur tête mise à prix. Et ce, sans bien évidemment la moindre chance de pouvoir se défendre... Leur ennemi était désormais tout trouvé, et ils allaient attaquer des trains de la compagnie qui avait « volé leur vie » (trains qui se rendaient généralement sans opposer de résistance, leur réputation les précédant et amenant les mécanos à déposer les armes avant même qu'ils ne les mettent en joue). Jusqu'à l'épisode qui marquera la fin tragique de leurs « aventures » avec la mort de la majeure partie de la bande, à Coffeyville. Mais là n'est pas le véritable intérêt de cet ouvrage (format poche, qui se lit comme un roman). Non, l'intérêt, c'est avant tout la relation qui est faite de cet ouest sauvage si souvent décrit, dépeint et surtout idéalisé. Emmett Dalton a en effet pris part à cette Histoire, il a été de la plupart des (mauvais) coups, a essuyé des tirs et failli en mourir. Il a croupi en prison durant plus de quinze années. Et, à sa sortie, s'est fait le chantre de ceux qui étaient restés « à l'intérieur ». Il a reconnu la valeur de certains directeurs de prison, en a maudit d'autres et surtout, il a achevé son récit par une attaque en règle du système pénitentiaire de son époque, sa totale « pourriture » (les prisonniers étaient les esclaves de patrons qui les exploitaient jusqu'à la mort le plus souvent). Un scandale qu'il s'est fait fort, jusqu'à sa propre disparition, de dénoncer dans tout le pays. Cet ouvrage est un des éléments de cette véritable mission. Et il vaut surtout pour cela. Une pensée forte, vieille de près d'un siècle et qui en dit long sur le chemin qu'il reste encore à parcourir, notamment en terme de réinsertion (les solutions qu'il donne semblent pourtant si évidentes...). Une véritable diatribe, d'autant plus argumentée qu'elle provient d'un homme dont on ne peut mettre en doute la parole. Et encore moins l'intégrité.

Extraits :

« En ces époques barbares, ce que nous percevions de la loi n'était qu'une des facettes de la corruption légitimée par l'institution. [...] Nous ne combattions pas la loi mais la manière dont on nous l'imposait. » (page 16).

« La vie dans l'Ouest constituait le paroxysme de la loi du plus fort. » (page 36).

 

Titre : Le gang des Dalton – notre véritable histoire (titre original : « Beyond the law », 1918)

Auteur : Emmett Dalton (préface et postface de Raphaël Espineira)

Éditions : Petite biblio Payot – histoire (203 pages, 8 €).

 

Sur le site de l'éditeur :

http://www.payot-rivages.net/livre_Le-Gang-des-Dalton-Emmett-DALTON_ean13_9782228916288.html

 

Rédigé par JP Favard

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