Le voyage des enfants perdus, Patrice Dupuis.

Publié le 29 Mars 2016

Le voyage des enfants perdus, Patrice Dupuis.

Remarquable ! Difficile de dire autre chose à propos de ce petit (beaucoup trop petit) recueil regroupant trois nouvelles et un prologue suivi de son épilogue quelques dizaines de pages plus loin. Quatre textes, très différents les uns et d'autres et pourtant si proches à la fois. Avec ce même leitmotiv : le jugement de Dieu (dans toute son immanence et donc, forcément, sa part d'(in ?)justice).

Des êtres étranges et décalés servis par une langue tout en finesse (même si les propos, eux, sont parfois d'une grande crudité). C'est beau, c'est bon, c'est court et n'en demeure pas moins indispensable. Bref, vous l'aurez compris et je n'en ferai pas des tonnes (à l'image de ce recueil), deux mots en forme d'ordre : lisez-le ! (vous verrez, vous ne serez pas déçu et si tel devait être le cas, alors je ne pourrai plus rien pour vous).

Extraits :

« Les fictions et les mythes sont autant porteurs de sens que la science qui cherche à comprendre, à décrypter, à expliquer. Parce que la science ne peut rien révéler de l'homme – ni son exceptionnelle grandeur, ni sa fréquente ignominie ; encore moins la misère sans fin de sa condition de mortel. »

« Prologue », page 17.

« Très tôt, cependant, l'enfant se distingue par son caractère rétif à toute discipline, impulsif et volontiers violent. A dix ans, il décapite l'un de ses chiens à coups de hache parce que l'animal avait croqué, avant de le lui rapporter, le marcassin qu'il venait de percer d'une flèche. Il a à peine quinze ans quand il commet son premier crime. »

« La vie très exacte et très affligeante d'Alibert de Thuringe ou Victor le bienheureux », page 40.

« Au XVIIe siècle, on appelait enfants perdus les fantassins qu'on envoyait combattre en première ligne sur les champs de bataille, car il y avait fort peu d'espoir qu'ils réchappent au feu de l'ennemi. »

« Épilogue », page 65.

Titre : Le voyage des enfants perdus.

Auteur : Patrice Dupuis.

Éditions La Clef d'Argent, 65 pages, 7 €.

Et comme d'habitude, il suffit de cliquer sur l'image de couverture pour atterrir directement sur la page dédiée du site de l'éditeur.

Rédigé par JP Favard

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