Carnets noirs, Stephen King.

Publié le 20 Avril 2016

Carnets noirs, Stephen King.

L'an dernier (ou bien était-ce il y a deux ans déjà ?), Stephen King sortait un roman policier, Mr Mercedes. Sympa. Pas un incontournable mais sympa. Surtout pour ses personnages, assez atypiques pour en devenir attachants. Un vieux flic à la retraite, une autiste asperger et un jeune black (ne rien voir de péjoratif dans ce « black » là, bien au contraire). Ensemble, ils avaient réussi l'impossible, à savoir, sauver leur comptant d'adolescents et mettre à mal un « mass murderer » pour le moins abjecte (pléonasme). Tout cela avec du rythme et une bonne touche d'humour (noir, comme il se doit). Son compte de rebondissements. Et de morts violentes. Bref.

L'annonce faite était celle d'une trilogie et quand le second tome, « Carnets noirs » (en vf) est sorti, en mars dernier, je me suis dit « pourquoi pas poursuivre l'aventure ? ». Et la voilà, la bonne nouvelle. La grande idée. La preuve définitive que ce type-là est un malin. Un filou. Un putain de grand auteur. Car ce second opus est mené pied au plancher, certes. Et le vieux flic n’apparaît qu'en seconde partie (ah oui ?). Car il y a la première partie (et sa scène d'ouverture !). Parce que cette première partie-là pose des bases dignes des plus grands romans noirs (un type qui en bute un autre, vole du fric ET des carnets, tombe pour autre chose, part en taule (j'arrête là le spoiling, promis). Un ado qui, des années plus tard, trouve le fric et les carnets... La crise qui frappe et n'épargne personne... Le tout qui mêle l'histoire d'écrivain mythique, vivant en reclus et qui... OK, OK, j'avais dit que j'arrêtais le spoiling, donc, j'arrête.

On pense bien évidemment à Misery (le fan qui agresse son auteur favori parce qu'il a malmené son héros de papier et que ce n'est pas (du tout) de son goût). Mais bien plus que de Misery (et même plus que de l’œuvre de King lui-même) c'est de la littérature américaine dans son ensemble qu'il est ici question. Celle des Hemingway et des Dickens. Celle de tous ces auteurs que l'on étudie et auxquels on érige des statues. Et d'ailleurs King ne s'en prive pas. Mieux, il s'en amuse. Joue avec les codes et plus que les codes, les références (dont celle, évidente ici, du roman Un monstre à abattre (The Executioners) de John D. MacDonald paru en 1958 et adapté au cinéma successivement par Jack Lee Thompson en 1962 et Martin Scorsese en 1991, avec De Niro dans le rôle principal, sous le titre de Cape Fear (ou « Les nerfs à vif » en vf). La même peur éprouvée pour les « victimes » potentielles, le même mal incarné, implacable et buté.

La troisième partie du roman est une pure course contre la montre où une fois toutes les pièces mises en place les plans, les points de vues, les scènes se succèdent et s'entre-croisent à un rythme effréné, laissant le lecteur hors d'haleine. Et surtout incapable de s'arrêter. De reposer le bouquin. De ne pas tourner une autre page. Encore et encore. La technique du cliffhanger poussée à son paroxysme. Et la fin...

La fin qui appelle tout simplement le troisième volume. Et à nouveau un sacré clin d’œil. Avec (attention, ultime spoiler) un retour aux sources annoncé pour Mr King. Mais là, vous pouvez compter sur moi, je ne vous en dirais pas plus. Sauf, peut-être, que tout cela est bougrement :

Malin.

Brillant.

Jouissif au possible.

Une rapide recherche sur le net m'a permis d'apprendre que : « End of Watch » est un roman policier de Stephen King à paraître aux États-Unis le 7 juin 2016. Ce roman est, après Mr. Mercedes et Finders Keepers (titre original de ces « Carnets noirs »), le troisième tome d'une trilogie centrée sur le personnage de Bill Hodges, policier à la retraite.

Un troisième titre que j'attends désormais avec une impatience certaine.

Titre : Carnets noirs.

Auteur : Stephen King.

Éditions Albin Michel, 426 pages, 22,50 €

Rédigé par JP Favard

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