Nous rêvions juste de liberté, Henri Loevenbruck.

Publié le 22 Mai 2015

Nous rêvions juste de liberté, Henri Loevenbruck.

Ce bouquin, je sais pas vous mais moi, dès que je l’ai vu, je me suis dit, il me le faut. Un truc, comme ça. Pas que je sois un inconditionnel de Loevenbruck (je n’avais lu qu’un de ses précédents romans et il ne m’avait pas emballé au point de décider de le suivre à chacune de ses publications. Pas mauvais mais sans plus). Mais il y a cette photo. Et surtout ce titre… une sorte de perfection.

Nous rêvions juste de liberté.

Il y a ce type qui surfe sur sa moto. L’océan derrière. Le tout en noir et blanc. Parfois, on agit par instinct. Ce bouquin-là, c’est l’instinct qui me l’a fait acheter. Et croyez-le ou pas, j’ai adoré.
Alors, bien sûr, on sent venir les trucs à quinze mille. C’est noyé de clichés. Pas mal de maladresses aussi. Mais… mais ça fonctionne. On se prend au jeu. On suit. On colle à la roue. Bohem. Freddy. Oscar. Sam. Même Alex. Avec leurs fêlures, leurs blessures, leurs conneries. Leurs rêves de grandeur.
De liberté.
Je ne suis pas motard, je ne connais rien aux codes, aux couleurs, aux prospects, aux 1% ni à rien de tout ça mais…
Ils rêvaient juste de liberté.
Et moi, ça m’a suffi.
Grandeur et décadence.
Chevauchées échevelées.
C’est écrit comme on parle. Par le narrateur. Hugo. Bohem. Une légende. Un gamin. Il y a les frères et les ennemis. Il y a le désert et il y a l’océan. Et ce foutu bateau et ces foutus habitants. Il y a la vie qui coule et qui, parfois, s’arrête. Il y a les flics, aussi. Parce que. Forcément.

J’ignore ce que l’on est sensé chercher en lisant. Une évasion. Un monde qui n’est pas le sien. Un univers que l’on découvre. Des réponses à des questions que l’on ne s’est jamais posé. En un mot, comme en cent la… liberté.

Alors bien sûr, on voit venir la fin et là encore… on se doute, on devine et on criant. On se dit « j’espère qu’il ne va pas la merder parce que » et il la merde pas. Au contraire. Il la soigne. Il la magnifie.
Oui, ce livre est un hymne. Et moi, je le conseille à quiconque a envie de… à vous de trouver.

Extrait :
« Les jours d’après, on a roulé pareil, à s’arrêter quand on voulait, à faire les pitres sur la route, à dormir à même la terre, à manger un peu n’importe quoi et à payer une fois sur deux, à la tête du patron. On commençait à avoir la peau sacrément brûlée par le soleil et ça sentait pas vraiment la rose toutes ces journées sans se laver, sans se changer, mais, bon sang, on s’en foutait, on était pas sur la route pour embaumer la planète, les pirates qui sentent bon c’est pas des vrais pirates, et plus on se trouvait sales plus on se trouvait beaux, comme aventuriers, avec la peau qui tire et la crasse qui fait ressortir les rides du sourire. » Page 168.

Titre : Nous rêvions juste de liberté.
Auteur : Henri Loevenbruck
Edition : Flammarion, 420 pages, 21 €.

Rédigé par JP Favard

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