Magie rouge, nuit noire et charogne tango.

Publié le 4 Janvier 2015

http://trasheditions.blogspot.fr/
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Et voilà, nouvelle année, nouvelle chronique. Et tant qu’à faire, autant grouper. Et tant qu’à grouper, autant faire dans le délicat. Bref, c’est pas parce que les fêtes sont terminées (et les vacances aussi, par la même occasion) qu’il ne faut pas tomber dans le graveleux. Et du graveleux, croyez-moi, y’en a (comme ce petit goût de pomme, là, en arrière bouche…).

Je ne vous présenterai pas la collection TRASH, d’autres s’en sont chargés, moi-même, d’ailleurs, si ma mémoire est bonne… Trash, comme son nom l’indique, fait dans le sentimental burlesque, le tout public pour initié. Ça défouraille. Ça étripe. Ça se mélange, aussi, parfois (enfin, je veux dire, souvent, beaucoup et dans toutes les positions). C’est au bon goût une sorte de coup de pied au cul (oups, pardon, je me suis laissé aller… plouf plouf, je le ferai plus, promis, juré… craché).

Comme j’ai lu les trois derniers volumes récemment sortis dans le désordre, ma chronique sera elle même passablement désordonnée (ne m’en veuillez pas).

« Nuit rouge », de Philippe Ward (Rivière Blanche), Trash #12, présente une élection municipale haute en couleur (surtout le rouge… rouge sang évidemment). Deux édiles locales s’affrontent à grands coups de coups-bas et par sorcières interposées (encore que l’un d’eux y met aussi les doigts, les mains et bientôt le corps tout entier). Pensez donc, un agriculteur y est éviscéré ! Ça fleure bon le vécu et le tas de fumier (pas forcément dans cet ordre-là). Au final, un bon numéro de la série, assez drôle par moments.

« Nuit noire », de Christophe Siebert (alias Konsstrukt), Trash #11 que je traiterai en dernier (mais lu en second, je sais, ça devient compliqué, que voulez-vous, faudra vous y faire).

« Charogne Tango », de Brice Tarvel, Trash #10. Comme son collègue et néanmoins (je présume) ami, Philippe Ward, Brice Tarvel livre là un ouvrage de pure détente. On sent que le bonhomme s’est bien amusé à l’écrire. Piqué au jeu. Laissé entraîner. Et même si le résultat est un rien foutraque (la scène avec la panthère et les jumelles albinos… oui, bon, pourquoi pas ?) il ne manque pas de charme. Le côté flics pourris / justiciers vengeurs a aussi ses amateurs. Le héros est taré bien comme il faut, tout comme la fille qu’il se débusque (prénommée Patchouli, quel charmant prénom pour une telle engeance). Sortes de Bonnie and Clyde du pauvre avec presque autant de plomb dans la cervelle que leurs illustres modèles avant le passage des forces de l’ordre (c’est dire si ça vole haut !). A noter les nombreuses références au tango et à ces clubs qui accueillent ses aficionados.

« Nuit noire », donc. Quelques parallèles à établir avec le Tarvel : l’enfance foireuse du héros / psychopathe, une sorte de prédestination au pire. Mais là où Brice Tarvel s’amuse du cliché, Christophe Siebert, lui, le pousse à l'extrême. Génération après génération et de pire en pire comme il se doit (incestes, meurtres, barbarie, torture). Et ce, sans la moindre trace d’humour. Ce qui fait que ce livre-là est particulièrement dérangeant. Il n’en demeure pas moins réussi. Et bien écrit. Mais il est malsain (et je pense que ce qualificatif ravira son auteur s’il lit ceci). Malsain et vicieux. Un mot : amoral. Les images qu’il fait naître sont à la limite du supportable et seule l’accumulation finit par le rendre… tolérable ? Quoi qu’il en soit, un titre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Au fait, j'oubliais : BONNE ANNEE A TOUTES ET A TOUS !

Lien vers le site des éditions Trash (pour ceux qui en voudraient encore...) :

Rédigé par JP Favard

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