Malpertuis VI, anthologie fantastique.

Publié le 31 Juillet 2015

Malpertuis VI, anthologie fantastique.


Et voici donc venu le temps de la sixième anthologie des éditions Malpertuis. Une parution d’autant plus remarquable que ce genre de publication ne trouve pas (ou peu, ou plus) quoi qu’il en soit difficilement son public, aujourd’hui (ce que je suis le premier (OK, peut-être le second) à regretter). Un beau lot de 22 nouvelles, plus ou moins longues (plus courtes que longues pour la majorité d’entre elles) et comme toujours, pour ce genre de recueil, du bon, du moins bon (jugement strictement personnel ne mettant nullement en cause le talent des auteurs visés et non cités), du classique mais également de l’original, des bas-fonds, des démons, du WTF, bref, un sacré panel représentatif de la fameuse SFFFFF (en ai-je mis un de trop ?) contemporaine.

Alors plutôt que de passer tout le monde en revue, je m’attacherai à ne disserter qu’à propos de quelques-uns de ces textes. Et pour commencer, autant nous débarrasser du Bruno de service d’entrée de jeu (car oui, cette anthologie, comme de nombreuses autres ces derniers mois, comporte un texte du sieur Bruno Pochesci). Celui-ci est intitulé « Le dernier jouir du condamné » et il gagne haut la paluche le titre fort envié de WTF de l’anthologie (il ne le prendra pas mal, je le lui ai déjà dit, l’avait qu’à pas chercher, c’est bien fait pour lui). Car son texte… disons que le titre n’est en rien galvaudé et pour le moins représentatif (comprendre ce que vous voudrez). Tout juste remis (et s’essuyant les yeux dans son grand mouchoir à carreaux), le lecteur averti enchaîne sur « Les rescapés du Gigantik » de Xavier-Marc Fleury. Pour moi, ce texte constitue la première belle découverte de ce recueil. Un texte fort bien mené, avec du style, une bonne montée en puissance et une fin en queue de poisson (ceux qui l’ont lu comprendront) sans doute un rien frustrante (mais uniquement parce qu’elle met un terme à ce récit que l’on aurait espéré durer, durer beaucoup plus longtemps). « Un an, sept mois et six jours après sa mort, monsieur de Cherval était enterré avec les derniers membres de sa lignée », telle est la phrase introductive de la « Scène de chasse ordinaire » de Barbara Cordier, un texte fourmillant de personnages étranges qui aurait sans doute gagné à un être un rien plus ramassé mais qui produit son effet de belle manière. Même remarque pour le « Chant de la harpie, le soir au fond des bois » d’Yves-Daniel Crouzet. Un texte qui démarre fort, prend son envol (haut), gagne sa vitesse de croisière mais vire à mi-parcours et manque de peu de remporter le titre fort envié de WTF de l’anthologie (heureusement que Bruno était là). Une légère déception, donc. Facilité de l’auteur ? Car on sent que l’animal en a sous le pied. Et le texte promettait… Dernier à entrer en lice, un de mes meilleurs selon moi, « Externalisé » de Dominique Lémuri (que je ne connaissais pas et ai du coup fort envie de découvrir). Du bien bel ouvrage en vérité.

Curieuse, exigeante, l’anthologie VI des éditions Malpertuis ne déroge donc pas à la règle en offrant des textes variés, des univers personnels (et quelques perles qu’il serait bien dommage de rater).

A noter la toujours heureuse initiative d’inclure à ce genre de production et une introduction de l’anthologiste permettant sa mise en lumière et quelques pages proposant des bio-biblio des auteurs en présence.

Titre : Malpertuis VI (anthologie dirigée par Thomas Bauduret)
Auteurs : Anthony Boulanger, Barbara Cordier, Bénédicte Coudière, Yves-Daniel Crouzet, Alain Doré, Sarah Dunkel, Xavier-Marc Fleury, Thierry Jandrok, Olivier Jarrige, Kevin Kiffer, Marie Latour, Dominique Lémuri, Pascal Malosse, Milora, Nokomis M, Véronique Pingault, Elisa M. Poggio, Bruno Pochesci, Emilie Querbalec, Guillaume Suzanne, Sylas, Eric Vial-Bonacci.
Editions Malpertuis, 260 pages, 16 €

Comme d'habitude, il suffit sur l'image en tête d'article pour visiter la page dédiée du site de l'éditeur.

Rédigé par JP Favard

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