Black Mambo, Terral-Dabat-Caussarieu

Publié le 13 Avril 2015

Black Mambo, Terral-Dabat-Caussarieu

Bien fait pour moi ! C'est vrai quoi, c'est quoi ces à-priori à la gomme ? Ces clichés d'un autre âge ? Ces vieux relents machistes nauséabonds ? Alors voilà, sous prétexte que les auteures semblent inoffensives (enfin...) et à classer dans la catégorie jeunes et jolies, il serait impensable qu'elles puissent commettre pareils forfaits... c'est vraiment n'importe quoi ! Il est pourtant bien connu que le diable se farde toujours sous ses meilleurs atours. Et qu'il n'est de meilleur miroir que celui aux alouettes. Car enfin...

Oui, je sais.

Mais tout de même.

De là à penser que...

Non parce que franchement.

Enfin, je veux dire.

Bon, reprenons depuis le début. De passage au salon du livre de Paris, j'achète quelques... bouquins. C'est bien, y'en a qui suivent. Dont un en particulier parce qu'une certaine Morgane Caussarieu se trouve à l'intérieur (enfin, disons plutôt que son nom est écrit sur la couverture, parce que la faire entrer, elle, entre les pages... m'est avis que ce serait plutôt risquer de s'y essayer). Toujours est-il qu'elle n'y est pas seule (je veux dire, que deux autres noms apparaissent également sur ladite couverture). Ce qui tombe plutôt bien, sauf que...

Ah mes bons amis !

Le premier texte, intitulé L'ivresse du Djinn est signé par Vanessa Terral. Une histoire de possession au Maroc. D'exorcisme exotique. De malin sévèrement enraciné. De... hein, quoi, non, ah non, pas le bébé !

Si ?

Vraiment ?

Vous êtes certaine qu'on ne peut pas faire autrement ?

Bon, autant vous le dire tout de suite, ça débute un peu gore.

Avec une fin un rien décevante, certes (on sent bien qu'il fallait respecter un certain format et que ça devait se terminer MAINTENANT) mais qui n'enlève rien aux qualités de l'ensemble.

Et quand je repense, rétrospectivement, à l'air angélique de l'auteur, de sombres frissons me parcourent l'échine.

D'autant que le pire reste encore à venir. Car je n'en suis qu'au premier texte. Et qu'il m'en reste deux à découvrir.

Le second, intitulé La danse éternelle des roseaux est signé Sophie Dabat et ce n'est, ni plus ni moins, qu'un p... de bourre-pif reçu en pleine tronche. Rien (mais alors rien) ne nous est épargné. Ni les tortures infâmes, ni les descriptions sordides. Et le pire (car il y a encore pire) c'est que c'est rudement bien écrit, et prenant comme pas deux. Du bon, du beau thriller, bien mené, avec ce qu'il faut de fantastique bien glauque à l'intérieur, le tout sur fond de malédiction ancestral et de magie tribale. De massacres (comment parler de « sacrifices ») rituels. En un mot comme en cent, c'est purement gerbant. Et bougrement jouissif.

« Et le troisième texte ? » me demanderez-vous.

Alors, comment vous dire...

Arrivé à ce point-là de ma lecture, deux choix s'offraient à moi : soit je poursuivais (et sachant que c'est Morgane qui s'y colle, je pouvais redouter le pire dans le meilleur), soit je capitulais (ouh le grand sensible !). Impossible, donc, de reculer sans perdre irrémédiablement la face (encore que, l'idée puisse s'avérer séduisante). Car... il s'agit ni plus ni moins que d'une plongée au cœur du vaudou dans La Nouvelle Orléans des buveurs de sang, le tout avec pour guide LA spécialiste du genre et des bayous...

Vous l'aurez compris, il faut (à nouveau) s'accrocher.

Mais on ne le regrette à aucune moment.

En bref et pour résumer, Black Mambo est un excellent recueil qui regroupe trois textes allant crescendo et qui vous transporte dans ce que l'âme humaine a de plus sombre et de plus pervers. Trois auteures à suivre (mais pas de trop près, si vous tenez à conserver intacte votre santé mentale (déjà passablement attaquée), sans parler de vos abatis (du moins ce qu'il en reste)).

Et moi, je n'ai plus qu'un seul mot à dire afin de conclure cette piteuse chronique : « Chapeau bas mesdemoiselles ».

Oui, je sais, ça fait trois mots. Mais croyez-moi, quand vous aurez terminé la lecture de ce recueil-là, ce sera bien le moindre de vos soucis...

Titre : Black Mambo

Auteures : Vanessa Terral, Sophie Dabat et Morgane Caussarieu.

Éditions du chat noir (grand format, 320 pages environ, 19,90 €).

Pour accéder à la page de présentation sur le site de l'éditeur, cliquez sur l'image en tête d'article, vous verrez, c'est direct. Bonne chance !

Et surtout, bon courage.

Rédigé par JP Favard

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