Mr Mercedes, Stephen King.

Publié le 8 Février 2015

Mr Mercedes, Stephen King.

Le King is back, oui, je sais, on l’a déjà faite. Comme le king is dead, vive le King. Facile. Trop facile. Sauf que. Le nouveau Stephen King est un polar. Aucun gosse télépathe. Pas la moindre bagnole hantée à l’horizon (encore que). Point d’hôtel sous la neige où… ni d’infirmière fan d’un romancier au point de le… quant à une éventuelle évasion via un poster planquant un trou dans un mur ou un clown rigolard vous fixant du fin fond de son égout puant (encore que)... Car le bougre s’amuse. L’histoire commence par un massacre. A bord d’une bagnole, un type fonce sur une foule innocente. Le type au volant est dingue, forcément. Il porte un masque de clown (celui de grippe-sous, si si, l’inspecteur a loué le DVD pour vérifier). De même, on évoque une vieille Plymouth qui roulerait sans que personne ne se trouve derrière son volant… un clin d’œil par-ci, un autre par-là. Comme autant de signes de connivence. Histoire de ne pas trop perdre les anciens. Sans trop échauder les nouveaux. Parce que c’est bien connu, les lecteurs de fantastique sont allergiques au polar et les lecteurs de polar se méfient comme de la peste de Stephen King (trop de… pas assez de…). Mais qui a dit cela ? Comme si on devait rester cantonné à un seul genre ! King fait un polar, chouette ! Que dis-je, chouette ? Hourra ! Le prochain ?

On verra bien.

De toute façon, on sait par avance que ce sera bon. Et puis… et puis, boxant dans une autre catégorie que la sienne, le voilà qui sème quelques bourdes, pas grosses, pas longtemps, un de ces trucs qui vous fait dire « ben, y’a un truc qui va pas, là »… sauf que le King est et restera le king et que deux pages plus loin… « ah ben oui, je me disais aussi ». Et quand l’histoire s’emballe, croyez-moi, faut s'accrocher à la barre. Et puis… et puis il y a toujours ces personnages, en marge. Pas totalement décalés, juste… humains. Un flic à la retraite qui prend du bidon en songeant à s’en carrer une dans le citron à force de s’emmerder devant la télé, de n’avoir plus rien à faire, de ruminer… le gosse, un rien surdoué, qui lui tond le gazon. Black et sympathique (trop ?). Et la fille, complètement barrée la fille, mais carrément consciente de l’être. Holly. Bénie d’entre toutes. Sous la coupe d’une mère évidemment autoritaire et qui va se révéler (la fille, pas la mère) au fil de l'histoire. Et tout ça avec un fondu total qui a décidé de (ou pas, suspense) de remettre ça… parce qu'il veut pousser le vieux au suicide ? Ou commettre un nouveau meurtre de masse histoire de s'assurer une sortie en beauté ? Tous les ingrédients sont là. Même l’ultime scène, en forme de cliché digne des pires des nanards de série Z. Oui, il ne manque rien. Et vous voulez que je vous dise ? C’est ça qui est bon.

Titre : Mr Mercedes
Auteur : Stephen King
Editions : Albin Michel, 480 pages, 23.50 € (cliquez sur l’image illustrant cet « article » pour accéder directement à la page du site de l’éditeur où les premières pages du roman sont en lecture).

Rédigé par JP Favard

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